ASTEP : les bénéfices pour les équipes d'encadrement de l'école primaire

  • Apporter une aide supplémentaire à la mise en œuvre des programmes de sciences.
  • Créer une dynamique autour des sciences impliquant des acteurs locaux.
  • Installer des collaborations pérennes entre des scientifiques et les équipes pédagogiques.

Témoignages

ROSTAGNI Josiane, conseillère pédagogique, circonscription d’Arpajon, sous couvert de Madame FORTIER, Inspectrice de l’Education Nationale, circonscription d’Arpajon :« Le plus difficile c’est de commencer »

Quand la dotation de matériel scientifique est arrivée, en mai 2002 à la circonscription d'Arpajon, je mesurais avec effroi les difficultés de mise en œuvre du plan de rénovation des sciences, dans les classes. Le matériel était là ! Cette « excuse » ne pouvait plus être invoquée. Le site de La Main à la Pâte avait été mis en ligne, le cédérom distribué aux écoles, l’information donnée aux enseignants via les animations pédagogiques et seuls, les « convaincus » les « déjà initiés » y recouraient. C’est alors que je choisis un accompagnement « en chair et en os » avec un scientifique que j’avais rencontré quelques temps auparavant, à l’association « 1, 2, 3, sciences », à Antony. Ce fut tout naturellement qu’il me proposa une « boit'à manip », c’est-à-dire des rencontres où l'on expérimentait les sciences entre adultes d'une manière transposable ensuite avec les élèves. Le cadre des projets scientifiques parrainés permettait de trouver des financements. J’élaborais un projet de circonscription, soutenue par mon inspectrice.
Le scientifique accompagne et donne confiance. Reconnu par chaque membre du groupe, le scientifique ne donne pas de réponses, mais propose des dispositifs expérimentaux qui vont permettre au groupe de s’approprier et conscientiser ses savoirs, pas à pas, chacun à son rythme dans le plaisir de la découverte, de la compréhension et de la réussite.
Il incite et collabore en participant à des séances de sciences en classe : Cependant, l’enseignant prépare entièrement la séance (étayage possible par communication téléphonique ou courriel) ; l’enseignant met en oeuvre la séance en présence du scientifique, selon les modalités arrêtées ensemble. Il intervient dans les groupes d’élèves, comme l’enseignant et participe à l’élaboration de la CLP avec l’enseignant. Après la séance, l’analyse de ce qui s’est passé et les échanges entre les 2 collaborateurs permet à chacun d’évoluer dans ses pratiques, en garantissant le rôle spécifique de chacun.

En conclusion
Il pourrait être professeur des écoles ou instituteur, mais ici, il travaille en direction des adultes.
Il pourrait être professeur de collège, de lycée, d’université, mais ici, il n’enseigne pas.
Il pourrait être intervenant extérieur (ou intérieur), mais ici, il accepte et s’adapte au projet de l’enseignant de la classe.
Alors qui est-ce ?
C’est un bâtisseur avisé qui s’attaque aux fondations du savoir scientifique chevillé dans le concret et le quotidien.
C’est un magicien acrobate qui permet aux adultes de comprendre ce qu’ils ont appris antérieurement.
C’est un architecte patient qui chausse sa loupe, ses lunettes ou sa longue vue en fonction des besoins.
C’est un collaborateur créatif qui imagine et propose des situations et des dispositifs simples.
C’est un artiste qui sait faire parler les autres, sans s’écarter de son objectif.
Et c’est aussi, c’est surtout un scientifique avec lequel nous aimons travailler


Gabriel Mouahid, Université Montpellier II (IUFM site de Perpignan)

Vingt milieux sous la Terre est le nom d’un projet collaboratif consacré à l’étude de la faune du sol en fonction de la diversité des terroirs dans le département des Pyrénées-Orientales. Le projet s’inscrivait dans le cadre de l’Éducation à l’Environnement pour un Développement Durable (EEDD). Il a été mené par 18 classes réparties sur tout le département. La faune du sol a été étudiée par toutes les classes, selon le même protocole expérimental. Le matériel nécessaire (surtout le non consommable) a été utilisé alternativement par les classes selon un calendrier établi et géré par les enseignants. Par exemple, on disposait d’une vingtaine de loupes binoculaires (très utiles pour l’observation et la description des animaux du sol) pour 15 classes. Chaque classe disposait de 6 loupes pendant une période de 2 à 3 semaines puis faisait passer le matériel à une autre classe. Les classes participantes disposaient d’outils informatiques leur permettant d’échanger des informations écrites et iconographiques. Les textes échangés concernaient principalement le protocole expérimental et les astuces trouvées pour surmonter les difficultés techniques.

Du point de vue des résultats, une différence de biodiversité dans les sols étudiés a pu être constatée. Par exemple, les sols très marqués par l’activité humaine montraient une faible diversité de la faune du sol. Des spécimens remarquables ont été observés par les élèves.


Claudette BALPE, Maitre de conférence en didactique. "Sciences en ligne" : un projet collaboratif

Le projet "Sciences en ligne" est conduit par l’association Educ@sciences pour aider les enseignants à mettre en oeuvre les pratiques pédagogiques préconisées dans le Plan de Rénovation de l’Enseignement des Sciences et de la Technologie à l’Ecole.
Des situations de départ, permettant d’initier les recherches (expérimentales, documentaires,...), sont fournies sur le site Internet.
Des conseils (gestion du carnet d’expériences, matériel nécessaire, ...) sont aussi fournis aux enseignants pour leur faciliter la mise en oeuvre.
À tout moment, les enseignants peuvent faire appel aux formateurs pour leur poser des questions (pédagogique, didactique ou relatives aux TICE. Ils recevront une réponse dans les 48 heures.
L’originalité de ce travail réside dans l’émulation par la mutualisation des pratiques avec l’aide de pédagogues, scientifiques et didacticiens

En 2002-2003, 20 classes, soit près de 550 élèves, ont pu faire des sciences en étant guidés par une didacticienne et un maître ressource en sciences. Plus de 80 travaux de classes (et plus de 150 extraits de cahiers d’expériences) ont été mis en ligne (cycles 2 et 3) comme collaboration au projet en 2002-2003.

Voici le témoignage d'un maître qui recoupe la plupart des autres témoignages reçus, lesquels portent toujours sur les mêmes points : expérimentation, changement d'image des sciences à l'école, démarche orientée par un "but" :
"(D'après) un petit sondage par questionnaire rapide auprès d'eux, la majorité a apprécié l'aspect « expérience », c'est ce qu'ils ont surtout retenu. Certains ont déclaré - je leur avais demandé ce qu'ils ont apprécié le plus et ce qu'ils aimeraient changer - "avoir appris des choses". Pour ma part, avoir collaboré avec votre site m'a permis de voir les sciences autrement, l'apprentissage des notions et des compétences se faisaient grâce à un but identifiable par les enfants (sous forme de défi ou suite à des notions en acquisition, je pense à l'évaporation par exemple). Les connaissances se montaient à partir de ce qu'ils savaient déjà, cela m'a permis de me rendre compte de l'intelligence d'un groupe... De plus, cela a permis d'introduire les sciences expérimentales en zone rurale, ce qui contribue à l'accès à la culture scientifique à tous..." (Alexandre, professeur d'école en CE1 -CE2)

Ce témoignage formule assez justement ce que pensent les maîtres du travail qu'ils ont mené par collaboration avec le site.


Marjolaine Chatoney Docteur SCE évaluation & didactique  - IUFM Aix-Marseille

« L’accompagnement a impliqué bien d’autres classes de la circonscription. Il a concerné presque tous les niveaux de l’école primaire et a été reconduit plusieurs années à la demande de la circonscription. Le nombre de séquence co-construite a augmenté chaque année.
Le principe de co-construction montre qu’il est possible de mobiliser les enseignants en les responsabilisant sur une vraie tâche d’enseignement de science ou de technologie. L’expérience a permis de doter la circonscription de documentations « clé en main » et d’expérimenter des matériels, des matériaux et des produits comme les lego par exemple ».


Robert DE GREGORIO Docteur ès - Sciences, Maître de Conférences à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour : La biologie à l'école primaire : la production de ressources d'accompagnement

« Depuis 1996, je tente, dans le but de diffuser le savoir scientifique, de tisser des liens entre université et enseignement primaire. J'ai ainsi été conduit à mettre en œuvre diverses actions pédagogiques allant de l'organisation de conférences - débats [centrées sur la projection d'un film pédagogique, voir ci-dessous paragraphe 1] ... à la préparation, dans le cadre de la "Fête de la Science" (1996 à 2001), d'ateliers pédagogiques portant sur des thèmes comme : la locomotion aérienne ou le chant chez les insectes, ... en passant par l'aide à la mise en route et au suivi d'un élevage de criquets . De ce vécu pédagogique, il ressort que les enseignants du primaire sont demandeurs de ressources d'accompagnement innovantes s'appuyant notamment sur l'Internet .
Aussi ai-je jugé utile de produire, sous des formes diverses (voir ci-dessous), des ressources d'accompagnement à l'enseignement de la biologie en milieu scolaire. Ces ressources, qui souvent (mais pas systématiquement) font appel aux élevages d'insectes, traitent de thèmes comme : l'appropriation de connaissances scientifiques, l'acquisition d'un "savoir faire" l'apprentissage du "savoir être", la conduite d'activités pédagogiques pluridisciplinaires, la mise en place de concepts fondamentaux [vie, temps, espace] ou la préparation d'expositions à vocation pédagogique. Nombre d'exemples concrets en sont fournis en prenant comme modèle le Criquet pèlerin. Une liste commentée de ces ressources est disponible sur les sites de Robert et Eric DE GREGORIO consultables à partir du site : http://www.univ-pau.fr/~degreg/
Par ailleurs, depuis Octobre 2000 , parallèlement à la production de ces documents à vocation pédagogique, j'ai proposé et obtenu la mise en place d'un enseignement optionnel ("Biologie et Internet") traitant des mêmes thèmes. Cette formation est proposée aux étudiants qui se destinent au métier de Professeur des écoles. Elle leur permet d'acquérir les compétences nécessaires à la production de ressources d'accompagnement. L'élaboration de ces ressources (sites Internet, cd-rom, ...) étant fondée sur les résultats obtenus lors de la réalisation d'un projet pédagogique en milieu scolaire [stage fractionné].

Un premier bilan :
Sur un plan local, les enseignants du primaire, d'une part, s'intéressent de plus en plus à ces ressources qu'ils utilisent pour la préparation de leur cours de biologie et, d'autre part, n'hésitent plus à prendre contact avec un universitaire (ce qui n'était pas le cas il y a quelques années). Enfin, ils sont de plus en plus nombreux à souhaiter, dans le cadre de l'option "Biologie et Internet", l'intervention d'étudiants en classe [mise en place d'un projet pédagogique consacré à l'enseignement de la biologie]. En outre, le nombre de visiteurs qui ont consulté nos sites semble montrer que l'intérêt manifesté pour notre travail dépasse le simple plan local. »

 

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte Académie des sciences