ASTEP : les bénéfices pour les accompagnateurs scientifiques

  • Revisiter et enrichir leurs connaissances scientifiques en les utilisant autrement.
  • Apprendre à s’adapter aux questions et aux propos des enfants et des enseignants.
  • Découvrir le monde de l’enseignement.
  • Donner une image plus réelle et plus accessible de la science et du métier de scientifique.
  • Vivre une expérience citoyenne enrichissante.

Témoignages

Paul : rôle fondateur de l'école

« Cette année passée en Seine Saint Denis nous a permis de prendre conscience du rôle essentiel que joue l’école dans l’établissement de repères et de limites pour l’enfant. L’enseignant doit souvent régler des problèmes qui ne sont pas d’ordre scolaire (problèmes de violence, familiaux, sociaux…) et possède alors la quadruple casquette à la fois d’enseignant, d’agent de sécurité, d’assistante sociale et de psychologue. »


Estelle  : vulgarisation

Il faut toujours adapter ce qu’on dit à la compréhension des enfants. Nous voulions évoquer avec eux ce qu’est un solide. Mais pour les enfants, quelque chose de solide ne se casse pas. On ne peut pas parler de solides fragiles ! Pour les physiciens, un solide est un objet qui a sa forme propre. Mais les enfants ne savent pas ce que ça veut dire : le linge sale a-t-il une forme propre ? En plus, le linge se déforme, il n’a pas vraiment de forme propre, pourtant c’est un solide ! Nous nous sommes finalement rabattues sur « ça ne coule pas » et « on peut l’attraper avec les doigts », qui sont deux constatations très concrètes, et plus pertinentes que toute explication théorique !


Un étudiant accompagnateur : Les questions qui surgissent lors des activités en classe ne sont pas toujours triviales ni dénuées d’intérêt...

« Elles incitent les scientifiques à s’interroger sur leur travail et sur leur savoir. Cette nouvelle approche des sciences n’est en effet pas aussi simpliste qu’on pourrait le croire, le passage de la théorie à l’expérimentation ne se faisant pas sans heurts. Lorsqu’on pèse un ballon de baudruche gonflé d’air, il faut prendre en compte la poussée d’Archimède, ce qui n’est pas le cas avec un ballon de football ou de basket qui ne change pas de volume. Alors, pèse-t-il vraiment plus lourd qu’un ballon vide ?

Si deux pôles nord d’aimants se repoussent, alors pourquoi le pôle nord de l’aiguille de la boussole est-il attiré par le pôle Nord magnétique terrestre ? Pourquoi les plants de haricots, placés dans l’obscurité, ont-ils germé, contrairement à ceux qui étaient placés au soleil ? Autant de défis qui demandent au scientifique une mise en application des connaissances acquises précédemment, mais en prenant en compte les paramètres de la réalité au lieu de se placer dans une situation idéale ou modélisée. »


David Wilgenbus, Co-auteur du projet « Le climat, ma planète… et moi ! »

« Pour concevoir un guide pédagogique sur le changement climatique, nous avons mis en place trois « cercles concentriques » constitués d’auteurs, d’enseignants-testeurs, et d’un groupe d’experts du sujet, chaque cercle étant en lui-même pluridisciplinaire et comportant des scientifiques, des didacticiens, et des enseignants ou formateurs.

Les six premiers mois du projet ont permis aux auteurs de produire une première trame pédagogique et de la soumettre d’un côté aux enseignants-testeurs et, de l’autre, aux experts scientifiques et pédagogiques. Cette trame, une fois validée et finalisée en un module pédagogique exploitable « clés en main », a été testée dans une vingtaine de classes.

Les tests et leur analyse se sont étalés sur cinq mois, et ont permis de prendre en compte les difficultés liées à l’organisation de la classe (temps, matériel, pré-requis…) et à l’expérience des enseignants, certains étant très expérimentés et d’autres débutants. Le module pédagogique final est le fruit d’un échange très riche entre enseignants, formateurs, didacticiens et scientifiques. »


Extraits du rapport de stage de Lionel Wilner, élève de l’Ecole polytechnique.

« Grâce à mon stage d’accompagnateur à La Main à la Pâte, j’ai beaucoup appris tout d’abord en matière de pédagogie, ce qui constituait un de mes objectifs initiaux. Effectivement, j’ai peu à peu assimilé la démarche des enseignants, qui ne se réduit pas à un simple abreuvage de connaissances. Il faut sans cesse essayer de tirer le maximum d’idées venant des élèves ; pour introduire des notions nouvelles, il est nécessaire de partir des anciennes et de faire constater aux enfants qu’elles sont obsolètes, un peu comme la mécanique quantique est apparue alors que le modèle newtonien montrait ses limites…Le danger qui guette les enseignants débutants, et je l’ai bien compris en animant moi-même quelques séances, est le parachutage de notions, soit l’exact contraire de la démarche La Main à la Pâte. Le système éducatif doit être centré sur l’élève, non sur le savoir ; c’est particulièrement vrai pour les zones d’éducation prioritaire. Ceci s’inscrit en rupture avec mon parcours d’élève. … J’ai bien sûr appris à travailler en équipe, et j’ai constaté les vertus de ce procédé : surcroît d’efficacité, partage des tâches, développement de la communication et de relations humaines/professionnelles. Ce type de rapports se retrouve par ailleurs au sein d’une administration, d’une entreprise ou d’une équipe de recherche, et de ce point de vue, il m’aura été extrêmement profitable pour mon emploi futur d’avoir une expérience des relations humaines dans une équipe : j’ai en effet affiné ma vision des rapports de dirigeant à exécutant, que j’imaginais très manichéennes et qui sont en réalité bien plus complexes : même avec une organisation pyramidale, chaque membre est un maillon essentiel de la chaîne. »


Gérard, enseignant et maître-formateur, école Ovides, St Etienne

« C'est formateur pour l'accompagnateur qui se rend compte des difficultés d'apprentissage de certains : après tout s'il est polytechnicien, il peut avoir du mal à se représenter les difficultés puisqu'il est le pur produit de la réussite d'un certain système scolaire! »


Marima Hvass, formatrice association 1, 2, 3, sciences : plaisirs d’accompagnatrice

« ...par exemple, l’élaboration d’une conclusion à laquelle participe de façon inespérée l’enfant ou l’adulte qui n’avait rien dit jusque-là et qui ne peut plus s’en empêcher. Ou alors, celui qui ne peut se retenir de dire, tout à trac, « mais alors, c’est la même chose quand on fait… ». Et encore, l’expérience détournée, complétée, souvent d’une manière inattendue et pertinente, qui inverse les rôles. Enfin, la satisfaction de voir les personnes formées prendre un plaisir inattendu, de les sentir « accrochées », d’entendre qu’elles ont envie de partager cette découverte avec les enfants, d’observer leur prise d’autonomie. Toute cette intelligence, individuelle et collective, dont les rouages mentaux sont visibles quand il n’y a aucun intérêt à cacher son ignorance, à faire semblant de savoir, est fascinante. Cela permet, même en partant de rien, d’atteindre des notions subtiles avec tout leur sens, de discerner les liens qui se tissent entre elles... »


Guillaume (X2005) : motivation et émerveillement des enfants

Sans même exagérer, j’ai toujours travaillé avec des élèves doués d’une grande curiosité, toujours actifs, toujours intéressés et surtout toujours émerveillés là où l’adulte est blasé : blasé de constater que l’eau s’écoule d’un verre à l’autre, qu’une ampoule s’allume…Je dois reconnaître avoir été très agréablement surpris : en effet, compte tenu de l’extrême pauvreté financière et culturelle de leur milieu d’origine, je ne pensais pas que la science pourrait les intéresser autant, surtout quand on sait que même certains adultes y restent encore hermétiques.

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte Académie des sciences