Le télégraphe de Chappe (France) - encyclopédie : la découverte

Description de la découverte

Les télégraphes, espacés en moyenne de 10 km pour être visibles de loin, étaient installés en hauteur ; soit sur des édifices existants (églises, moulins…), soit sur des tours construites spécialement. Une tour de télégraphe Chappe était ronde ou carrée, sa hauteur variait selon son emplacement, son environnement. Elle avait un, deux ou trois étages. À son sommet était installé un mât d’environ 7 m de hauteur qui supportait, à son extrémité, un régulateur long de 4,60 m. À chaque extrémité de ce régulateur, on trouvait un indicateur long de 2 m. Afin de transmettre les signaux, ces différentes parties du télégraphe étaient articulées. Grâce à des systèmes utilisant des poulies, on commandait le télégraphe à l’aide de manivelles situées à l’intérieur de la tour. Bien sûr, elles ne fonctionnaient pas toutes seules. Dans chaque tour, il y avait deux personnes, les stationnaires, qui la faisaient fonctionner pour un maigre salaire (25 sous par jour). Ils étaient recrutés parmi les blessés de guerre, les artisans, les fils de paysans… L’un des deux observait à travers une lunette les signaux émis par la tour précédente, tandis que le second reproduisait le signal pour la tour suivante. Les bras articulés du télégraphe permettaient de former un code. Ce code était constitué de 98 signaux différents dont six étaient réservés au service (signaux de priorité, etc.). Les stationnaires connaissaient seulement la signification de ces six signaux. La signification des 92 autres n’était connue que par quelques personnes sûres, les cinq frères Chappe et quelques militaires. Les 98 positions étaient obtenues en disposant le régulateur verticalement ou horizontalement. Chaque indicateur pouvait prendre sept positions (7 * 7 = 49, 49 * 2 = 98). Les signaux étaient transmis par groupes de deux. Le premier signal correspondait à un nombre qui renvoyait à la page correspondante d’un dictionnaire. Le deuxième indiquait le numéro de la ligne. Ainsi, le dictionnaire comportait 92 pages de chacune 92 lignes, soit au total 8 464 mots ou groupes de mots. Par exemple, “Je réponds à votre dernière dépêche” se trouvait page 53 à la ligne 21. Cependant, ce système avait ses limites, il ne permettait pas la transmission de signaux de nuit et par temps de brouillard. En 1856, le télégraphe Chappe est remplacé par un système qui n’avait pas ces inconvénients et qui était encore plus rapide : le télégraphe électrique.

École élémentaire La Guillaumée, à Saint-Georges (France)

Des signaux sonores aux moyens de transport,

Depuis toujours, l’homme a voulu communiquer avec ses semblables. Il n’avait au début que sa voix pour le faire. Il pensa à utiliser d’autres signaux sonores : en Afrique, on transmettait des messages à l’aide de tam-tams ; on s’aidait de trompes et de cloches en cas de danger. La course à pied, la malle-poste et les pigeons voyageurs ont été des moyens de transport pour envoyer des messages. En 490 avant J.-C., à Marathon, un soldat grec parcourut plus de 40 km pour annoncer la victoire sur les Perses. Il mourut d’épuisement.

école du Pré-de-l’Âne, à Chambéry (France)

Les signaux visuels

Ensuite, l’homme a découvert les signaux visuels : dans l’Antiquité, les Romains et les Grecs se plaçaient en haut de tours et envoyaient des signaux lumineux avec des torches enflammées. En 451 après J.-C., les Chinois employaient des cerfs-volants surmontés de lampes. Une technique à base de miroirs fut également utilisée pendant un temps. Les Indiens d’Amérique, quant à eux, utilisaient des signaux de fumée, vint ensuite l’utilisation de drapeaux.

école du Pré-de-l’Âne, à Chambéry (France)

Les premiers télégraphes

En 1684, Robert Hooke, un Anglais, expérimenta un télégraphe aérien qui transmettait au poste suivant un message en hissant de vastes lettres qui devaient se découper nettement sur le ciel. En 1791, Claude Chappe inventa le premier télégraphe optique : une aiguille placée sur une poulie indiquait les lettres tracées sur un cadran. Le 12 juillet 1793, avec son frère Ignace, il fit une brillante démonstration sur une ligne de 15 km. Le 17 août 1794, la première ligne fut ouverte entre Paris et Lille. Le premier message transmis fut un message militaire qui indiquait que les armées françaises avaient repris la ville de Condé-sur-l’Escaut aux Autrichiens. Il n’a fallu que trente minutes pour le transmettre. Ce fut un magnifique succès qui déclencha la construction d’autres lignes.

école du Pré-de-l’Âne, à Chambéry (France)

Le télégraphe électrique

Le télégraphe aérien des frères Chappe fonctionnait tellement bien, qu’il est en grande partie responsable du retard pris en France sur les expériences du télégraphe électrique. Alors que l’Angleterre utilise déjà une ligne de 25 km en 1837, il faut attendre, en 1842, une intervention de François Arago, inventeur de l’électroaimant, pour défendre ce nouveau projet capable de transmettre des messages à toute distance, très vite, par n’importe quel temps et même la nuit. En 1844, Louis Breguet, dont le grand-père travailla avec les frères Chappe, effectue les premières expériences d’un télégraphe électrique et le 11 mai 1845, une conversation se tient entre Paris et Rouen. C’était un système alphabétique qui n’imprimait pas de texte et que nos pays voisins n’utilisaient pas. En 1854, la France adoptera celui de Samuel Morse. Le message est transcrit sur une bande de papier que l’on peut conserver.

école du Pré-de-l’Âne, à Chambéry (France)

L’explosion des télécommunications

À cette époque, la transmission de messages est devenue accessible aux particuliers grâce au téléphone mis au point par Graham Bell. Il prit une grande place dans la vie des gens et les progrès se succédaient rapidement. Le premier téléphone parisien date de 1881. En 1887, Hertz prouve que l’on peut envoyer des messages par ondes radioélectriques. Dans ce cas, le câble est inutile. Le message est relayé par des antennes et ne craint pas les caprices du temps. Le téléphone peut alors envahir nos poches et nous suivre partout. Les Français découvrent en 1980 une nouvelle forme de communication : le minitel. Il permet une multitude de services sans bouger de chez soi : informations, jeux, messageries, commandes, administration. Créé pour économiser le papier, l’annuaire est le service le plus consulté. Les améliorations des câbles, qui peuvent transmettrent beaucoup plus de messages, et l’utilisation des satellites ont permis de communiquer très vite et avec le monde entier. Toutes les informations peuvent être transmises à tous, et sont accessibles à tous grâce à Internet.

école du Pré-de-l’Âne, à Chambéry (France)

Une communication pour tous ?

À l’école, dans les entreprises, dans les bars…, Internet permet au plus grand nombre de communiquer, de s’informer, de s’instruire… Mais la misère dans beaucoup de pays, le nombre important d’illettrés qui y vivent interdisent cet enrichissement à énormément d’êtres humains. Parmi tous nos moyens modernes de communication, quel est celui qui fera parvenir ce message aux dirigeants de la planète ? Toutefois, cela n’empêche pas ces peuples d’avoir une culture qui se propage sans ces moyens modernes de diffusion !

école du Pré-de-l’Âne, à Chambéry (France)

le telegraphe de Chappe

Le télégraphe Chappe était constitué d’un ensemble de tours-relais, placées sur des hauteurs séparées d’une douzaine de kilomètres au maximum. Chaque tour était surmontée d’un mât en forme d’échelle. Un système mécanique de bras articulés permettait le codage et la transmission visuelle des messages. Un ensemble mobile composé d’un régulateur et de deux indicateurs prenait différentes positions selon le signal à émettre. Par exemple : Le régulateur est un levier de 4,60 m de long sur 0,35 m de large. Il peut tourner autour de son centre. À chacune de ses extrémités se trouve un indicateur de 2 m de long sur 30 cm de large, mobile autour d’un axe. Les signaux étaient observés par un employé appelé “stationnaire” à l’aide d’une lunette et retransmis au relais suivant. Le stationnaire pouvait, avec le manipulateur, commander la position de l’ensemble grâce à un système de poulies et de cordes. Cet employé ne disposait pas du code et ne pouvait donc pas comprendre les messages qu’il transmettait. Son travail consistait uniquement à reproduire les signes qu’il observait.

école Robert Schuman, à Sainte-Foy-lès-Lyon (France)

La tour Chappe de Sainte-Foy-lès-Lyon

Notre relais de Sainte-Foy-lès-Lyon est situé sur la ligne Paris-Lyon-Toulon, entre le relais de Lyon-Saint-Just, à 2,4 km au nord, et celui du clocher d’Irigny, à 7,4 km au sud. Nous sommes allés visiter la tour Chappe. Elle est l’une des seules tours encore en état sur l’ensemble du réseau (elle a été restaurée depuis sa construction).

école Robert Schuman, à Sainte-Foy-lès-Lyon (France)

La vie du stationnaire

Le conservateur nous a dit que deux stationnaires étaient attachés à chaque tour et se relayaient à midi. Le stationnaire de service dormait dans la pièce du bas, c’est-à-dire dans une pièce de 9 m2 environ. Il vivait seul, se levait avant le lever du soleil pour monter dans la pièce du haut et observer l’activité des tours voisines avec une lunette. En effet, dès qu’il faisait jour, des messages pouvaient être émis et il fallait les faire passer d’une tour à l’autre. Si le stationnaire ne se réveillait pas, la chaîne était interrompue et le message restait bloqué. Pour cette raison, un inspecteur circulait à cheval et s’assurait, à l’aide d’une longue-vue, que tout allait bien dans son secteur

école Robert Schuman, à Sainte-Foy-lès-Lyon (France)

Addons

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte Editions Le Pommier