1, 2, 3, codez ! - Activités cycle 4 - Projet « Domotique » - Séance 7 : Débat philo - les enjeux sociétaux de la domotique

Discipline Dominante

« Atelier philo »

Résumé

Les élèves participent à un « atelier philo » portant sur les enjeux actuels de la domotique, et plus généralement des objets connectés. Facilitent-ils vraiment la vie des utilisateurs ? Permettent-ils de réduire l’isolement de chacun ? Présentent-ils des risques pour la sécurité ?

Notions

« Enjeux sociétaux »

  •  Les objets connectés peuvent être d’une grande aide au quotidien.
  •  Les récentes révélations d’écoutes ou de piratages à très grande échelle mobilisent des citoyens inquiets de leur sécurité et du respect de leur vie privée.

Matériel

Pour chaque binôme :

Préparation de l’atelier philosophique

Cette séance se déroule de façon très particulière : le premier tiers reprend une étude documentaire qui permet de conclure de façon générale le travail accompli jusqu’à présent sur la maison domotique. La seconde partie de la séance, quant à elle, propose d’aller plus loin dans la réflexion, sous la forme d’un « atelier philo ». Le professeur doit donc préparer sa séance et sa salle en conséquence. Idéalement, il est assisté du professeur documentaliste qui, en plus de guider les élèves dans leurs recherches documentaires, co-anime le débat. Sa position « extérieure » peut aider à l’expression de l’opinion de chacun et garantir le respect de cette opinion.
L’objectif d’une telle séance n’est en effet pas d’aboutir à une conclusion tranchée que chacun sera tenu d’adopter, mais de faire prendre conscience aux élèves de la complexité du dilemme auquel sont confrontées nos sociétés actuelles et de leur permettre de se forger une opinion argumentée.

Note pédagogique

  •  Différentes méthodes existent pour mener un atelier philosophique en classe. Celle qui est utilisée s’inspire de la méthode AGSAS-Lévine© qui est présentée dans l’ouvrage L’enfant philosophe, avenir de l’humanité ? de Jacques Lévine paru chez ESF Éditeur.
  •  Pour la préparation de cette séance, les deux professeurs auront sélectionné quelques ressources documentaires (notamment articles de presse) afin de nourrir la seconde étape du travail. Les sources ne manquent pas. En 2016, par exemple, une attaque informatique de très grande ampleur s’est appuyée sur des millions d’objets connectés (souvent domotiques) non sécurisés. Par ailleurs, de nombreux chercheurs ont montré qu’il était très facile d’accéder à des données confidentielles (par exemple, les images filmées par les webcams ou jouets connectés chez les particuliers), voire de piloter les appareils.

L’organisation de la salle doit refléter le caractère particulier de cette séance :

  •  Les chaises sont placées en cercle de façon à aménager un espace de parole (les tables sont repoussées à l’extérieur du cercle, contre les murs de la salle).
  •  Les élèves prennent place sur ces chaises, dans le cercle.
  •  Les professeurs se placent en dehors du cercle : ils n’interviennent pas au cours de l’atelier.

Situation déclenchante

Le professeur distribue aléatoirement une Fiche 6 ou une Fiche 7 aux différents binômes. Il leur demande d’identifier les objets pris en photo, et de deviner leur fonction.

Note scientifique :
 Voici les spécificités des robots choisis pour illustrer la Fiche 6 et la Fiche 7 :

  •  Les bras mécaniques disposent de capteurs pour vérifier la justesse de leur geste et leurs niveaux de consommables.
  •  Baxter est doté d’une reconnaissance de formes pour savoir quels objets récupérer sur un tapis roulant.
  •  BigDog adapte sa démarche au terrain pour continuer d’avancer malgré les obstacles.
  •  En groupes, les Eporo imitent les bancs de poissons pour rouler de concert, sans embouteillage ni accident.
  •  Les robots aident les scientifiques à explorer les mécanismes du déplacement : le Harvard Ambulatory MicroRobot pour la marche à plusieurs pattes (existe en version mille-pattes), le Honda P2 pour la marche bipède, Robobee pour le vol, le poisson G9 pour la nage…
  •  Han explore la reconnaissance et la reproduction des émotions par les mouvements subtils du visage.
  •  Roomba est un aspirateur qui visite de lui-même la pièce et repart se recharger quand ses batteries s’épuisent
  •  Thymio, petit robot éducatif, utilisé pour le projet « robotique ».
  •  Sojourner fait partie d’une longue série de robots explorateurs du système solaire (le premier fut Lunokhod 1, envoyé sur la Lune en 1970).

Rapidement, les élèves comprennent qu’il s’agit exclusivement de robots. L’enseignant demande de justifier cette affirmation, ce qui n’est pas aisé.
La définition d’un robot est : une machine capable d’interagir avec son environnement ; cela suppose qu’elle dispose donc de capteurs pour détecter son environnement, d’actionneurs pour agir sur lui, et d’un ordinateur pour savoir comment agir.

En classe entière, les élèves regardent les photographies à la recherche de ces trois ingrédients. Les actionneurs sont faciles à repérer : roues, engrenages, ailes, nageoires, pattes… Les programmes sont évidemment invisibles. Les capteurs, quant à eux, sont difficiles à repérer et encore moins faciles à identifier : on espère que les yeux de Han, d’Eporo ou G9 sont bien des capteurs, mais rien n’est moins sûr ; quelques capteurs de Thymio se voient bien (les 5 petites fenêtres noires sur sa face avant) mais ne sont pas identifiables en tant que tels, etc.

L’enseignant ne laisse pas cet exercice s’éterniser, et il propose rapidement de comparer ces robots, car ce sont bel et bien des robots, à leur maison domotique. Une maison domotique est-elle un robot ?
Les élèves réalisent vite qu’ils ont inclus dans leur maquette des capteurs (lumière, son, gaz, etc.), des actionneurs (alarme, DEL, etc.), et des programmes, parfois embarqués et autonomes. Oui, disent-ils, d’après cette définition, la maison domotique est un robot.
Le professeur peut alors affiner cette conclusion : un robot est souvent un objet de taille modérée et qui comporte un « corps » bien déterminé. Dans le cas de la maison domotique, le corps du robot n’est pas d’une seule pièce : les scientifiques parlent plutôt de comportement robotique. C’est analogue à un robot, sans en être un véritablement.

Rappel des règles de l’« atelier philo »

Que les élèves aient déjà expérimenté ce type de travail ou non, le professeur explique maintenant (ou fait rappeler) aux élèves le déroulement et les règles inhérentes à l’ « atelier philo » qui vient :

  •  Le professeur énonce le thème de l’atelier et chacun réfléchit pendant une minute à l’avis qu’il a sur cette question. Puis, les élèves disposent de 10 minutes pour s’exprimer sur le sujet, temps au cours duquel le professeur ne prend pas la parole. Un dispositif d’enregistrement est placé au centre du cercle car l’ « atelier philo » sera ensuite retranscrit (sans indiquer les prénoms des personnes qui s’expriment) et distribué à chacun.
  •  Les élèves sont libres de dire ce qui leur passe par la tête, tout en essayant de prendre de la hauteur par rapport au sujet. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. L’ « atelier philo » est l’occasion de penser par soi-même, d’observer le cheminement individuel et collectif de la pensée.
  •  On ne peut s’exprimer que lorsqu’on a le « bâton de parole ». Celui-ci passe de main en main et il n’est pas obligatoire de dire quelque chose quand il arrive jusqu’à soi. Si l’élève n’a pas envie de parler, il transmet le bâton de parole à son voisin.
  •  Une des règles fondamentales est le respect de la parole d’autrui. On a le droit de ne pas être d’accord avec quelqu’un, mais on n’a pas le droit de se moquer ou de juger ce qui a été formulé, ni de parler avec vulgarité. On doit écouter ce que disent les autres.

Une fois ces règles énoncées, le professeur peut demander si certains élèves ne se sentent pas capables de les respecter, auquel cas ils sont priés de sortir de l’espace de parole. Ils ne seront alors pas autorisés à intervenir pendant l’atelier.

Déroulement de l’atelier

Le professeur annonce le thème de l’atelier : voudriez-vous habiter une maison domotique, et pourquoi ?
Pendant que les élèves réfléchissent quelques instants, le dispositif d’enregistrement audio est déclenché. Le professeur demande qui veut commencer et donne le « bâton de parole » à l’élève qui souhaite s’exprimer en premier, puis sort de l’espace de parole. Il peut aussi, s’il le souhaite, donner ce bâton de parole à un élève au hasard.
Le bâton passe de main en main. Chacun parle à son tour s’il le désire jusqu’à ce que le temps imparti soit écoulé.
À la fin des 10 minutes, l’enseignant demande si les élèves qui ne se sont pas exprimés pendant l’atelier souhaitent le faire, puis si certains veulent donner leur ressenti par rapport au déroulement de l’atelier : qualité de l’écoute, intérêt de ce qui a été formulé, etc.

Conclusion : examen des arguments du débat public sur les objets connectés

Après le déroulement de l’atelier proprement dit, les professeurs reviennent dans le cercle et proposent aux élèves d’écouter l’enregistrement.
Les professeurs proposent aux élèves de lire quelques documents choisis à l’avance (coupures de presse, voir la note pédagogique en début de séance…).
Voici un recueil des arguments les plus fréquemment rencontrés dans le débat public sur la domotique (éviter de trop élargir le débat même si, on s’en rendra compte à la fin, ce qui sera dit vaudra sans doute pour l’informatique embarquée en général).

 Avantages :

  •  Facilite la vie des particuliers : robots aspirateurs, grille-pain intelligent, chauffage de la salle de bains qui se met en route quelques minutes avant le réveil, etc.
  •  Télésurveillance : on peut surveiller sa maison à distance, ou faire qu’elle se surveille toute seule.
  •  Sécurité : les personnes âgées, souvent seules, peuvent plus facilement appeler de l’aide en cas de besoin.
  •  Accessibilité : les personnes handicapées peuvent trouver de l’aide dans certaines tâches du quotidien (ouvrir les volets…)

 Inconvénients :

  •  Coût : une maison domotique est plus chère qu’une maison classique.
  •  Résilience : que devient-on en cas de coupure électrique ou en cas de panne d’un élément du système ?
  •  Isolement : avant, on sympathisait avec ses voisins, qui pouvait nous rendre les mêmes services (allumer le chauffage le jour de notre retour de vacances, nous aider en cas d’accident…) ; l’autonomie totale ne risque-t-elle pas d’isoler les personnes les unes des autres ?
  •  Confidentialité : que deviennent toutes ces données ? Les systèmes embarqués sont souvent connectés à Internet : cela permet de suivre à distance ce qui s’y passe, mais cela pose la question de la confidentialité. Qui a envie qu’une personne externe accède aux images filmées par sa webcam ? à ses heures  d’entrée et de sortie ? à l’identité de ses interlocuteurs ? au contenu de son réfrigérateur ?
  •  Sécurité : les appareils domotiques sont parmi les moins sécurisés, et sont à l’origine de nombreux actes de piratage de grande ampleur.
     

 

 


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Partenaires du projet

Pasc@line Educaland Editions Le Pommier