Mali - Projet conjoint d’éducation à la science et à la santé

1. Contexte et problématique

Les maladies infectieuses et parasitaires sont responsables de 13 millions de morts chaque année. Plus de 50% des maladies infectieuses humaines surviennent particulièrement chez les enfants, dans les pays en voie de développement et dans les régions les plus pauvres où l’hygiène et les politiques de prévention sont insuffisantes. Les infections respiratoires aigües, les maladies diarrhéiques, le sida, la tuberculose et le paludisme sont les principaux fléaux. Pneumonies, maladies diarrhéiques et malaria ont représenté à elles seules un tiers des décès d’enfants de moins de 5 ans en 2012.

Si les progrès de l’assainissement global et notamment de l’accès à des installations d’eau potable permettent d’éviter la propagation de nombreuses maladies infectieuses, ils ne sont pas suffisants pour garantir durablement une meilleure santé. Les changements de pratiques en matière d’hygiène et le recours à la vaccination sont également un effort qui doit être continu : en témoignent pour la vaccination, la résurgence de la poliomyélite ou de la rougeole dans certains pays, ou encore des études très récentes qui démontrent que prendre l’habitude de se laver les mains correctement réduit l’incidence de nombreuses pathologies infectieuses.

 

2. Le rôle clef de l’enseignement

L’enseignement a un rôle majeur à jouer pour faire percevoir, comprendre et maîtriser les risques infectieux, notamment à travers les disciplines scientifiques que sont la biologie et la physique. Il contribue ainsi à changer les comportements en matière de prévention.

De plus, la mise en place de programmes de santé/hygiène à l’école permet de toucher une classe d’âge importante – les enfants – mais aussi plus largement les communautés.

Les enseignants sont évidemment au cœur de l’efficacité des programmes de santé scolaire, parce qu’ils sont en interaction chaque jour avec les élèves, parce qu’ils ont l’occasion de répéter des messages de prévention, parce qu’ils peuvent montrer et transmettre les comportements à acquérir.

 

 

3. Un programme conjoint d’enseignement des sciences et d’éducation à la santé

Ce projet d’enseignement conjoint implique que les enseignants acquièrent certaines notions scientifiques indispensables, ainsi que des méthodes pour les enseigner. Pour cela, les enseignants doivent être accompagnés par des formateurs, qui renforceront leurs savoirs scientifiques et les guideront vers des pratiques pédagogiques basées sur l’investigation, afin que les programmes de science et de santé soient attrayants pour les enfants et qu’ils ne relèvent pas d’un apprentissage fastidieux, souvent peu efficace.

Ce projet pilote est adapté à la fois au programme scolaire officiel et au contexte épidémiologique de la ville de Bamako.
Le niveau scolaire visé est celui du premier cycle de l’école fondamentale, donc une tranche d’âge comprise entre 10 et 12 ans.Le projet aborde l’éducation à la science et à la santé sous l’angle des maladies infectieuses et de leur prévention par l’hygiène et la vaccination. Trois thèmes ont été retenus comme axes des modules pédagogiques : l’air et l’eau en tant que milieux vecteurs de pathogènes, et le corps humain.

Pour en savoir plus: Regardez la vidéo de présentation du projet

 

4. Description du projet

 

Objectif  :

Améliorer l’enseignement (contenu, méthodes) des sciences naturelles tout en y incluant les questions d’hygiène et de santé.

Cible :

7 écoles de la ville de Bamako et environ 64 enseignants / classes touchés.

 

Activités principales :

  • Production de ressources pédagogiques et scientifiques sur les maladies infectieuses en relation avec l’air et l’eau ; ces ressources ont été co-produites par les enseignants, directeurs et formateurs maliens, des experts en éducation de La main à la pâte et des scientifiques du Centre d’infectiologie Charles-Mérieux ;
  • Organisation de sessions de formation pour les formateurs d’enseignants > un programme de 2 sessions de formation par an sur l’Enseignement des Sciences Fondé sur l’Investigation d’investigation, l’utilisation des ressources produites, etc. est conduit par une équipe d’experts de La main à la pâte à destination d’un groupe de 20 à 30 personnes composé de formateurs d'IFM (Instituts de formation des maîtres), de conseillers pédagogiques, de directeurs et d’enseignants référents identifiés dans chaque école ;
  • Organisation d’activités de développement professionnel pour les enseignants > un programme de 2 sessions de formation par an sur l’Enseignement des Sciences Fondé sur l’Investigation, une aide à l’utilisation des ressources produites en classe, un accompagnement en classe sont conduits par les formateurs locaux ; de plus, un accompagnement scientifiquepar des chercheurs du CICM est proposé (conférences scientifiques, visites du laboratoire...) ; un réseau est également mis en place entre enseignants, directeurs et formateurs bénéficiaires pour renforcer les échanges de pratiques.

 

 

Durée du projet :

  • 4 ans (aout 2015 - octobre 2019)

 

5. Résultats

  • Deux modules sur l’éducation à la science et à la santé (6e et 5e années) ont été co-écrits par les formateurs français et les participants maliens, pour un total de10 séquences de classe de 5 séances chacune en moyenne soit ~ 50 séances de classe disponibles couvrant :
• le programme de sciences sur 3 thèmes (eau, air et corps humain)
• et celui d’éducation à la santé ; maladies abordées : poliomyélite, tétanos, bilharziose, rougeole, paludisme, méningite, diarrhée, coqueluche, tuberculose, diphtérie, VIH.
(Cliquer sur les images pour les télécharger)
 
 
 
 
  • Un module d’accompagnement pédagogique

 

  • Un exemple de séance de classe basé sur ces ressources: la diarrhée

 

6. Contact

 

Fondation La main à la pâte / http://www.fondation-lamap.org