Océan - Séance III.8 La pêche

Résumé

La pêche est l’activité océanique alimentaire la plus répandue sur le globe. Pourtant, la surpêche menace certaines espèces, parfois au risque de l’extinction. L’élevage en mer et la pêche responsable sont les conclusions de cette étude documentaire.

Notions

· les océans offrent des ressources alimentaires

o   la surpêche menace certaines espèces vivantes et les sociétés humaines qui en dépendent

o   l'élevage en mer est de plus en plus répandu

Modalités d’investigation

Mathématiques (résolution de problèmes)

Matériel

· Pour la classe : la Fiche 59 projetée au tableau

· Pour chaque élève, une copie de la Fiche 60

Lexique

Pêche durable, surpêche, biomasse, halieutique, aquaculture

Durée :

1h30

Note pédagogique

  •  Cette activité s’articule autour d’une étude documentaire lourde en calculs mathématiques. Elle nécessite donc certains pré-requis sur les proportionnalités et les conversions d’unité (grammes, kilogrammes, tonnes).

Question initiale

La séance commence par un rapide débat, lorsque l’enseignant demande aux élèves : Qu’est-ce que l’homme tire des océans ? Parmi toutes les réponses, l’alimentation est prédominante : l’homme pêche. C’est l’occasion de parler des diverses « ressources halieutiques » (du grec halios, le sel). L’homme consomme poissons, mollusques et crustacés. Il utilise les algues pour l’alimentation et la chimie. Les coraux servent en bijouterie. Les marais salants extraient le sel pour la consommation. L’enseignant introduit une quantification numérique : Aujourd’hui, un tiers de la population mondiale vit des métiers de la pêche et des produits de la pêche. Pourtant, on entend souvent dans les médias que la pêche est un secteur sinistré. Savez-vous pourquoi ?

Notes pédagogiques

  • L’impact de la pêche sur les écosystèmes est également évoqué plus tôt dans ce guide pédagogique, via une animation multimédia disponible sur le site du projet, tel que décrit dans la Séance II-6 «  La fragilité des équilibres  ».
  • L’étude documentaire qui suit dissimule des problèmes mathématiques dont la résolution n’est pas immédiate : conversions, multiplications, divisions sont sciemment mélangées. L’enseignant devra probablement aider les élèves à découper chaque question en sous-étapes afin d’aboutir au bon résultat.
  • A cause des ordres de grandeur des valeurs numériques étudiées, nous déconseillons fortement l’usage des calculatrices « quatre opérations », qui ne permettent pas d’afficher lisiblement des chiffres comme « 80 milliards de repas ».

Recherche (étude documentaire) : la pêche, la surpêche, l’aquaculture?

Après avoir noté au tableau les hypothèses des élèves, l’enseignant distribue la Fiche 59 . La classe entière lit les textes et répond aux questions dans l’ordre, à l’oral ou sur leur ardoise. Voici un exemple de réponses :

A - L’océan, réservoir infini de poissons

1.          Bien évidemment, l’océan ne peut pas se remplir de morues, car toutes n’atteignent pas l’âge adulte (même en l’absence de pêche humaine).

2.          Avec les hypothèses données, une morue adulte pourrait pondre 100 millions d’œufs. Mais encore une fois c’est sans compter sur les prédateurs, les maladies, les aléas de courants et de température…

3.          En réalité, seuls 100 morues auront survécu.

4.          Cela représenteune production de biomasse de 10 tonnes en 20 ans.

B – Les malheurs des pêcheurs de Terre-Neuve

5.          Au XVII°s, les pêcheurs capturaient 1000 morues adultes par saison.

6.          Avec la même hypothèse sur la taille des prises (indéniablement utopiste dans ce cas), le record de 1968 correspondrait à 8 millions de prises.

7.          Constater le déclin du stock et s’en alarmer auraient permis de penser à sa préservation, pour que le renouvellement puisse se dérouler plus rapidement.

C - L’aquaculture est-elle une solution ?

8.          Pour produire 800 000 tonnes de saumon il faut sacrifier 8 millions de tonnes d’autres poissons…

9.          800 000 tonnes de chair fournissent 8 milliards de repas (soit 10 millions de personnes pendant toute une année).

10.       Si l’homme se contentait des sardines données aux saumons d’élevage, cela ferait 80 milliards de repas.

11.       Pour pallier les besoins nécessaires à l’alimentation humaine il faudra se résoudre à simultanément développer une aquaculture durable de poissons herbivores et gérer l’exploitation des ressources renouvelables marines de manière soutenable.

Notes scientifiques :

  •  Dans les années 1950, on notait que la maturité sexuelle de la morue se situait entre 5 et 7 ans (soit plus de 60 cm), avec une libération de 300 000 à 11 000 000 d’œufs selon l’âge. Aujourd’hui la taille minimale de pêche est de 35cm… est-ce significativement inférieur à la taille de première maturité sexuelle ? non, car sous la pression de la surpêche, on constate aujourd’hui que la maturité sexuelle est atteinte bien plus vite, à 2 ans d’âge, dès 32 à 41 cm de taille.
  •  Les chiffres donnés ici sont représentatifs, mais simplistes. Toute la biomasse d’un poisson n’est pas consommable pour l’alimentation (mais on peut produire de la colle ou des farines animales avec les carcasses, etc…). Mais l’ordre de grandeur permet de retomber sur l’information donnée dès le début (2,6 milliards d’individus vivent de la pêche, d’un point de vue professionnel ou alimentaire). 
  •  L’aquaculture n’est pas, comme nous venons de le voir, exempte de défauts. En particulier, les problèmes sanitaires s’ajoutent au problème d’alimentation même des poissons d’élevage. Cette industrie libère dans l’environnement de grandes quantités de déchets organiques ou médicamenteux, qu’il faudra apprendre à réguler.
  •  Dans tous les cas, la pêche industrielle que nos décideurs encouragent actuellement ne perdurera pas : l’interdiction du chalutage profond (décrié par les scientifiques car détruisant une centaine d’espèces pour n’en pêcher que 3) est encore sujette à débat. Certains spécialistes pensent qu’à moyen terme la pêche deviendra une activité récréative, faute de stocks suffisants, comme le devint la chasse au cours du dernier millénaire.

Recherche (étude documentaire) : l’impact de la pêche sur les écosystèmes

L’enseignant demande : Nous avons vu qu’à cause de la surpêche, les marins de Terre-Neuve ont perdu leur travail, et tout l’écosystème des morues de l’Atlantique a été paralysé. A votre avis, quelles sont les principales différences entre la « pêche durable » et la « surpêche » ?

Les élèves débattent rapidement de leurs idées. L’enseignant distribue alors la Fiche 60 , et affiche sa version A3 (ou supérieure) au tableau. Les élèves doivent reconstituer les différents éléments qui caractérisent la pêche durable et la surpêche. Ils retrouvent certains de leurs arguments, et en découvrent d’autres.

La classe entière débat sur la légende des deux images, puis les élèves recopient la légende conclue en  commun sur leur exemplaire de la Fiche 60 .

Conclusion

Une conclusion finale peut être proposée par les élèves :

Les techniques de pêche ont tant évolué que l’homme pêche bien plus de poissons que la mer ne peut en produire dans le même temps. La surpêche détruit les écosystèmes qui mettent des décennies à se reconstituer. L’aquaculture de petits poissons herbivores peut être une solution, à condition d’être très vigilante sur la santé de ses élevages et sur son impact environnemental.

Prolongements

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte ESA SHOM Expéditions TARA Editions Le Pommier