Océan - Séance III.1 Sociétés humaines sur le littoral

Résumé

L’étude de cartes montre que l’humanité s’est en majorité installée à proximité des océans. En comparant des mythes antiques à des coupures de presse moderne, les élèves assistent à un glissement de l’image des océans dans les esprits : l’océan nourricier mais dangereux devient fragile et surprenant.

Notions

· 3 milliards d'habitants vivent à moins de 100 km du littoral

· Les sociétés humaines se sont principalement développées sur le littoral

· les mythes et légendes présentent souvent les océans comme une source de vie ou comme une source de dangers

Modalités d’investigation

Etude documentaire

Matériel

· Pour la classe : Fiche 29 et Fiche 30 projetées au tableau

· Pour chaque élève : Fiche 29 et Fiche 31

Lexique

Foyer de population, agglomération, mégalopole, littoral, avantage, inconvénient

Durée :

1 h

Question initiale

L’enseignant affiche au tableau la Fiche 29 et fait distribuer les versions papier à la classe. Il s’agit de la carte des foyers de population sur Terre de nos jours. Il interroge la classe entière : Voici les 30 foyers de population les plus denses du globe, représentés sur ce planisphère. Ce sont souvent des villes, mais aussi des régions (la Ruhr) ou des mégalopoles (Osaka-Kyoto-Kobé). D’après cette carte, les populations sont-elles concentrées sur les côtes ou à l’intérieur des terres ?

Recherche (étude documentaire) : combien de personnes vivent près des côtes ?

Suite à un débat commun, on utilise la carte comme moyen de vérification, en surlignant de deux couleurs différentes les villes proches des côtes et celles qui en sont loin. D’après l’échelle de la carte, les points font une centaine de kilomètres de rayon, on considère donc que si le point semble toucher un océan ou une mer, alors la ville est « côtière ». Pour que cette énumération ne soit pas trop fastidieuse, l’enseignant pourrait demander successivement aux élèves de catégoriser chacun une ville, continent par continent (et pas par ordre alphabétique !).

Villes « côtières » ou « proches des côtes »

Villes « continentales » ou « éloignées des côtes »

Bangkok, Bombay, Buenos Aires, Djakarta,
Hô-Chi-Minh-Ville, Istanbul, Karachi, Lagos, Le Caire, Londres, Los Angeles, Manille, New York,
Osaka-Kyoto-Kobé, Rio de Janeiro, Sao Paulo, Séoul, Shanghaï, Téhéran, Tokyo

Calcutta, Chongqing, Dakha, Johannesbourg, Mexico, Moscou, New Delhi, Paris, Pékin, Ruhr

Quelques villes peuvent être difficiles à classer : Téhéran est à 70km de la Mer Caspienne, tandis que le Caire est sur le delta du Nil, à proximité du canal de Suez. Les élèves peuvent indifféremment les classer comme « côtières » ou « continentales », car bien qu'elles soient stricto sensu à plus de 100km d’un océan salé, elles se trouvent à proximité d’une grande étendue d’eau. Quel que soit ce choix, la conclusion sera la même : les deux-tiers des villes étudiées ici ont un accès direct à la mer.

Notes scientifiques

  • Nous trouvons ici que 2/3 des villes d’importance sont côtières. Si la distribution des villes avait été purement aléatoire, seul un quart d’entre elles se trouverait alors si près des côtes.
  • On dit souvent que 3 milliards d’êtres humains vivent « près des côtes », précisément à moins de 100km du littoral. Ce chiffre peut être relativisé par les élèves car cela signifie qu’il y a 4 milliards d’humains qui vivent loin des mers. Il convient donc d’apporter un second éclairage : les populations côtières sont nombreuses (mais pas majoritaires), mais elles sont surtout très denses.

Mise en commun

Forte de cette observation, la classe conclut : La majorité des foyers de population se trouvent à proximité des mers. L’enseignant peut ajouter alors cette valeur numérique : Trois milliards d’êtres humains vivent à moins de 100km du littoral. De plus, ces zones sont celles qui sont le plus densément peuplées.

L’enseignant affiche alors la Fiche 30 au tableau. La classe l’étudie ensemble. Que ce soit dans l’Antiquité ou à notre époque, le littoral méditerranéen est plus densément peuplé que l’intérieur des terres.

Recherche (étude documentaire) : pourquoi s’installer près des côtes ?

L’enseignant amorce alors une seconde discussion. Les populations humaines  sont concentrées près des côtes. Pourquoi s’y sont-elles installées ? Quels sont les avantages et les inconvénients à vivre sur les côtes ?

Après s’être assuré que les élèves ont bien compris le sens des termes « inconvénient » et « avantage », il liste au tableau les idées de la classe. Ce tableau pourrait ressembler à ceci :

Avantages

Inconvénients

pêche*, aquaculture,
loisirs, transport*, navigation, ressources minérales, énergies, climat, produits de luxe,
ressources pharmaceutiques*,
tourisme, études scientifiques*

tempêtes*, raz-de-marée, tsunamis, séismes*,
inondations, érosion,
déchets*, pollution, marée noire, surpêche

L’enseignant demande alors : pensez-vous que ces arguments sont bien ceux qui ont encouragé les civilisations antiques à s’installer près des côtes ? Afin d’alimenter le débat, et de compléter ou nuancer les idées des élèves, l’enseignant distribue la Fiche 31 .

Note pédagogique

  • Les deux textes présentés ici présentent sciemment des difficultés auxquelles les élèves ne sont probablement pas habitués. Le texte homérique est écrit en langage soutenu, digne d’une louange à un dieu. D’un autre côté, la mise en page d’un journal moderne, sur quatre colonnes, peut également perturber la lecture.
  • Un complément d'information est disponible dans l'éclairage pédagogique de ce module.

Grâce à la fiche documentaire, les élèves énumèrent les attributs du dieu grec Poséidon : il gouverne sur la mer inféconde (par opposition à la terre utile à l’agriculture), il déclenche les séismes, les tsunamis et les tempêtes (« ébranleur de la terre et de la mer ») ; il dompte les chevaux (un cheval sauvage est aussi imprévisible que la mer en furie) ; enfin on l’implore de sauver les marins (cf. l’Odyssée d’Ulysse condamné à 10 ans d’errance pour avoir blessé un fils de Poséidon). Les Grecs étaient d’excellents pêcheurs et navigateurs, pourtant on peut voir qu’ils craignaient la puissance et les caprices de la mer.

Aujourd’hui, les préoccupations modernes sont tout autres : l’océan est fragile, méconnu, surexploité. Ou, pour reprendre la formulation d’un élève : avant, on avait peur de l’océan, alors qu’aujourd’hui, c’est l’océan qui a peur des hommes. Le tableau précédent  peut être complété à la lueur de ces nouvelles informations (le tableau ci-dessus indique d’un astérisque les informations incluses dans la Fiche 31 ).

Mise en commun et conclusion

La classe débat d’une conclusion commune, à recopier dans les cahiers d’expériences. Depuis l’Antiquité, les hommes s’installent près des côtes pour trouver de la nourriture et des ressources. Pourtant ils craignent les catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, raz-de-marée). Aujourd’hui, nous découvrons que l’océan n’est pas infini et illimité : il est fragile.

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte ESA SHOM Expéditions TARA Editions Le Pommier