Rapport de jury 2001

Prix de La main à la pâte 2001 décernés sous l'égide de l'Académie des sciences

Rapport de jury

Cette année, 44 dossiers ont été reçus, émanant d’une classe, d’un groupe de classes ou d’écoles. Parmi ces dossiers, 10 proviennent d’écoles maternelles et un d’un groupe de 3 classes dont une maternelle. Il s’agit là de classes accueillant parfois de très jeunes enfants (2 ans).
Trois enseignantes, l’une primée en 1998, les deux autres en 2000, ont de nouveau présenté leur candidature en 2001.
Au total, ces candidatures représentent l’implication de 85 enseignants et 1910 élèves, auxquels s’ajoutent 6 classes aux effectifs non précisés.

Sous la présidence de Georges Charpak, le jury, composé de 11 personnalités des mondes scientifique et éducatif, s’est réuni le 17 septembre 2001.

6 dossiers ont été jugés excellents et recevront un premier prix ex æquo.
7 dossiers ont été jugés très bons et se verront remettre un second prix ex æquo.
En raison de leur grande qualité, les 2 dossiers présentés par des candidates déjà récompensées en 2000 se verront citer au palmarès .
9 dossiers ont été jugés bons, 13 moyens, 7 médiocres ou insuffisants.

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Le jury souligne la qualité de la «moisson» 2001, dans laquelle plus de la moitié des dossiers sont d’un niveau qui va de «bon» à «excellent».

Ses choix ont été guidés, tout d’abord, par le respect de l’appel à candidatures: c’est ainsi que des dossiers présentant insuffisamment de documents, ou les présentant de façon trop succincte, voire trop décousue pour permettre d’apprécier la durée des activités ou leur progression, par exemple, n’ont pas été retenus. De la même façon, les K7 vidéo ou les cédéroms joints aux dossiers, s’ils constituent des appoints intéressants, ne sauraient être considérés à eux seuls comme des pièces assez significatives pour se substituer aux documents, originaux ou photocopiés, rendant compte des travaux réalisés par les élèves eux-mêmes.

De plus, le jury a apprécié la conformité des activités présentées aux six premiers principes de La main à la pâte – et aux quatre autres dans la limite des conditions locales – qui en résument la substance. Tel dossier n’a pas été retenu pour s’être exclusivement attaché à des activités d’observation et de description, au demeurant très intéressantes et soignées, mais apparemment dépourvues d’expérimentations. Or, si le jury admet évidemment que certains domaines se prêtent moins bien que d’autres aux expériences, il n’en demeure pas moins que ces dernières restent possibles, même en petit nombre.

Le jury a, en revanche, tenu à encourager les activités dans lesquelles un temps raisonnable a été consacré aux manipulations et expérimentations, ménageant le tâtonnement des élèves et le cheminement de la discussion et de la réflexion, et accordant de l’importance aux retours critiques sur les erreurs, aux va-et-vient entre action et réflexion, constats et rectifications, conduisant par exemple à faire varier les paramètres et à adopter une véritable démarche de recherche.
Pour cette même raison, le jury rappelle que ne relèvent pas de la démarche de La main à la pâte les activités scientifiques ou technologiques manifestement conduites sous la guidance très directive de l’enseignant, dans lesquelles les élèves exécutent le projet du maître en appliquant des consignes, en remplissant des fiches ou en réalisant des montages à partir d’un schéma imposé.

Enfin, si l’ambition, la singularité ou la nouveauté ne sauraient être valorisées pour elles-mêmes, le jury, observant que l’enseignant prend davantage de risques en innovant sur le plan méthodologique plutôt que sur le plan thématique, n’a pu qu’être sensible à des travaux qui résultent d’initiatives originales dans des contextes parfois difficiles, et constituent autant «d’exemples à suivre», sous réserve évidemment que le dossier satisfasse aux autres critères de qualité. C’est ainsi qu’une école dans laquelle 100% des élèves sont issus de l’immigration a centré son projet sur l’apprentissage de la langue et les relations sciences/langue. Dans un tout autre registre, certains dossiers illustrent des situations pédagogiques imaginatives et inédites: un élève observe tandis qu’un autre élève, hors champ de l’observation, dessine ce que lui décrit son camarade. Dans telle exposition de fin d’année – épilogue d’un «défi technologique» –, les enfants ont prévu une «galerie des erreurs», où ils présentent des objets qui ne fonctionnent pas et expliquent les erreurs commises. Dans telle autre, les élèves impliqués dans le projet animent des ateliers pour d’autres élèves, qui n’y ont pas participé.

Dans des domaines aussi différents que le partenariat, l’implication des familles ou la recherche documentaire, de nombreux dossiers, primés ou non, témoignent également de la vitalité de La main à la pâte. Dans la mesure du possible, le site Internet de La main à la pâte s’efforcera de valoriser les réalisations inventives et de favoriser leur mutualisation parmi les enseignants.

Béatrice AJCHENBAUM-BOFFETY
Octobre 2001