Que penser des mots croisés ?

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Que penser des mots croisés ?

Que pensez-vous des évaluations "ludiques", par exemple les mots croisés ? Que peut-on proposer comme évaluation sommative qui sorte un petit peu des sentiers battus ?
Merci.

Bonjour,
Le temps d'évaluation est toujours délicat, et il est difficile de sortir de l'ordinaire ... Il me semble qu'avant de se poser des questions sur la forme ludique ou non, il est important de repérer 3 axes d'évaluation : Premièrement les connaissances ; dans ce cas, les mots croisés avec définitions données ou définitions à construire, ont leur intérêt. Deuxième axe : le savoir faire (aspects méthodologiques :comme s'organiser pendant une expérience, contrôler les paramètres ...) On trouve en général des expériences à décrire, critiquer et interpréter, il est plus "ludique" de mettre en place une expérience, mais cela est parfois difficile le jour d'une évaluation. Troisième axe : les savoirs être (mais ce n'est pas sommatif ).
Bref, je ne sais pas si l'aspect "ludique" est fondamental, je privilégie plutôt l'aspect "rapport au réel". L'enfant doit avoir l'impression que les réponses qu'il apporte à l'évaluation sont de vrais réponses qui fonctionnent dans la vie courante. Je pense que cet aspect est largement aussi motivant pour les élèves, mais ce n'est qu'un avis...

Effectivement, le terme ludique est bien à mettre entre guillemets. Je crois que vous devez aborder l'évaluation sous un autre angle.
Que veut-on évaluer? A quel moment? Pour quoi faire? Pour qui?
Pourquoi faut-il sortir des sentiers battus ? Peut-être pour désacraliser la fameuse « interro » où il faut apprendre par coeur le résumé, savoir replacer et écrire les mots sur le schéma!!
L'évaluation sommative est la mesure des objectifs fixés avant l'apprentissage, l'important n'est pas de rendre cette évaluation "ludique" mais que les élèves sachent bien ce qui va être évalué...
L'enseignant doit pour cela veiller à ce que la tâche ne soit pas noyée dans d'autres difficultés : l'élève doit savoir ce qu'on attend de lui.
On pourra lui préciser que les mots spécifiques du thème devront être correctement orthographiés ; si vous avez choisi une présentation particulière pour représenter il faudra leur rappeler qu'ils doivent l'utiliser.
Je pense aussi que l'auto-évaluation peut être une évaluation sommative intéressante et originale. Pourquoi en effet ne pas demander à chacun de retrouver dans son cahier d'expérience ce qu'il pensait sur le thème, quelles expériences il a réalisées, quelles étaient ses erreurs, ce qu'il sait aujourd'hui... Il faudrait sans doute adapter le questionnaire et les modalités en fonction du thème et du niveau, mais ce serait une nouvelle utilisation du cahier d'expérience.
A bientôt!
C. Verpillot

L'évaluation ne peut en aucun cas se définir par rapport au fait qu'elle soit ludique ou non ou qu'elle soit originale ou non. Elle se définit essentiellement par rapport à son efficacité . Qu' est-ce que j'entends par efficacité ? Qu'elle soit sommative, normative ou formative elle doit surtout être envisagée comme une partie d'un tout qui est un apprentissage et non quelque chose qui vient s'y ajouter, par conséquent elle doit être en parfaite adéquation avec les compétences visées à travers cet apprentissage ; si je prends l'exemple des sciences, de nombreux enseignants pensent évaluer des compétences scientifiques alors qu'ils évaluent la connaissance d'un champ lexical et il y a une grande différence entre le fait davoir mémorisé des mots et le fait de les avoir compris ainsi que la réalité qu'ils représentent. Cette évaluation ne doit pas non plus être une fin en soi : que fais-je des résultats? Comment est-ce que je les interpréte? Et bien entendu, comment les enfants sont-ils associés à leur évaluation? Savent-ils précisément ce qu'on attend d'eux? Comment interprètent-ils les résultats ? Que vont-ils en faire ensuite?
L'évaluation doit donc être réfléchie en amont, pendant et à la fin de l'apprentissage, elle n'a pas besoin d'être ludique mais plutôt comprise et interprétée non pas en terme d'échec s'il y a lieu mais en terme de remédiation et de progrès possibles à réaliser. L' originalité et le jeu ne sont pas un gage d'acceptation de l'évaluation de la part des enfants. Ce qu'ils respectent, c'est qu'elle soit juste et que le regard que porte l'enseignant sur les résultats ne soit pas un jugement de valeur mais un regard objectif qui leur permettra de remédier à la situation et de progresser.
Corinne Brisbart