Cahier pour enfants non lecteurs puis lecteurs

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Emmanuelle DE S...
Cahier pour enfants non lecteurs puis lecteurs

Je souhaite introduire un cahier de sciences en CP.
Quelle forme peut prendre le cahier pour des enfants non-lecteurs (qui le deviendront) et comment mettre en place une démarche expérimentale active pour tous dans une classe de 25 élèves ?
Merci

Isabelle Vasseur

Je partage cette question de la forme du cahier d' expérience.
Elle est effectivement assez déterminante pour l'enseignant puisqu'il peut l'utiliser pour construire sa progression et mettre en valeur la démarche expérimentale.
A ce propos, je crois que ce terme est employé de manière abusive: il est difficile de parler de démarche expérimentale en cycle 2, car l' enfant n' est pas encore suffisamment distancié de son expérimentation pour pouvoir en isoler les paramètres. L' approche que je pratique (en grande section) est plus une mise en recherche: souvent c' est à partir d'un désaccord entre élèves (confrontation des croyances organisée par l' enseignant) qu' un questionnement est posé; s'en suivent des temps de débat, d' expérience, d' observation, de lecture documentaires, pour arriver à la construction d'une synthèse (provisoire: car elle sera bousculée par de nouvelles considérations ultérieurement...le tout consigné dans le cahier d' expérience!).
Mais cette forme est avant tout au service de l'élève: elle va lui donnerla possibilité d'avoir une meilleure lisibilité du problème posé et donc en faciliter son appropriation .

1. J' ai développé un système de logos pour que l' enfant repère dans ses écrits les étapes de la démarche :
j' ai vu, je me demande, j' imagine, quelquun a dit, j' expérimente, nous ne sommes pas d' accord, nous sommes d' accord.

Cette pratique permet à l' élève d' avoir un support pour reconstruire plus facilement sa démarche et de personnaliser
(pourquoi pas la synthèse: "je pensais que..., j'ai vu que... avec les camarades nous sommes d'accord sur...".

2. Les traces proprement dites :

Il s' agit essentiellement de compte-rendu d' observations, d' expériences sous forme de dessins. Les enfants s' y investissent sans aucune difficulté. Très vite, la communication de ces écrits met à jour la complémentarité des informations, ce qui donne une valeur tout à fait particulière au travail personnel et relance l' implication de chacun.
En maternelle, c' est un outil précieux pour le « Vivre ensemble ».
Dans cette prise de note régulière, les outils d' expression évoluent à grand pas (schémas, légendes, mise en page).
Plusieurs passages (entre 3 et 5) sur un même écrit : 1er jet, mise en place des logos et de la date, mise en place de mots pour légender, dictée à l'adulte pour expliquer, compléter les infos suite à une nouvelle observation, à une communication.

3. Le cahier d' expérience tel que je le pratique (en GS) a une forme évolutive.
Les sujets se succèdent dabord de manière chronologique pour s' organiser progressivement autour de concepts. La reliure mobile permet à tout moment de bouger l' organisation des pages.
4. La gestion du groupe classe :
Le support cahier d' E. leur permet de prendre davantage le temps, le plaisir et l' audace de se poser des vraies questions, d' imaginer , de concevoir, de représenter, Les phases d' écritures personnelles sont réalisées en autonomie (souvent elles sont réalisées en différé par rapport à la séance manipulation, observation ; l' enfant na plus l' objet sous les yeux, il doit faire un effort de reconstruction pour représenter et va ainsi à l' essentiel) et ceci n' est pas sans impact sur l' attitude et l' investissement des enfants dans leurs productions. Ils sont très fiers d' exprimer librement leurs pensées et les communications s' en trouvent particulièrement enrichies.

J' espère avoir répondu à votre question, il est difficile de condenser cette expérience en quelques lignes !