Tous pareils, tous différents

Tous pareils, tous différents


Bloc 4 : Argumenter A partir du Cycle 2 3 activités
  • Objectif : Apprendre à participer à une discussion en suivant des règles, à discuter de questions éthiques et de citoyenneté, apprendre à vivre ensemble, partager des points de vue potentiellement différents, apprendre à mobiliser des connaissances, à comparer opinion et savoir, puis à confronter les deux.
  • Enseignements / Disciplines engagé(e)s : EMC, Français, Questionner le monde.
  • Compétences associées : Pratiquer, avec l’aide du professeur, quelques moments d’une démarche d’investigation – Débattre dans des activités de sciences, discuter lors des activités philo, argumenter, exprimer son point de vue, ses opinions – Confronter ses opinions avec faits et connaissances ; avec celles des autres – Adopter une attitude raisonnée.

Notes préliminaires
• La séquence débute et se termine par des discussions philosophiques, qui encadrent une activité d’investigation en sciences autour de l’unité et de la biodiversité humaines (points communs et différences entre individus). Toutes les activités proposées dans cette séquence sont complémentaires, chaque trace écrite d’activité pouvant aider à mieux exploiter la suivante.
• Si l’enseignant mène par ailleurs le projet thématique de La main à la pâte « A l’école de la biodiversité » (ou d’autres modules d’activités portant sur le même thème), il pourra prolonger les activités concernant la diversité à l’intérieur d’une espèce (diversité intraspécifique) par cette séquence, de façon très pertinente.
• Cette activité peut être menée en CP, même si la seconde partie du débat, plus abstraite, devra être évaluée en termes de faisabilité, par l’enseignant.
• Il est intéressant de prendre des notes au cours des deux activités de discussion, afin de constater l’évolution des points de vue avant et après les activités scientifiques, ainsi que l’affinement de la distinction entre opinions et connaissances dans l’esprit des élèves.

Activité 1 : Discussion Philosophique, tous pareils, tous différents

Objectif général : Introduire la notion de similitudes et de différences entre individus à partir d’une discussion.
Déroulé et modalités : Les élèves s’engagent dans une discussion à visée philosophique, relative à la notion de similitudes et de différences entre les individus de l’espèce humaine.
Durée : 45 min à 1h
Matériel : Pour l’enseignant :
• La Fiche 1 « comment mettre en place une activité de discussion à visée philosophique ? »
• Un support littéraire ou documentaire éventuel, un support pour les traces écrites des élèves, éventuellement un enregistreur pour réécoute et retranscription.
Message à emporter : Autour d’une question qui nous touche tous, nous pouvons discuter dans l’écoute et le respect. Nous avons compris que nous sommes tous uniques et méritons tous le respect. Nous sommes capables d’exprimer nos opinions, en cherchant à être clairs et précis.

Déroulé possible

En suivant les indications contenues dans la Fiche 1 « Comment mettre en place une activité de débat à visée philosophique ? », l’enseignant invite les élèves à prendre la parole sur les similitudes et les différences entre individus, en énonçant la question : « Sommes-nous tous pareils ? ».

Eventuellement, avec les plus jeunes notamment, les questions « Pourquoi peut-on dire qu’on est tous pareils ? » et « Pourquoi peut-on dire qu’on est tous différents ? » peuvent être énoncées de façon séparée.

Il est également utile d’anticiper quelques questions et réponses :

Notes pédagogiques
• La typologie de discussion proposée ici s’inspire des activités de philosophie pour élèves introduites par M. Lipman dans les années 1970 aux États-Unis.
• Il est à noter que les élèves ont plus l’habitude de chercher des différences que d’évoquer des ressemblances. L’enseignant, conscient de ce fait, pourra les guider dans la discussion.
• Noter également que – chez les plus petits – la tendance est plutôt à donner son avis personnel qu’à chercher à rebondir sur les idées des camarades.

Lorsque le temps de la discussion arrive à son terme, après un éventuel temps laissé pour une trace personnelle (voir Fiche 1), la classe produit une conclusion collective, par exemple : « On a tous des yeux, on a tous des doigts, on est tous des êtres humains, mais entre nous il y a des petites différences physiques ou de caractère qui rendent chacun de nous unique. »


Activité 2 : La diversité dans la classe : moi et les autres

Objectif général : Explorer la diversité qui existe à l’intérieur de notre espèce humaine, s’ajoutant à l’unicité biologique générale de notre espèce.
Déroulé et modalités : Les élèves constituent une « collection de la biodiversité » des enfants de la classe. Ils constatent ce qui les rapproche et ce qui rend chacun unique.
Durée : 45 min pour la version 1 – durée variable pour la version 2
Matériel : • Version 1 : loupes, feutres, un petit morceau de papier par élève, éventuellement une photocopie par élève ou groupe d’élèves de la collection d’empreintes digitales de la classe.
• Version 2 : un appareil photo, un ordinateur (optionnel : des impressions des mosaïques fabriquées, des ciseaux, de la colle).
Message à emporter : Nous partageons tous des caractéristiques qui font de nous des êtres humains. Entre nous, existent cependant des petites différences qui nous rendent uniques. Sur ce sujet des caractéristiques de notre corps, nous sommes effectivement à la fois pareils… et différents !

Déroulé possible

Version 1 : une collection d’empreintes digitales

Avec les plus jeunes ou si l’enseignant le juge plus adapté, il est possible d’utiliser une activité relative aux empreintes digitales, pour aborder la notion d’unité et de diversité biologique à l’intérieur de l’espèce humaine.

Dans un premier temps, la classe revient à ces caractéristiques communes, évoquées à l’Activité 1 : « Nous possédons tous des oreilles, des cheveux, des yeux. Mais : entre nous, existent des petites différences qui nous rendent uniques. » L’objectif est ici de les constater de façon plus concrète, au sein de la classe.
L’enseignant propose aux élèves de tendre leur main gauche devant eux. Qu’ont nos mains en commun ? « Pourquoi se ressemblent-t-elles ? » Les élèves énoncent les doigts (au nombre de cinq) dont les longueurs relatives sont les mêmes entre les enfants (le majeur étant le plus grand), la présence d’un pouce qui peut s’opposer aux autres doigts, la présence d’ongles, d’une paume… : « Nous avons tous des mains qui se ressemblent, dans leur ensemble. »

Note pédagogique
Prolongement possible : pour illustrer cette unité, des tracés de silhouettes de mains en faisant le contour avec un feutre, ou des marques à la peinture à la manière des hommes de la préhistoire, peuvent être réalisées.

Dans un second temps, l’enseignant demande à la classe d’observer plus finement, et de chercher d’éventuelles petites différences, par exemple deux à deux en plaçant les élèves en binômes. Eventuellement, il peut distribuer des loupes aux élèves pour regarder de près. Les élèves remarquent les sillons de la peau, les lignes de la main, les empreintes digitales, les grains de beauté.
Il est alors possible de proposer à la classe de constituer une collection d’empreintes digitales, en demandant simplement à chacun de couvrir son pouce avec du feutre vert ou bleu (ou en pressant un tampon encreur), et le l’appuyer doucement (bien droit) sur un morceau de papier. Cela fait, des mots peuvent être mobilisés pour décrire les formes délicates observées : lignes, boucles, courbes, cercles… Chaque élève de la classe possède une empreinte unique, même si tous possèdent un pouce. C’est « comme une carte d’identité ».
Afin d’aller plus loin dans cette idée, il est possible de photocopier la collection d’empreintes pour toute la classe ainsi qu’une empreinte isolée, et de demander aux élèves de « jouer aux détectives » en la retrouvant dans la collection.

Version 2 : une mosaïque de la diversité

Une autre possibilité est de réaliser, avec les élèves, des mosaïques de la diversité, pour un ou plusieurs caractères de notre corps. Dans un premier temps, la classe revient à ces caractéristiques communes, évoquées à l’Activité 1 – « nous possédons tous des oreilles, des cheveux, des yeux. Mais : entre nous, existent des petites différences qui nous rendent uniques ». L’objectif est ici de les constater de façon plus concrète, au sein de la classe.

La classe choisit une ou plusieurs de ces caractéristiques et – avec l’aide de l’enseignant – réalise une collection de photos. Le but est de fabriquer un tableau ou un collage de la diversité de la classe, pour ces caractéristiques. Eventuellement, avec les plus grands, ces « mosaïques » peuvent être réalisées sur informatique (sur ordinateur ou sur tablettes), par exemple à l’aide d’un logiciel gratuit de mise en page d’albums photos.

Les trois exemples ci-dessous ont été réalisés par la classe de Christine Blaisot.

Ces mosaïques peuvent alors être discutées, et tout un vocabulaire mobilisé pour exprimer ces singularités individuelles. Des traces écrites, individuelles et/ou collectives, peuvent être produites sur le support de ces productions, afin de mobiliser le langage et de conclure.

Nous sommes tous semblables et tous uniques : c’est l’une des richesses de l’espèce humaine.


Activité 3 : Discussion philosophique, que veut dire être pareils et différents ?

Objectif général : Apprendre à participer à une discussion selon des règles et en remobilisant des connaissances de nature scientifique.
Déroulé et modalités : Les élèves poursuivent la discussion à visée philosophique, étayée par les notions découvertes à l’activité 2.
Durée : 45 min à 1h
Matériel : Pour l’enseignant :
• La Fiche 1 « comment mettre en place une activité de débat à visée philosophique ? »
• Un support littéraire ou documentaire éventuel, un support pour les traces écrites des élèves, éventuellement un enregistreur pour réécoute et retranscription.
Message à emporter : Dans certaines discussions, être à l’écoute des autres, être précis et être clair ne suffisent pas. Il faut également savoir se référer à des faits pour rendre solides ses opinions. Donner seulement des opinions ne suffit pas.

Déroulé possible

Note pédagogique
Cette discussion à visée philosophique, un peu plus abstraite que la première, concerne plutôt les élèves les plus âgés du cycle 2. L’enseignant sera apte à juger de la capacité de ses élèves à la mener. Autrement, il est également possible de s’en tenir aux activités 1 et 2.

En suivant les indications contenues dans la Fiche 1 « Comment mettre en place une activité de débat à visée philosophique ? », l’enseignant invite les élèves à prendre la parole dans le cadre d’une seconde discussion à visée philosophique.

Dans ce but, il introduit une nouvelle question, par exemple :

  • « Est-ce que ce serait bien, si nous étions tous pareils ? »
  • « Est-ce qu’il faut avoir peur ou se moquer de ce qui rend les autres différents de nous ? »
  • « Peut-on apprendre à vivre ensemble, en regardant nos différences et nos ressemblances ? »

L’enseignant veillera à faire un lien régulier avec les activités 1 et 2, et notamment avec les conclusions d’ordre scientifique acquises quant à la biodiversité de l’espèce humaine. Les productions issues de l’activité 2 (version 1 ou 2) pourront être ressorties à cette occasion.

Au gré de la discussion, la classe pourra proposer que « nos ressemblances nous rappellent que nous sommes tous des humains capables de vivre ensemble, il ne faut pas avoir peur ou dénigrer ce qui n’est pas exactement comme nous : nous sommes de toute façon tous uniques, et « différents » pour quelqu’un d’autre. Notre diversité est une richesse. »


Conclusion générale

L’enseignant portera l’attention des élèves sur le fait que, pour être productive, une discussion doit suivre des règles. Notamment, elle doit permettre d’écouter avec respect les autres et d’évaluer leurs positions. Également, d’exprimer ses opinions de manière claire et argumentée.

Il demandera aux élèves d’évoquer des situations de la vie quotidienne où les choses ne se passent pas ainsi : disputes, débats où personne n’écoute l’autre. Il accompagne aussi les élèves à réfléchir sur l’importance de fonder ses opinions sur des faits et des observations rigoureuses, plutôt que sur des impressions. Une bonne discussion n’est pas juste un échange d’opinions, mais d’opinions motivées.

Les scientifiques sont particulièrement attentifs à rechercher des faits pour appuyer leurs hypothèses ou idées, et à établir ces faits de façon rigoureuse, selon une méthode. C’est pour cette raison qu’on peut évoquer des faits scientifiques dans des débats.


D’autres thèmes, d’autres discussions

Les élèves deviennent de plus en plus à l’aise dans leurs capacités à argumenter, au fur et à mesure qu’ils s’habituent au dispositif. L’enseignant pourra choisir de poursuivre dans la mise en place de discussions à visée philosophique, avec une cadence plus ou moins régulière.
Pour le choix des thèmes, il pourra chercher son inspiration dans des albums jeunesse ou des documentaires à lire ensemble avant la discussion (ou à travailler en amont en lecture suivie), dans des questions proposées par les élèves (notées par l’enseignant ou déposées, par exemple, dans une boîte à questions philosophiques), ou dans d’autres activités de science qui touchent à la santé, au développement durable et équitable, aux sujets de science et société…


Évaluation

L’évaluation de ce type d’activité est bien sûr délicate, et ne peut pas s’apparenter à une évaluation sommative. Elle sera formative, en cours de séquence, et fera l’objet d’une « validation » bienveillante, car elle sera le reflet d’une réflexion en cours de construction.
Nous proposons ici une grille d’observation, qui pourra guider l’enseignant dans cette évaluation. Si les activités de discussion se répètent régulièrement, il pourra utiliser cette grille comme un outil d’évaluation de la progression de chaque élève et de la classe par rapport à cette typologie d’activité. D’autres grilles seront proposées sur le site internet du module, orientées sur le langage, les arguments développés…
 


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Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte CASDEN