Epistémè - Le mythe de l'évolution invisible

Le mythe de l'évolution invisible

 

Parmi les arguments créationnistes souvent avancés, on trouve l'idée erronée que l'évolution est un phénomène non visible, voire non testable par l'approche expérimentale, ce qui lui confère un caractère non-scientifique. Il est en fait très courant de voir des argumentaires pseudo-scientifiques employer les mêmes arguments que l'on utilise pour les discréditer, envers les théories scientifiques. Bien sûr, cela ne tient pas. Ici, l'argument utilisé est celui du critère de falsifiabilité de Popper. Pour qu'une théorie scientifique soit satisfaisante, elle se doit d'être réfutable, notamment au travers de la méthode expérimentale. Pour les théories pseudo-scientifiques, la théorie de l'évolution ne serait pas scientifique parce qu'elle ne serait pas réfutable par des tests qui suivent la méthode scientifique. Cette objection est en fait fausse, et nous citons ici quelques grandes expériences qui illustrent la fécondité des approches expérimentales en biologie évolutive.

 

L'expérience de Luria et Delbrück

En 1943, Salvador Luria et Max Delbrück vont mettre en place le test de fluctuation pour prouver l'hypothèse selon laquelle un mécanisme fondamental de l'évolution est l'association de deux phénomènes : "mutations aléatoires" et "sélection naturelle", le premier précédant le second. A cette occasion, ils réfutent l'idée selon laquelle les mutations sont induites par la pression de l'environnement. Le modèle expérimental utilisé est la bactérie Escherischia coli et son bactériophage. Après une première phase de croissance dans un milieu commun, les chercheurs établissent des cultures séparées en étalant sur des gels d'agar contenus dans des boîtes de Pétri des quantités égales de bactéries. Après un certain temps, il inocule les boîtes avec le bactériophage. La variance du taux de résistance des colonies au bactériophage entre les boîtes est très élevée, comme attendu dans l'hypothèse d'un mécanisme aléatoire des mutations.

Vous trouverez ici l'article original.

 

LTEE de Richard Lenski

Depuis février 1988, l'équipe du chercheur Richard Lenski développe une expérience majeure sur des populations de E.coli nommé LTEE (pour long term evolution experiment). En juin 2016, les populations ont atteint leur 65000ème génération ! Les chercheurs ont pu mettre en évidence un grand nombre de changements phénotypiques et génotypiques des populations. Parmi ces changements, une adaptation spectaculaire a permis le métabolisme aérobie du citrate, absent chez la souche sauvage.

Vous trouverez des informations sur la page internet de ce laboratoire.

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte