Ma maison, ma planète... et moi !

Séquence 2 - L'impact de l’habitat sur l’environnement
Auteurs : david Wilgenbus(plus d'infos)
Myriam Ahmed-Yahia(plus d'infos)
Anne Clémenson(plus d'infos)
Raphaële Héliot(plus d'infos)
Résumé :
Cette séquence de 3 séances (dont 1 optionnelle) permet aux élèves de comprendre pourquoi le contexte actuel (changement climatique, épuisement des ressources naturelles, augmentation de la population) impose que l’on construise autrement. Ils constatent que les richesses et ressources naturelles (notamment l’eau) sont inégalement réparties sur Terre, et que les émissions de gaz à effet de serre sont liées, en partie, à l’énergie consommée dans l’habitat. Les élèves étudient le cycle de vie de quelques matériaux (béton, terre, bois), fabriquent un pan de mur à l’aide de différentes techniques et se rendent compte que, si tous les matériaux permettent des constructions solides, certains ont un impact environnemental bien plus important que d’autres.
Publication : 1 Novembre 2011

Séance 2-1 : Inégalités d’accès aux ressources

Durée 1 h
Matériel
  • Pour chaque élève
    • Un gobelet
    • Une petite voiture
    • Une chaise
  • Pour la classe
    • Un appareil photo numérique (facultatif)
    • Une photocopie de la fiche IV (pour un effectif de 25 élèves) du document PDF suivant (pour des effectifs allant de 13 à 30 élèves).
    • Un planisphère
    • Une photocopie de la fiche V
Objectifs
  • Prendre conscience de l’inégalité d’accès aux ressources naturelles et aux richesses
  • Prendre conscience de la nécessité, aujourd’hui, de limiter notre consommation d’énergie et d’eau
Compétences
  • Formuler une hypothèse et la valider
  • Situer dans l’espace un lieu ou un ensemble géographique (lire et se repérer sur un planisphère)
  • Utiliser des données numériques et passer d’une représentation à une autre
  • Approcher la proportionnalité dans une situation concrète
  • Être capable de communiquer et de travailler en équipe
Dominante Géographie
Lexique Ressource, gaz à effet de serre, énergie, pollution, eau potable

Note pédagogique

  • Cette séance est une adaptation du « jeu des chaises » créé par la société ITECO. Elle permet de bien visualiser comment sont réparties certaines richesses entre les différents continents. S’agissant des niveaux de vie comme de l’accès aux ressources naturelles, il nous paraît pertinent de distinguer ici l’Amérique du Nord (pour l’essentiel : États-Unis, Canada et Mexique) de l’Amérique du Sud. De la même manière, nous regroupons ici l’Europe et les pays de l’ex-bloc soviétique, Russie incluse.
  • Cette séance fait appel à plusieurs calculs de proportionnalité, notamment de pourcentages. Ces calculs peuvent être faits par les élèves, mais la séance prend alors beaucoup plus de temps. La fiche IV donne les valeurs calculées pour une classe de 25 élèves. Le "corrigé" pour différents effectifs (de 23 à 30 élèves) est ici.
  • Pour faciliter la mobilité (des chaises et des élèves), on peut se mettre dans une salle de motricité ou sous le préau.

Première étape : répartition de la population

Dans un premier temps, le maître annonce aux élèves qu’ils doivent se répartir par continents (en distinguant Amérique du Nord et Amérique du Sud), en respectant les proportions (nombre d’habitants) telles qu’ils les imaginent. Cette répartition peut être matérialisée dans l’espace (une table par continent, ou autre).

Ensuite, il donne la répartition exacte de la population, et sa correspondance dans la classe (cf. tableau ci-dessous). Un représentant de chaque continent vient coller sur le planisphère de la classe des symboles représentant le nombre d’habitants (autant de bonhommes que d’élèves dans le groupe). On trouve ces symboles sur la fiche V.

Continent Population (en millions d’habitants) en 2009 Population (% de la population mondiale) Nombre d’élèves (pour une classe de 25 élèves)
Afrique 996 15 % 4
Amérique du Nord 451 7 % 2
Amérique du Sud 472 7 % 2
Asie 4 228 62 % 15
Europe 588 9 % 2
Océanie 35 1 % 0


Source : http://www.statistiques-mondiales.com

Note scientifique

  • Les nombres d’élèves sont en général arrondis à l’entier le plus proche… mais pas toujours ! Dans le tableau ci-dessous, il aurait fallu arrondir à 16 le nombre d’élèves représentant l’Asie (15,6). Nous aurions alors obtenu un nombre total d’élèves supérieur au nombre d’élèves de la classe (26 au lieu de 25). On a donc arrondi le nombre 15,6 à l’entier inférieur (15). Cela n’est pas un problème dans la mesure où seuls les ordres de grandeur nous intéressent ici. Les mêmes « manipulations » peuvent être nécessaires pour les autres grandeurs étudiées (richesse, accès à l’eau potable, etc., cf. tableaux ci-dessous).
  • Pour cette raison, l’Océanie n’est pas représentée, en raison de sa très faible population (1 % de la population mondiale).
  • Les différents tableaux présentés lors de cette séance (populations, richesses, ressources en eau, émissions de gaz à effet de serre) sont regroupés au sein de la fiche IV (pour une classe de 25 élèves) ou dans ce document (pour une classe de 23 à 30 élèves).

Note pédagogique

  • On peut également mener cette séance dans une salle « normale », en répartissant des personnages fictifs plutôt que les élèves eux-mêmes, comme ici.

ecohabitat_seance_2-1_blaisot_1

Deuxième étape : répartition des richesses

Une fois les groupes constitués, le « jeu des chaises » consiste à donner, pour chaque groupe, un nombre de chaises correspondant à la richesse du continent. Plus un continent est riche, plus il reçoit de chaises. Ici aussi, le travail se fait en deux temps :

  1. les élèves tentent de deviner comment sont réparties les richesses ;
  2. le maître donne les bons chiffres et corrige la répartition des chaises. Les élèves s’aperçoivent que certains continents ont bien trop de chaises tandis que d’autres n’en ont pas assez (exemple : 1 chaise pour 4 personnes pour l’Afrique, contre 6 chaises pour 2 personnes en Europe). Il est alors aisé de constater l’inégalité dans la répartition de la richesse sur Terre.
Continent Richesse (PIB, milliards de $) en 2004 Richesse (% des richesses mondiales) Nombre de chaises (pour une classe de 25 élèves)
Afrique 2092 4 % 1
Amérique du Nord 13 966 25 % 6
Amérique du Sud 3 111 6 % 1
Asie 21 504 39 % 10
Europe 14 244 26 % 6
Océanie 737 1 % 1

 

Source : CIA (The World Factbook 2005)

On affiche également les symboles (euros) sur le planisphère.

Troisième étape : l’accès à l’eau potable

On procède de la même façon pour l’accès à l’eau potable, représenté par des verres d’eau (on distribue un nombre de verres proportionnel aux ressources en eau de chaque continent, et on affiche les symboles correspondants sur le planisphère). Les données utiles sont listées ci-dessous :

Continent Ressources en eau potable renouvelable chaque année (km3/an) en 2006 Ressources en eau potable (% des ressources mondiales) Nombre de verres d’eau (pour une classe de 25 élèves)
Afrique 5 723 10 % 3
Amérique du Nord 7 621 14 % 3
Amérique du Sud 17 140 31 % 8
Asie 14 872 27 % 7
Europe 8 071 15 % 3
Océanie 1 670 3 % 1

Source : Pacifique Institute (World’s Water Project)

Quatrième étape : consommation d’énergie et pollution

On procède de la même manière pour les émissions de gaz à effet de serre, représentées par des petites voitures.

Note pédagogique

  • Il n’est pas prévu d’étudier ici le rôle des gaz à effet de serre ni l’origine, les mécanismes ou les conséquences du changement climatique… car une telle activité nécessiterait au moins une dizaine de séances (pour cela, nous renvoyons au projet pédagogique de La main à la pâte « Le climat, ma planète… et moi ! »).
  • Cependant, compte tenu du fait que l’habitat est un des premiers postes d’émission de gaz à effet de serre (avec les transports) et que ces émissions sont très inégalement réparties sur Terre, il nous paraît important d’évoquer cet aspect ici, quitte à ce que le maître apporte un peu d’information. On peut introduire la discussion en demandant aux élèves quelles sont les activités humaines qui « polluent » (usines, voitures, chauffage…) et expliquer qu’il y a un lien entre cette pollution et l’énergie qui est consommée. Plus on consomme de l’énergie, plus on pollue. A ce stade, nous n’évoquons pas les énergies non carbonées ou renouvelables : ce sera fait au cours de la séquence 3. Les petites voitures ne sont ici qu’un symbole de la consommation d’énergie des populations.
Continent Émissions annuelles de gaz à effet de serre (millions de tonnes de CO2) en 2006 Émissions de gaz à effet de serre (% des émissions mondiales) Petites voitures (pour une classe de 25 élèves)
Afrique 1 018 4 % 1
Amérique du Nord 7 013 24 % 6
Amérique du Sud 1 027 4 % 1
Asie 12 958 45 % 11
Europe 6 473 22 % 6
Océanie 439 2 % 0

Source : ONU (Millennium Development Goals Indicators Database)

Le maître explique à la classe que les pays développés consomment beaucoup d’énergie et donc polluent davantage que les pays plus pauvres. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut faire un effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, il faut consommer moins d’énergie.

Discussion et conclusion

Pour faciliter la trace écrite et la conclusion, nous conseillons de prendre des photos des différents groupes. Ainsi, on visualise facilement le nombre de chaises, de billets, de verres d’eau, de voitures… pour chaque continent. Le planisphère montre de façon synthétique comment se répartissent les populations, les richesses, l’accès à l’eau et les émissions de gaz à effet de serre. Le maître explique que la population augmente plus rapidement dans les pays pauvres, ce qui va accroître les inégalités déjà constatées. Un exemple de conclusion pouvant être notée dans le cahier est : Nous constatons que les richesses et l'eau potable ne sont pas réparties de façon équitable. En 2050, nous serons 9 milliards d'habitants. Pour que chacun vive mieux, nous devons consommer moins d'énergie et moins d'eau.

Une telle conclusion contient des données factuelles objectives, qui conduisent à des engagements ne relevant plus de la science mais de choix raisonnés éthiques et politiques (opinion, parlements…).

Trace écrite utile pour les séances suivantes

La présente séance est une séance charnière qui justifie la nécessité de limiter notre impact sur l’environnement (en particulier, consommer moins d’eau et moins d’énergie). On s’y référera régulièrement au cours des prochaines séances. Le planisphère illustré doit si possible rester visible pendant toute la durée du projet.

ecohabitat_seance_2-1_wilgenbus_06

On construit ici une affiche (on y fera référence, plus tard, comme « l’affiche de la classe »), qui sera remplie petit à petit, au fur et à mesure des séances suivantes. Elle a pour but de répondre aux deux questions essentielles :

  • Comment consommer moins d’énergie ?
  • Comment consommer moins d’eau ? Cette affiche, qui peut s’intituler « Comment rendre notre habitat plus écologique ? », permettra de

resituer tout le travail futur dans ce contexte. Un exemple d’affiche « finale » est donné à la fin de la séance 5-5.

Prolongement

Avec des élèves en fin de cycle 3, cette séance peut être l’occasion de travailler, en mathématiques, les pourcentages et les représentations graphiques de données.

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Séance 2-2 : Le cycle de vie des matériaux de construction

Durée 1 h
Matériel
objectifs Savoir que les matériaux de construction ont des impacts environnementaux très différents en termes de pollution ou de consommation de ressources
compétences
  • Lire et utiliser des textes documentaires, en particulier les images (différents types de textes, images, schémas, représentations graphiques)
  • Communiquer et travailler en équipe, ce qui suppose de savoir écouter, faire valoir son point de vue, négocier, rechercher un consensus
dominante Sciences et technologie
lexique Matière première, recyclable, écosystème, cycle de vie

Note pédagogique

  • Dans un même logement, il peut exister de très nombreux matériaux différents, utilisés pour le bâti, les fenêtres, l’isolation, les peintures, les canalisations, les revêtements de sol, etc. À l’école primaire (à moins de faire un projet axé spécifiquement sur les matériaux et les déchets), nous pensons qu’il est préférable de se restreindre aux matériaux constituant le bâti lui-même. L’étude des autres matériaux constitue sans nul doute un très bon prolongement de ce projet.
  • Par ailleurs, cette séance ne compare pas tous les matériaux possibles pour le bâti, mais seulement les matériaux suivants : béton, terre crue et bois. On peut compléter la séance en produisant des fiches documentaires similaires sur la pierre, la paille, etc.
  • Enfin, il existe de nombreux autres critères que ceux étudiés ici (critères environnementaux) pour évaluer la qualité d’un matériau : résistance à l’eau, au feu, aux séismes…

Question initiale

Le maître rappelle le constat fait lors de la séance précédente, à savoir qu’il est nécessaire d’économiser l’eau et l’énergie, et annonce que ces deux préoccupations guideront le travail de la classe jusqu’à la fin du projet. Ici, il s’agit d’étudier l’impact des matériaux de construction sur l’environnement (en particulier sur l’eau et l’énergie, mais pas uniquement). Il interroge donc la classe : D'après vous, quels sont les matériaux qui respectent le mieux l'environnement ? Dans les justifications des élèves, on mettra l’accent sur des questions comme : Trouve-t-on ce matériau dans la nature ? A-t-on besoin de le transporter sur de longues distances ? Doit-on dépenser de l’énergie pour le cuire ?

Recherche (étude documentaire)

Les élèves sont répartis en groupes de deux, chaque binôme recevant une fiche documentaire choisie parmi les trois fiches présentant les matériaux de construction suivants (fiche VI à fiche VIII) :

ecohabitat_fiche_VI ecohabitat_fiche_VII ecohabitat_fiche_VIII

Le travail consiste à reconstituer le cycle de vie du béton, de la terre ou du bois, c’est-à-dire à remettre dans l’ordre les différentes étapes, de leur fabrication au recyclage, et à évaluer l’impact environnemental de chacune de ces étapes.

Note pédagogique

  • Avant de laisser les binômes travailler en autonomie, l’enseignant veille à ce que le vocabulaire soit correctement maîtrisé par l’ensemble des élèves. Pour cela, il peut leur laisser cinq minutes afin d’explorer le document et d’identifier les mots inconnus. Ensuite, la classe entière écrit une définition pour tous ces mots.

Mise en commun

Pour chaque matériau, l’enseignant demande aux élèves de présenter les cycles de vie qu’ils ont reconstitués, en veillant à obtenir un consensus entre les différents binômes ayant travaillé sur les mêmes documents. La notion de cycle de vie permet de prendre conscience de toutes les étapes nécessaires à la fabrication (extraction, transformation, transport… mais aussi recyclage !). Chaque critère est évalué en fonction de son impact sur l’environnement, selon trois niveaux : mauvais, moyen ou bon. La classe peut ainsi dresser collectivement une « carte d’identité » du matériau, sous la forme d’un diagramme en barres. L’intérêt de ces diagrammes est de faire prendre conscience aux enfants qu’un matériau n’est jamais entièrement bon ou entièrement mauvais pour la construction et/ou pour l’environnement. Chacun a ses points forts et ses points faibles. Néanmoins, certains matériaux (comme le bois ou la terre crue) sont bien meilleurs que d’autres (comme le béton) pour l’environnement, tout en offrant des performances suffisantes pour l’habitat.

Les « cartes d’identités » peuvent ressembler à ceci (cliquer pour agrandir) :

Note scientifique

  • S’agissant de la consommation énergétique, il importe de bien distinguer la fabrication (énergie utilisée pour fabriquer 1 kg de béton par exemple) et la vie d’un bâtiment (sa consommation énergétique dépendra alors beaucoup de la présence d’isolants ou non).
  • Cette séance s’intéresse à l’énergie nécessaire à la fabrication du bâtiment, car l’isolation fait l’objet de plusieurs séances, dans la troisième séquence.

Conclusion

La classe dresse un bilan des différents matériaux étudiés et comprend que, si tous permettent de construire des logements, leurs impacts sur l’environnement sont très différents. Voici un exemple de conclusion à noter sur l’affiche réalisée à la fin de la séance précédente, ainsi que dans les cahiers des élèves :

Si l'on souhaite minimiser la consommation d'énergie et d'eau, on a intérêt à choisir des matériaux comme la terre crue ou le bois plutôt que le béton.

Note pédagogique

  • Il est intéressant, ici, de revenir sur les différents types d’habitat dans le monde, étudiés lors de la séquence précédente.

Prolongements

Cette étude du cycle de vie des matériaux peut être étendue à tout ce qui constitue un bâtiment : verre, isolants (laines minérales, polystyrène, liège, cellulose, laines organiques…), peintures, métaux, plastiques, céramiques… Un tel travail prendrait tout son sens dans le cadre d’une étude sur la gestion des déchets. Les propriétés mécaniques des matériaux peuvent également être étudiées à l’école. On peut tester la résistance à la compression, à l’humidité, à l’usure…

 

Séance 2-3 (optionnelle) : Construisons avec différents matériaux

Durée 2 h
Matériel
  • Pour la classe
    • 1 scie
    • ficelle
  • Pour le groupe « béton »
    • Pour le béton
      • 1 grande bassine
      • 1 bâche
      • ciment gris (1 sac de 2,5 kg au moins)
      • 1 seau de graviers
      • 1 seau de sable
      • 1 seau d’eau
      • 1 verre doseur
      • 2 truelles
      • 1 photocopie de la recette du béton (fiche IX)
    • Pour le coffrage
      • planches
      • 4 serre-joints ou 1 marteau + des gros clous
  • Pour le groupe « pisé »
    • 1 bâche
    • 15 kg ou plus de terre à pisé (voir description ci-dessous)
    • 1 pieu ou madrier (grosse planche, de section carrée, servant de pilon)
    • Pour le coffrage
      • planches
      • 6 serre-joints
  • Pour le groupe « torchis »
    • 1 grande bassine
    • 1 bâche
    • 10 kg d’argile « pure » ou terre argileuse
    • 1 gros sac de paille
    • 1 pieu ou madrier (grosse planche, de section carrée, servant de pilon)
    • 1 seau d’eau
    • osier ou petites branches en bois ou petits tasseaux
    • des clous
  • Pour chaque élève
    • vêtements pouvant être salis
    • paire de gants (de vaisselle ou de bricolage)
objectifs
  • Fabriquer un pan de mur selon différentes techniques en fonction du matériau de construction retenu
  • Constater que ces trois matériaux permettent des constructions solides
compétences Manipuler et expérimenter, exercer des habiletés manuelles, réaliser certains gestes techniques
dominante Sciences et technologie
lexique Coffrage, moulage, pisé, torchis, ciment, béton

Avant-propos : quels matériaux se procurer ?

Cette séance a pour objectif de comparer trois matériaux de construction très fréquemment utilisés en France ou dans le monde : le béton, la terre crue (technique du pisé) et le torchis (mélange de terre et de paille). Les élèves constateront que la technique de construction varie en fonction du matériau choisi, et que tous les matériaux permettent des structures solides.

La terre utilisée pour la construction en pisé sera, idéalement, de la terre glaise (terre argileuse contenant des impuretés – cailloux, sable… – allant de quelques millimètres à quelques centimètres). On la trouve en général juste en dessous la couche de terre végétale. Il faut laisser ces impuretés ! La bonne consistance de la terre à pisé est facile à estimer : à partir d’une poignée de terre, si l’on arrive à faire une boule, la consistance est bonne ; par contre, si elle s’effrite, il faut mouiller légèrement.

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Pour la réalisation du torchis, on peut utiliser soit de la terre contenant moins d’impuretés, soit de l’argile pure. Ce matériau est mélangé à de la paille pour faire du torchis. Où trouver de la paille ? Cela peut paraître difficile en milieu urbain… heureusement, il n’en est rien ! On peut se procurer très facilement un peu de paille auprès d’une jardinerie, d’un centre équestre, d’une ferme (pédagogique ou non) ou tout simplement auprès des services municipaux d’entretien des espaces verts. À défaut, on pourra utiliser de la corde (sisal).

Le ciment, quant à lui, se trouve aisément dans n’importe quelle boutique de bricolage. Sa manipulation par des enfants nécessite quelques précautions (masques, gants), mais ne présente pas de difficulté particulière.

Note scientifique

  • Au cours de cette séance, nous allons réaliser des constructions en « béton » : un béton est un matériau constitué de grains (sable, cailloux…) et d’un liant (ciment, eau…) qui maintient la cohésion de l’ensemble.
  • La terre, mélange de cailloux, de sable, de limon et d’argile, est en quelque sorte un béton naturel, dont l’argile constitue le « ciment ».
  • Un béton peut être renforcé par des « fibres » (tiges métalliques pour le béton armé ou paille pour le torchis).

Question initiale

La classe résume ce qui a été vu au cours des précédentes séances, à savoir qu’il existe une grande variété de matériaux utilisés pour la construction dans le monde, mais également dans notre pays. Le maître explique alors l’objectif de la séance : construire quelques pans de mur en béton (au sens « béton de ciment »), terre crue et torchis, en trouvant une technique adaptée à chaque matériau.

Recherche

Chaque groupe d’élèves ne travaille que sur une technique de construction, et dispose du matériel nécessaire (cf. liste donnée en introduction de la séance). Dans un premier temps, les groupes doivent réfléchir à la façon dont ils peuvent utiliser cette matière pour fabriquer un morceau de mur, et écrire leur protocole sur leur cahier d’expériences. L’enseignant veille à ce que les élèves pensent à tous les aspects du problème (mélange, coffrage/ moulage/compactage si nécessaire, séchage…). On ne demande pas aux élèves de « deviner » la recette du béton, qui est donnée dans la fiche IX.

Mise en commun

Chaque groupe expose à la classe entière la technique qu’il a choisie pour construire son morceau de mur. Techniques possibles :

  • Pour le béton : réaliser un coffrage, à l’aide de planchettes en bois par exemple. On se contente alors de couler et laisser sécher le béton avant de retirer le coffrage. On peut calculer le volume du coffrage pour estimer la quantité de béton à fabriquer et ainsi adapter la recette.
  • Pour la terre crue : compacter la terre (construction en pisé). La technique s’apparente à celle du béton : il faut réaliser un coffrage. Cependant, à la différence du béton, il est nécessaire de tasser la terre pour la compacter et rendre l’ensemble plus solide. Le coffrage devra donc être très résistant (clouer ne suffit pas, il faut des serre-joints). Le mur sera bien plus solide si l’on procède par couches successives (on pose une couche de terre, on tasse, on pose une autre couche, on tasse, etc.). Un pilon peut être utile pour le compactage.
  • La technique du torchis consiste à réaliser une ossature légère en bois (tasseaux ou osier), dont on comble les interstices par un mélange de terre et de paille. Si les élèves n’y pensent pas, on peut les aider en leur montrant une photo de maison en torchis (exemple, maison à colombage sur la fiche III).

Note pédagogique

  • Qu’il s’agisse du béton ou de la terre crue, on peut également choisir de construire des briques, puis de les assembler, plutôt que de réaliser le mur d’un seul bloc.
  • Cette option est parfaitement réalisable par les élèves, mais nécessite plus de temps car, après le séchage des briques, il faudra ensuite les lier entre elles à l’aide de ciment (briques de béton) ou d’argile (briques de terre).
  • Lors de la réalisation des briques en terre crue, on pourra utiliser un mélange d’argile et de paille plutôt que de la terre à pisé.

Fabrication

Les différents groupes construisent leurs portions de mur avec le matériau dont ils disposent.

Béton

 

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Coffrage
Fabrication du béton
Après séchage

Pisé (terre crue)

Après décoffrage, on aperçoit les « bandes » caractéristiques de la technique du pisé. Les enfants sont surpris par la dureté de la terre compactée.

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Coffrage
Compactage, par couches successives
Après décoffrage, on aperçoit
les « bandes » caractéristiques de la technique du pisé. Les enfants sont surpris par la dureté de la terre compactée.

Torchis

Le torchis permet des réalisations plus sophistiquées, en raison de la facilité de tressage de l’osier. On peut donc fabriquer un simple pan de mur (à droite, avec des tasseaux), ou une maison (à gauche, avec de l’osier).

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Mise en commun et conclusion (après séchage)

Il est préférable d’attendre un jour ou deux que tout soit bien sec pour retirer les coffrages et comparer les différentes réalisations. À noter que, dans le cas du torchis, la structure en bois ne doit pas être retirée : elle fait partie intégrante de la construction. Les élèves comparent les matériaux et les techniques utilisées. Ce qui les surprend le plus, c’est que même les constructions à base de terre et de paille sont solides (si, bien sûr, elles ont été bien faites !). Le maître revient alors sur les conclusions des précédentes séances, à savoir que ces matériaux sont utilisés dans le monde entier pour la construction, et que leur impact sur l'environnement est bien plus faible que celui du béton.

Variante

On peut ajouter, à cette séance, d’autres matériaux de construction : bois, paille, pierre (avec un mortier à base d’argile)…

Addons