Le climat, ma planète... et moi !

Séquence 4 : Et moi, que puis-je faire ?
Auteurs : david Wilgenbus(plus d'infos)
Nathalie Bois-Masson(plus d'infos)
Alain Chomat(plus d'infos)
Résumé :
- Approcher la notion de développement durable - Comprendre l’intérêt de consommer des produits locaux et de saison - Élaborer des stratégies pour limiter la production de gaz à effet de serre chez soi, dans les transports et en faisant les courses - Responsabiliser enfants et familles (devenir un consommateur citoyen) - Rédiger une charte de l’éco-citoyen, la faire connaître et la mettre en application.
Publication : 15 Avril 2008

Séance 9 : Itinéraire d’une grappe de raisin

Durée 1 heure
Matériel Pour la classe :
- une affiche (feuille A3).
Pour chaque élève :
- une photocopie d’un document présentant l’étal d’un marché (fiche 18). Pour chaque groupe d’élèves :
- une affiche (feuille A3) ;
- un planisphère.
Objectifs - Approcher la notion de développement durable ;
- Comprendre l’intérêt de consommer des produits locaux et de saison.
Compétences - Connaître les différentes formes d’énergie utilisables et leur nécessité pour le chauf fage, l’éclairage, et la mise en mouvement.
- Se repérer sur un planisphère.
Lexique Fruits et légumes de saison, hors saison, exotiques.

La question initiale

L’enseignant interroge les élèves sur leurs habitudes alimentaires, en terme de consommation de produits de saison : Quels fruits mangez-vous en hiver ? Et en été ? Les réponses sont discutées collectivement et notées sur une affiche.

Recherche (étude documentaire)

L’enseignant distribue à chaque élève une photocopie de la fiche 18, montrant l’étal d’un marchand de fruits et légumes. Collectivement, les élèves doivent deviner la saison en ne regardant que les fruits : c’est impossible. Ils sont ensuite invités à prendre en compte d’autres éléments du dessin : certains indices montrent que la scène se déroule en hiver (écharpe, bonnet, gants…)

fiche 18
Fiche 18

Par groupes, les élèves doivent écrire, sur leur cahier d’expériences, le nom des fruits qu’ils reconnaissent, noter et/ou chercher leur origine géographique (pays, continent, hémisphère) et les placer sur un planisphère.

Mise en commun intermédiaire

Les résultats des différents groupes sont présentés au tableau et comparés. Des élèves viennent souligner de couleurs différentes les trois catégories de produits : saison, hors saison et exotiques. Ils remarquent alors que de nombreux fruits hors saison proviennent de l’hémisphère Sud. Comment expliquer cela ? Le décalage des saisons entre les deux hémisphères de la planète permet de fournir à la clientèle des pays du Nord des fruits d’été en plein hiver. L’enseignant attire l’attention des élèves sur les prix affichés, l’éloignement et le trajet parcouru jusqu’en France.
Il pose alors le problème suivant : D’après-vous, faire venir des fruits d’aussi loin, est-ce que cela a un impact sur l’effet de serre ?
Le but de la discussion est de mettre en avant la longueur du transport, l’énergie utilisée et les émissions de gaz à effet de serre qui s’ensuivent.

Recherche

Le maître propose alors aux élèves d’étudier le parcours de deux grappes de raisin, la moitié de la classe pour une grappe venant de France (dans le Bordelais, par exemple), l’autre pour une grappe venant du Chili.
En France, à quel moment de l’année ramasse-t-on le raisin ? A-t-on besoin de manger du raisin toute l’année ? Comment la grappe de raisin est-elle arrivée jusqu’à votre assiette (voiture, camion, train, bateau, avion) ? Sur une affiche, écrivez le chemin parcouru par cette grappe de raisin.
L’enseignant veille à ce que les élèves distinguent toutes les étapes du voyage de la grappe de raisin. Répartis en petits groupes, les élèves écrivent le cheminement de chaque grappe de raisin dans le sens chronologique inverse : de l’assiette à la vigne (les différentes étapes sont détaillées ci-dessous), en s’aidant au besoin du planisphère ou du livre de géographie.

Mise en commun et débat

Les affiches de chaque groupe sont présentées au tableau. Sur le planisphère de la classe, un élève montre les différentes étapes, depuis l’assiette du consommateur jusqu’à la culture chez le producteur.

Les deux parcours types sont comparés et discutés en termes de coût énergétique et d’émissions de gaz à effet de serre.

Notes scientifiques
- Le transport des produits alimentaires sur des milliers de kilomètres pour les faire parvenir aux consommateurs contribue fortement aux émissions de gaz à effet de serre : le transport par avion est environ quarante fois plus émetteur que le transport par bateau ! Le transport routier est quatre fois plus émetteur que le transport ferroviaire et six fois plus que le transport fluvial.
- À titre d’exemple, 1 kg de fraises cultivées en Amérique du Sud et vendues à Paris produit, en tenant compte du transport par avion, 3 kg de gaz carbonique.
- Un pot de yaourt à la fraise peut parcourir plus de 9000 km si on prend en compte le trajet parcouru par chacune des matières premières (fraises, lait, levures, sucre, pot, couvercle, étiquette...).

Conclusion

Petit à petit, la conclusion prend forme : Consommer des produits locaux et de saison permet d’économiser beaucoup d’énergie et de limiter les émissions de gaz carbonique : c’est une attitude que tout le monde peut adopter. C’est un premier pas dans la lutte contre le changement climatique.
En plus du problème de l’économie d’énergie, cette séance permet d’étendre la discussion à la question du coût : Pourquoi, malgré la distance et l’énergie dépensée, ce raisin qui vient du Chili est vendu moins cher que celui produit en France ? On parle alors du problème des inégalités, du salaire des paysans chiliens … ce qui constitue une première approche du développement durable.

Prolongement
La visite d’un marché local, quand elle est possible, est une excellente occasion d’ouvrir la classe sur la vie de tous les jours, et finalement de sensibiliser les élèves à leur environnement. Ils peuvent y mener une enquête en prenant des photos, en interrogeant les commerçants sur l’origine de leurs produits et en observant les préférences des consommateurs, qu’ils peuvent aussi sensibiliser aux conséquences de leurs choix alimentaires sur le réchauffement climatique (voir, pour cela, la séance suivante).

Cette séance est une occasion privilégiée d’impliquer les familles. Elle a pour but de rendre les élèves acteurs de la lutte contre le changement climatique.


Séance 10 : Et moi, que puis-je faire ?

Durée 1 heure 30
Matériel Pour la classe :
- une affiche (format A3).
Pour chaque groupe :
- une affiche (format A3).
Pour chaque élève :
- un document (« La chasse aux mauvais gestes ») (fiche 19) à photocopier.
Objectifs Élaborer des stratégies pour limiter la production de gaz à effet de serre chez soi, dans les transports et en faisant les courses.
- Rédiger une charte de l’éco-citoyen, la faire connaître et la mettre en application.
- Responsabiliser enfants et familles (devenir un consommateur citoyen).
Compétences - Envisager les conséquences de ses actes mettant en jeu la vie collective. - Développer la responsabilité face à l’environnement.
- Participer à l’élaboration collective d’un projet.
Lexique Charte, habitat.

Quelques jours avant

Quelques jours avant cette séance, l’enseignant distribue un document (fiche 19) à chaque élève. Ce document illustre un ensemble de situations de la vie quotidienne avec des acteurs plus ou moins soucieux de l’environnement (une pièce vide avec toutes les lumières et le téléviseur allumés, un automobiliste qui roule à vive allure en ville, un appartement trop chauffé, des robinets qui coulent inutilement…). Les enfants doivent, chez eux, « partir à la chasse aux mauvais gestes ». Le maître peut encourager les élèves à réaliser ce travail avec leurs parents, de façon à impliquer les familles.

fiche 19
Fiche 19

Le jour J : recherche (étude documentaire)

Les élèves ont réfléchi chez eux aux gestes qui, dans leur quotidien, ont un impact négatif sur l’effet de serre. L’enseignant leur demande alors de se répartir en six groupes, qui doivent réfléchir aux gestes concrets qu’ils pourraient faire, avec leur famille, pour limiter la production de gaz à effet de serre. La réflexion peut s’organiser autour de trois axes :
- l’habitat ;
- les transports ;
- les courses (les achats).
Deux groupes travaillent alors sur l’habitat, deux groupes sur les transports, deux groupes sur les achats. L’affiche réalisée en fin de séance 8, qui était une première approche du problème, peut être réutilisée ici.

Note scientifique
Les enfants ne font pas toujours le rapprochement entre consommation d’électricité et production de gaz à effet de serre. La France est en effet un pays particulier puisque sa production d’énergie dépend pour l’essentiel de technologies qui ne produisent pas de gaz à effet de serre (nucléaire et, dans une moindre mesure, hydraulique). Il ne nous paraît pas souhaitable, à l’école primaire, de distinguer l’électricité produite en France de celle des autres pays. Mieux vaut se concentrer sur un message clair, valable partout (car le nucléaire pose aussi des problèmes, notamment dans la gestion des déchets radioactifs) : « économisons l’énergie ».

Mise en commun

Chaque groupe écrit ses propositions sur une affiche, qui est présentée ensuite au tableau, thème par thème (les groupes ayant travaillé sur le même thème viennent ensemble au tableau et présentent leur travail en alternance). La classe fait le bilan des pistes d’action possibles. Elles sont très variées et toutes utiles (pas seulement pour lutter contre le changement climatique !) : Voici quelques exemples (non exhaustifs) de propositions qui peuvent être faites par les élèves :

  • Chez soi
    - Consommer moins d’énergie pour chauffer les habitations (19°C, c’est largement suffisant).
    - En hiver, mettre un pull même dans la maison : pas besoin d’être en T–shirt !
    - En hiver, fermer les volets et tirer les rideaux le soir, pour conserver la chaleur des chambres durant la nuit.
    - Éteindre les appareils lorsqu’on ne s’en sert pas (lumière, ordinateur, imprimante, poste de radio ou chaîne hi-fi...).
    - Limiter le temps passé devant les écrans (télévision, console, ordinateur).
    - Prendre des douches plutôt que des bains.
  • Dans les transports
    - Éviter la voiture pour les petits trajets (aller à l’école à pied, en vélo). – Utiliser les transports en commun. – Pour les longs trajets, préférer le train à l’avion.
  • En faisant les courses
    - Acheter de préférence des fruits et légumes de saison.
    - Préférer les produits locaux.
    - Éviter les produits surgelés et les plats tout préparés.

Chaque élève écrit sur une feuille trois actions quotidiennes (ou plus), parmi celles présentées au tableau, qu’il s’engage à mener chaque jour afin de réduire la production de gaz à effet de serre. Certaines actions sont plutôt le fait des adultes, mais l’enfant peut s’engager à expliquer à ses parents pourquoi ceux-ci doivent les mettre en œuvre.

Élaboration d’une charte

L’engagement personnel de chacun est certes important mais il sera bien plus efficace s’il est communiqué, expliqué et partagé. L’enseignant questionne les enfants : Comment faire pour que le travail réalisé en classe serve aux autres classes par exemple ? Si l’idée d’une charte n’est pas exprimée, l’enseignant la suggère. Dans un premier temps, l’enseignant et les élèves réfléchissent à une présentation possible. À qui est destinée cette charte ? Quels sont ses objectifs ? Comment sera-t-elle communiquée aux autres classes, aux parents... ? Comment présenter ce document ? Comment rédiger les différents articles ?
La charte est rédigée collectivement, soit sur une affiche, soit sur un ordinateur. Elle est ensuite illustrée et reproduite de façon à être distribuée à chaque élève de la classe, qui la signe afin de marquer son engagement, après avoir choisi trois points qu’il mettra en œuvre. La classe élabore ensuite un « plan de communication », les enfants ayant pour mission de faire connaître cette charte au plus grand nombre. Pour cela, ils pourront mobiliser différents acteurs : parents, autres enseignants et élèves de l’école, élus locaux, responsables de centres de loisirs, presse locale, associations…

Charte de l’éco-citoyen de l’école Compayré 2 à Meaux.
charte

Prolongements
Cette charte peut être le premier pas d’une large campagne de communication qui pourrait inclure, par exemple, la mise en place d’une exposition dans l’école ou des actions de sensibilisation sur le terrain : au marché ou au supermarché (voir à ce propos le prolongement de la séance 9), dans des résidences autour de l’école, à la mairie, etc. Les élèves peuvent effectuer une recherche documentaire sur les accords internationaux, déjà ratifiés ou à venir, relatifs au changement climatique.

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