Vénus devant le Soleil

4- Quelle distance depuis la Terre jusqu'au Soleil ?
Auteurs : Mireille Hartmann(plus d'infos)
Résumé :
Schématiser les deux visées selon les rapports x2 et x3 et découvrir la proportionnalité des triangles (théorème de Thalès). Utiliser cette découverte pour compléter d'autres schémas comportant chacun une inconnue. Le 8 juin, respecter les consignes de sécurité pour les yeux (lunettes éclipses). Mesurer in situ (Solarscope) ou sur un croquis à l'échelle les diamètres apparents des deux astres. Procéder au calcul de la distance Terre-Soleil à l'aide de trois indices (données connues des astronomes). Echanger les mesures et les résultats avec d'autres classes impliquées. En prolongement : modéliser le système Terre-Vénus-Soleil (boules et ficelles) à l'échelle de l'image obtenue dans le Solarscope ou à l'échelle du croquis fourni (au 1/10 milliardième). Faire une visée à cette échelle pour retrouver l'impression visuelle du transit. Ensuite, en utilisant l'UA comme unité de mesure, placer Mercure puis Mars, Jupiter… Qu'en conclure ?
Publication : 1 février 2004

Cette séquence se compose de quatre parties :

1. Exploiter la schématisation des visées précédentes
2. Mettre au point les modalités du calcul de la distance Terre-Soleil
3. Préparer la journée du 8 juin
4. Observer le transit et calculer la distance Terre-Soleil


1 - Exploiter la schématisation des visées précédentes

Cette étape est très importante car, en faisant découvrir à vos élèves de façon concrète la proportionnalité des côtés de deux triangles (théorème de Thalès), vous leur ferez entrevoir le mode de calcul de la distance Terre-Soleil.

Schématiser les deux dernières visées

Demandez aux enfants de schématiser d'abord librement sur du papier quadrillé les deux dernières visées de la séquence 3. Après analyse en commun des résultats, on optera pour la convention consistant à relier par deux droites l'œil de l'observateur au disque de Vénus puis à son cercle de projection sur le Soleil.
Dans un premier temps, les deux cercles pourront être vus de face et chaque rapport (x2 et x3) sera matérialisé par des petits disques noirs numérotés sur le cercle de projection, ainsi que par la ficelle divisée en segments égaux, numérotés eux aussi.


Fig. 1 : les 2 schémas des visées de rapport x2 et x3

Ensuite, les deux schémas seront réduits à leurs éléments essentiels, les deux cercles, vus cette fois de profil, étant représentés par leur diamètre vertical, et les deux unités de grandeur étant symbolisées par des lettres : V pour le diamètre de Vénus, et d pour la distance Terre–Vénus. Les élèves constateront que chaque figure se compose de deux triangles « de même forme » du fait du parallélisme de leurs côtés respectifs.


Fig. 2 : les 2 schémas épurés

Découvrir et expérimenter le théorème de Thalès

L'utilisation de papier à petits carreaux facilitera les tracés et mettra en évidence le fameux théorème de Thalès, surtout si les unités choisies (diamètre de Vénus, distance Terre–Vénus) coïncident avec un nombre entier de carreaux. En comptant ces derniers sur les deux côtés orthogonaux de chaque triangle, puis en mesurant le troisième avec un règle graduée et en effectuant une division, les élèves vérifieront que les triangles ont un même rapport régissant leurs côtés respectifs. Ils pourront voir aussi que d'autres rapports communs peuvent apparaître entre les deux triangles.


Fig. 3 : schéma de la visée de rapport x3 montrant
ce rapport commun, ainsi que d'autres

Ensuite, ils expérimenteront le théorème de Thalès en se proposant mutuellement des petits problèmes à résoudre, soit par un tracé géométrique, soit par le calcul.

Expérimenter le théorème de Thalès

En cycle 3 :
Il s'agira pour les enfants de compléter des schémas de visée en utilisant des données initiales géométriques ou numériques, par exemple :


Fig 4 : exemple de 3 tracés à compléter

Au collège :
Il faudra évaluer, dans quelques cas différents, une inconnue x qui figurera dans une égalité de deux rapports, cela de façon très simple en utilisant la célèbre formule « le produit des extrêmes est égal au produit des moyens » :


Fig 5 : schéma accompagné de deux exemples de résolution de problème

Dans nos deux exemples ci-dessus, l'inconnue x représente la distance Terre–Soleil : le calcul final se résume à une simple règle de trois comme celle qui servira le 8 juin pour évaluer l'unité astronomique.

2 - Mettre au point les modalités du calcul de la distance Terre-Soleil

En reconsidérant avec eux la dernière visée et sa schématisation, aidez vos élèves à récapituler les différents éléments intervenant dans le calcul de la distance Terre-Soleil

Les deux diamètres apparents de Vénus

Ils sont représentés par le petit côté de chacun des deux triangles. Pouvoir les évaluer est primordial car ce sont eux qui fourniront le fameux rapport commun. Rappelez aux enfants que le premier, le plus grand des deux, est celui de Vénus vue depuis la Terre et se projetant sur le Soleil : on pourra donc le mesurer le 8 juin, soit sur l'écran d'un Solarscope, soit sur un dessin représentant la réalité.
Le deuxième, plus petit, est celui qu'aurait Vénus si elle – ou plutôt une sœur jumelle – venait se « coller » contre le Soleil pendant le transit : c'est donc le diamètre qu'aurait la planète si elle était vue justement à la distance que l'on cherche à évaluer, la distance Terre-Soleil… (S'il le faut, dessinez rapidement au tableau la figure 12 de la partie Présentation ) Mais alors, n'est-on pas là devant une impasse ?
Annoncez qu' un indice sera fourni le 8 juin pour permettre le calcul de ce deuxième diamètre apparent, mais sans faire intervenir la distance Terre-Soleil, évidemment. Après cela, la division des deux diamètres donnera le rapport indispensable pour procéder au calcul final.

Et la distance Terre-Vénus ?

Effectivement, il ne manquera plus qu'elle puisque, multipliée par le rapport trouvé, elle nous livrera la distance Terre-Soleil. Eh bien, là aussi, un nouvel indice complété par un autre fournira deux données indispensables pour calculer la distance qui nous séparera de Vénus lors de son transit.


Fig. 6 : diagramme montrant le principe du calcul de la distance Terre-Sole il


3 - Préparer la journée du 8 juin

Cette partie va concerner les précautions à prendre pour l'observation du transit, puis, dans le cas de l'utilisation d'un Solarscope , les activités préparatoires à l'observation et à la mesure des deux astres en présence.

Se protéger les yeux efficacement

Rappelons que le Soleil ne doit en aucun cas être regardé directement à l'œil nu ou à travers des filtres improvisés tels que paires de lunettes de soleil superposées, verres noirci à la bougie, diapos ou radiographies, CD, emballages de plastique métallisé, ou autres. En effet, malgré l'impression de « confort » que peuvent donner ces filtres, ils n'empêchent pas le passage de rayons extrêmement nocifs tels que les infrarouges et les ultraviolets : ces rayons vont occasionner des lésions irréversibles de la rétine , lésions d'autant plus redoutables qu'elles seront parfaitement indolores…
Seuls des filtres commercialisés garantissant une totale sécurité devront être utilisés, comme les fameuses lunettes éclipse vendues dans les magasins de matériel d'astronomie : 4 ou 5 de ces lunettes, utilisées par roulement et sous surveillance, devraient être suffisantes pour une classe.

Projeter l'image du Soleil

Cette technique d'observation est idéale car elle offre un double avantage : la meilleure sécurité pour les yeux et la possibilité pour plusieurs personnes à la fois – en l'occurrence cinq ou six élèves – de regarder l'image du Soleil. A défaut de lunette ou de télescope, un Solarscope permet de projeter une image de 12 à 13 cm de diamètre (sur laquelle on peut également observer les taches solaires à condition que la mise au point soit bien faite) : le 8 juin, la planète Vénus y sera parfaitement visible sous la forme d'un petit cercle noir d'environ 3,5 cm de diamètre.
Si vous faites l'acquisition de cet appareil peu coûteux et facile à utiliser, procédez à quelques essais avec vos élèves avant le jour du transit pour les familiariser avec certaines particularités.
En effet, une fois l'image du Soleil obtenue sur l'écran, les enfants remarqueront très vite que cette image « paraît bouger toute seule » et que, « pour la remettre à sa place, il faut bouger un peu le Solarscope ». Mais pourquoi bouge-t-elle, alors que, dans le ciel, le mouvement (dit apparent) du Soleil n'est pas perceptible ? Cela est dû à l'objectif et au miroir « bombé » du Solarscope, lesquels, en grossissant l'image du Soleil, amplifient en même temps la vision de son déplacement par rapport à nous. Sachant que celui-ci est dû à la rotation de la Terre sur elle-même, les élèvent assisteront donc, en direct, à la rotation de la planète sur laquelle ils se trouvent ! (Les appareils des astronomes possèdent un système automatique qui compense ce mouvement, leur évitant d'avoir à rectifier leur visée)

Mesurer à l'avance l'image du Soleil

Afin de gagner du temps le 8 juin, vous ferez mesurer par vos élèves le diamètre de l'image du Soleil obtenue dans le Solarscope. A partir d'une première mesure approximative, faites préparer un gabarit constitué de 5 à 6 cercles concentriques - leur rayon progressant de l'un à l'autre de 2 mm - en utilisant deux couleurs alternées pour faciliter un repérage rapide le moment venu.


Fig. 7 : 2 schémas théoriques (a et b) montrant l'utilisation
d'un gabarit pour mesurer le diamètre de l'image du Soleil

Avec de la colle dite « repositionnable » déposée en divers endroits au dos du gabarit, fixez provisoirement celui-ci sur l'écran du Solarscope. En orientant doucement l'appareil, placez-y l'image du Soleil : si vous remarquez alors qu'elle n'est pas bien ronde mais légèrement ovale , il vous faudra la centrer autour du tube porte - objectif après avoir déplacé aussi le gabarit (dont bien sûr vous aurez évidé le centre). L'image du Soleil, bien que légèrement plus petite (environ 11,5 cm) y gagnera en netteté, et elle débordera suffisamment autour du tube pour que le 8 juin y apparaisse le petit rond noir de Vénus (en haut et à droite comme nous le verrons).
Ensuite, pour la mesure, on fait venir le disque du Soleil bien au centre du gabarit et l'on repère rapidement, soit le cercle avec lequel le disque coïncide (a), soit les deux cercles voisins entre lesquels il s'insère (b) : la valeur de leur rayon permet ainsi de définir (au mieux à 1 mm près) celui de l'image du Soleil. On trace ensuite un cercle de même rayon sur une feuille – écran pour remplacer le gabarit : les enfants s'exerceront à y placer l'image du Soleil, puis à l'y remettre lorsqu'elle se sera déplacée sensiblement.

Préparer la mesure de l'image de Vénus.

Il va s'agir là aussi de faire un gabarit constitué de quelques cercles (noirs cette fois) mais bien sûr, de tout petits cercles compris seulement entre 2 et 4 ou 5 mm de diamètre. Vu leur petitesse, ils ne seront pas concentriques mais placés côte à côte, et il faudra résoudre un double problème : le traçage lui-même et l'épaisseur du trait qui risquera de fausser l'estimation de la mesure…
Une solution existe : en traçant d'abord des cercles un peu plus grands (compris entre 0,5 et 1,5 cm de diamètre) puis en les réduisant à l'aide d'une photocopieuse, l'épaisseur du trait s'en trouvera elle aussi réduite ! Alors, faites vos propres essais (avec s'il le faut plusieurs réductions successives) pour obtenir un trait le plus fin possible tout en restant visible.
Une fois le gabarit obtenu, mesurez du mieux possible les diamètres des cercles, puis fixez-le au bord de la feuille - écran : le jour du transit, en bougeant un peu le Solarscope, il suffira de placer le petit rond noir de Vénus dans chaque cercle pour voir lequel correspondra le mieux au calibre de la planète (voir la figure 9).


4 - Observer le transit et calculer la distance Terre - Soleil

Le matin du 8 juin, espérons que le Soleil sera de la partie ! Néanmoins, même avec un temps plus ou moins nuageux, la durée du transit étant très longue (plus de cinq heures), les chances d'apercevoir Vénus passant devant le Soleil ne seront pas négligeables.

Attention aux yeux !
N'oubliez pas de (re)donner à vos élèves les consignes de sécurité concernant l'observation du Soleil, et ajoutez y celles-ci :
Avant d'utiliser les lunettes-éclipse, vérifier leur parfait état , c'est-à-dire l'absence, dans les parties filtrantes, de toute pliure, rayure ou décollement. Ensuite, pour les personnes n'ayant pas une bonne acuité visuelle, limiter à une dizaine de secondes d'affilée le temps de recherche du petit point noir de Vénus sur le disque solaire. En effet, les conditions seront ici très différentes d'une éclipse de Soleil au cours de laquelle une à deux secondes suffisent pour évaluer à quel stade en est le Soleil en train de s'éclipser. Enfin, dans le cas d'utilisation de lunettes ou de télescopes pour une visée directe du Soleil et non une projection, il conviendra de s'assurer que leurs détenteurs ont pris toutes les précautions requises , notamment l'emploi de filtres appropriés.

Le déroulé du transit

Pour ceux qui auront la chance de pouvoir côtoyer des possesseurs de lunettes ou de télescopes, la vision du double phénomène « l'arc de lumière » et « la goutte noire » sera une très belle entrée en matière (au début du transit, entre 7h 20 et 7h 40 environ), ou une très belle conclusion à la fin du transit (entre 13h et 13h 20 environ.
Pour les autres, regardant à travers leurs lunettes-éclipse, le point noir de Vénus apparaîtra vers le « bas » du Soleil, à gauche, et progressera lentement vers la droite (fig. 8a). Par contre, vu en projection dans un Solarscope, il apparaîtra de manière inversée, c'est-à-dire vers le « haut » et à droite du disque solaire, et progressera vers la gauche (b).


Fig. 8 deux schémas théoriques a et b montrant
les deux visions inversées du transit

En replaçant à chaque fois l'image du Soleil dans le cercle tracé sur la feuille - écran, les élèves vont essayer de garder une trace de la progression de Vénus : ils feront des petits repères toutes les demi-heures environ avec la pointe d'un feutre (pour ne pas avoir à appuyer). Ils constateront que le trajet de la planète n'est pas rectiligne… Pourquoi ? (Parce qu'il résulte d'une combinaison de deux mouvements : la gravitation de Vénus autour du Soleil et la rotation de la Terre sur elle-même.)
Au cours de la matinée, on procédera à la mesure du diamètre apparent de Vénus à l'aide du gabarit déjà en place : en bougeant doucement le Solarscope, on placera le petit rond noir successivement dans chaque cercle du gabarit pour voir avec lequel il coïncidera le mieux : la précision dépendra de la netteté de l'image projetée.


Fig 9 : schéma théorique de la mesure de Vénus lors de son transit

A défaut de Solarscope – ou si le temps ne permet pas de voir le Soleil -, nous reproduisons ci-dessous (fig. 10) un croquis du transit en proportions réelles, c'est-à-dire que le diamètre du petit cercle noir de Vénus fait 3,1% du diamètre solaire . Vous pourrez donc faire dessiner à vos élèves un cercle de diamètre quelconque pour le Soleil et leur demander de calculer celui du diamètre apparent de Vénus.
Par exemple, pour un diamètre de 160 mm pour le Soleil, celui de Vénus fera : 160 mm x 3 /100 = 4,96 mm. (Et bien sûr, si la mesure de ce dernier a pu être faite lors du transit, on pourra vérifier après coup son exactitude.)


Fig 10 : croquis à l'échelle du transit de Vénus devant le Soleil

Calculer la distance Terre-Soleil

Pour commencer, voici les trois indices qui vont permettre à vos élèves d'utiliser les deux éléments qu'ils ont maintenant à leur disposition (un diamètre apparent pour le Soleil et un autre pour Vénus) afin de procéder au calcul de la distance Terre-Soleil :

1. Le diamètre du Soleil est égal 1,4 millions de km.
2. Le diamètre du Soleil multiplié par 30 est égal à la distance Terre-Vénus.
3 . Le diamètre du Soleil est égal à 115 fois le diamètre de Vénus.

Faites découvrir et commenter ces trois indices, notamment le fait qu'ils concernent des diamètres et des distances réels , alors que ça n'est pas le cas pour les deux éléments à notre disposition. Néanmoins, en quoi ces indices peuvent ils nous donner - immédiatement - un éléments supplémentaire pour le calcul final ? Les indices 1 et 2 nous permettent de calculer tout de suite la « vraie » distance Terre-Vénus ! Ainsi, 1,4 millions de km multipliés par 30 font 42 millions de km .
Ensuite, que nous permet de connaître l'indice 3 ? Le diamètre réel de Vénus, c'est-à-dire en divisant 1,4 millions de km par 115. « Oui, diront vos élèves, mais ça ne nous servira à rien ! » Effectivement,, ils auront vu que c'est le diamètre apparent qu'aurait Vénus – ou sa sœur jumelle – « collée » contre le Soleil, qu'il leur faut obtenir pour calculer son rapport avec son autre diamètre apparent , celui du transit. Alors, comment faire ? Amenez les enfants à réaliser que le facteur 115 entre les deux astres réels reste le même quel que soit le diamètre avec lequel on considère le Soleil ! Alors, il leur suffira de diviser par 115 le diamètre de l'image vue dans le Solarscope, ou celle de la figure 10, ou celle qu'ils auront dessinée.


Fig 11 : schéma théorique explicitant l'évaluation du 2ème diamètre apparent de Vénus

Une fois ce petit calcul effectué, à eux le fameux rapport tant convoité ! Ils vont diviser le plus grand des deux diamètres apparents par l'autre (celui qu'ils viennent de calculer) puis multiplieront le résultat par la distance Terre-Vénus, 42 millions de km, pour obtenir la distance Terre-Soleil, c'est-à-dire l'unité astronomique !

Exemple chiffré du calcul de la distance Terre-Soleil

Reprenons le cas d'un cercle-Soleil tracé par les enfants selon un diamètre de 160 mm :
On a vu que le petit cercle noir de Vénus – vue à la distance de 42 millions de km – fera 3,1% de celui du Soleil – vu, lui, à une distance beaucoup plus grande, celle que l'on veut évaluer - : ce 1er diamètre apparent de Vénus fera donc 160 mm x 3,1% = 4,96 mm.
Ensuite, en imaginant la planète contre le Soleil – les deux astres étant vus alors ensemble à une même distance de la Terre -, le facteur 115 entre leurs deux diamètres nous donnera le 2ème diamètre apparent de Vénus, soit 160 mm / 115 = 1,39 mm (ce diamètre apparent étant bien sûr plus petit que le premier).
Le rapport entre les deux diamètres apparents de Vénus est donc celui-ci : 4,96 mm / 1,29 mm = 3,568.
Comme nous l'ont montré les schémas des visées (revoir les figures 1, 2 et 6), cela signifie que la distance Terre-Soleil est 3,568.fois plus grande que la distance Terre-Vénus.
Il en découle que la distance Terre-Soleil , ou unité astronomique (UA) est égale à :
42 millions de km x 3,568 = 149,8 millions de km
Ce résultat correspond à peu près à la valeur de l'UA trouvée précédemment par les astronomes ( 149, 6 millions de km ). Il est un peu trop élevé (et l'écart augmenterait avec des cercles-Soleil de diamètres supérieurs) à cause des valeurs données dans nos trois indices, valeurs qui ont été arrondies pour être plus simples à mémoriser et à utiliser.


En cas d'écart important entre la valeur trouvée par vos élèves et la valeur officielle de l'UA, faites avec eux une recherche d'erreur sur les deux éléments « sensibles » intervenant dans le calcul (les diamètres apparents de Vénus et du Soleil), notamment si les enfants ont pu procéder aux deux mesures avec le Solarscope : ils verront, en jouant sur la valeur de celles-ci, que contrairement au disque solaire, la moindre variation concernant le diamètre du petit disque noir entraîne un écart notable dans le fameux rapport, écart qui se trouve ensuite très amplifié par la multiplication finale. Faites alors calculer, à partir de l'image du Soleil, la valeur qu'on aurait dû trouver pour le petit disque noir de Vénus.
Il sera intéressant également que les classes puissent échanger entre elles leurs mesures et résultats, que ce soit à partir du tracé d'un cercle-Soleil ou à partir des deux mesures effectuées a l'aide d'un Solarscope.

Modéliser le système Terre-Vénus-Soleil

Retour à un jeu de visée qui cette fois représentera la réalité ! Il s'agira d'essayer de retrouver, grâce à cette modélisation, l'impression visuelle obtenue lors du transit .
On partira, soit de l'image du transit obtenue dans le Solarscope, soit de l'image à l'échelle que l'on aura tracée sur une feuille, soit d'un nouvelle image qui sera plus « parlante » pour les enfants : nous voulons dire par là qu'elle sera à l'échelle de… 1/10 milliardièmes !
Dans ce dernier cas, le Soleil aura un diamètre de 140 mm (représentant les 1,4 millions de km réels), et Vénus , 115 fois moins, c'est-à-dire… 1,2 mm !
Le Soleil sera matérialisé – à défaut d'une boule de même calibre – par un disque de bristol fixé sur un crayon. Quant à Vénus, on essaiera de trouver une petite tête d'épingle, sinon, on tracera, avec un marqueur, un point noir sur une languette de Rhodoïd…
Devant cette difficulté de représentation de Vénus (et de la Terre, laquelle a un diamètre comparable), des élèves proposeront sans doute de doubler ces deux mesures, l'échelle devenant alors 1/5 milliardièmes : laissez-les faire tout en sachant qu'ils vont bientôt se heurter à une difficulté inverse du côté des distances…
En effet, déjà au 1/10 milliardièmes, la distance Terre-Vénus (faisant 30 fois le diamètre du Soleil comme on l'a vu) sera de 140 mm x 30 = 420 cm, ou 4,20 m ! Et elle fera donc le double si on prend l'autre échelle !
Ensuite, en multipliant cette distance par notre rapport trouvé tout à l'heure (ou en le recalculant à partir des deux nouveaux diamètres apparents de Vénus) la distance Terre-Soleil sera de 4,20 m x 3,568 = 14,985 m, donc presque 15 mètres ! (et le double avec l'autre échelle…)
En matérialisant avec de la ficelle les distances séparant les trois «mini - astres » Terre, Vénus, Soleil, et en essayant de faire la visée avec eux, les enfants comprendront – vu l'énorme disparité entre les deux sortes de grandeurs, diamètres et distances – pourquoi il n'aurait pas été facile de retrouver lors des premières visées avec des cercles de papier, l'impression visuelle du « vrai » transit de Vénus…

Et si on utilisait une ficelle représentant l'UA pour placer les autres planètes ?

Il sera intéressant d'essayer d'ajouter une à une les autres planètes du système solaire avec une ficelle de 15 m matérialisant l'UA au 1/10 milliardièmes. Pour cela, les élèves utiliseront le tableau ci-dessous afin de déterminer d'une part, les calibres des « mini – planètes » et, d'autre part, le nombre d'UA séparant deux planètes consécutives (donc le nombre de fois qu'il faudra reporter la ficelle d'une planète à l'autre).

PLANETES DIAMETRES
(en km)
DISTANCES AU SOLEIL (en millions de km)
Mercure 4 900 58
Vénus 12 100 108
Terre 12 800 150
Mars 6 800 228
Jupiter 142 900 778
Saturne 12 500 1 427
Uranus 51 100 2 871
Neptune 50 500 4 497
Pluton 2 300 5 913

Tableau des diamètres et des distances
(chiffres arrondis)

De façon pratique, pour obtenir les calibres des « mini – planètes » en millimètres il suffira de placer une virgule après le 4ème chiffre à partir de la droite, puis d'arrondir la valeur en ne gardant qu'un chiffre après la virgule.
Exemple, pour Jupiter : les 142 900 km de son diamètre deviennent 14,3 mm
Côté distances, il faudra diviser chaque nombre par 150 pour savoir à combien d'UA du Soleil se trouve chaque planète, les décimales pouvant ici être arrondies en quarts, tiers ou moitié.
Exemple, pour Jupiter : 778 / 150 = 5,186 UA, c'est à dire 5 UA plus ¼ d'UA.
Ensuite, en soustrayant chaque distance (convertie en UA) de la précédente, on déterminera le nombre d'UA séparant deux planètes consécutives.

Avant de fournir à vos élèves le tableau ci-dessus, faites un petit sondage en leur demandant d'anticiper quelques unes des grandeurs entrant dans la modélisation, donc, quelques diamètres et distances au 1/10 milliardièmes : par exemple, quel diamètre aura Jupiter, et surtout, combien faudra-t-il reporter au total la ficelle de 15 m (l'UA) entre le Soleil et Pluton ? Sans doute seront-ils loin du compte car il en faudra… 40 ! Convertie cette fois en mètres, la modélisation complète s'étendra sur pas moins de… 600 mètres…
Néanmoins, celle-ci peut tout à fait être réalisée – ne serait ce que partiellement – lors d'une sortie, laquelle sera suivie, dès le retour en classe, du repérage sur un plan de la localité (très agrandi) de l'emplacement des planètes successives. Pour terminer, on y tracera leurs orbites, les plus grandes à l'aide d'une ficelle qui cette fois servira de compas.

Grâce à cette modélisation, partielle ou non, vos élèves prendront conscience de l'immensité d'un tout petit coin de notre vaste Univers, et surtout du fait que ce petit coin est avant tout…un grand « vide ». Un grand « vide » enveloppant neuf globes minuscules en rotation autour d'une étoile banale appelée Soleil, parmi lesquels, celui appelé Terre, le seul qui abrite des êtres vivants – et pensant. Gageons que les enfants en éprouveront tout à la fois un sentiment d'émerveillement et d'humilité…


En savoir plus sur la Toile :

- Calculer la distance Terre-Soleil
http://www.imcce.fr/vt2004/fr/fiches.html et http://www.ac-nice.fr/physique/fb/Oly04/html/Plan.html

- Entrer en contact avec d'autres classes
http://www.venus2004.org/sinformer/n/news3246.php?langue=1

- Comment créer un partenariat ?
http://www.imcce.fr/vt2004/fr/corresp.html et http://www.imcce.fr/vt2004/fr/mesure.html