Dangers de l'électricité

Les accidents électriques
Auteurs : Equipe La main à la pâte(plus d'infos)
Résumé :
Les accidents électriques provoquent chaque année en France une centaine de décès. Cinquante pour cent d'entre eux se produisent à la maison. L'autre moitié survient à l'extérieur lors d'un contact avec un conducteur terrestre ou aérien ou encore à cause de la foudre. Alors que le courant continu accessible au grand public est sans danger, le courant alternatif domestique s'avère dangereux.
Publication : 1 Novembre 1997

Les accidents électriques provoquent chaque année en France une centaine de décès. Cinquante pour cent d'entre eux se produisent à la maison (appareils mal isolés, absence de mise à la terre, bricolages défectueux, utilisation d'appareils électriques dans les salles de bain ). L'autre moitié survient à l'extérieur lors d'un contact avec un conducteur terrestre ou aérien (chute sur rail électrifié, ligne de pêcheur heurtant un câble haute tension ) ou encore à cause de la foudre. Alors que le courant continu accessible au grand public est sans danger (pile, accumulateur, courant téléphonique, transformateurs TBT (très basse tension) pour lampes halogènes ), le courant alternatif domestique s'avère dangereux.

Le courant rentre dans le corps humain de deux façons possibles :

  • la victime entre simultanément en contact avec les deux bornes (le neutre et la phase) ; il passe un courant de forte intensité qui brûle les organes situés entre les deux points de contacts (exemple des bébés qui sucent l'extrémité femelle d'une rallonge électrique sous tension) ;
  • le plus souvent, la victime touche involontairement la phase électrique tandis que sa peau nue et mouillée se trouve au contact de la terre, ce qui constitue un circuit fermé : le courant passe à travers n'importe quelle partie du corps humain située entre la phase et la terre.

Les effets du passage du courant alternatif à travers le corps sont de deux types :

  • contractions intenses des muscles, provoquant arrêt cardiaque et blocage des mouvements respiratoires ;
  • brûlures électriques.

La durée de passage du courant dans l'organisme influe sur le temps de détresse respiratoire mais aussi sur le risque cardiaque et la production de chaleur, donc sur la gravité des brûlures.
Les seuils dangereux du courant alternatif sont atteints avec des intensités moindres (environ 4 fois plus faibles) que pour le courant continu. La fréquence de 50 Hz, couramment produite en Europe, est réputée particulièrement dangereuse car elle provoque des contractions musculaires très intenses. Au-delà de 1000 Hz, c'est l'effet thermique qui prédomine.
À partir d'une intensité de 9 milliampères, le courant risque d'entraîner des contractions musculaires ayant pour effet de "coller" la victime au conducteur (par tétanisation des mains) ou au contraire de le rejeter loin de celui-ci, faisant cesser le passage de courant mais exposant la victime à des traumatismes secondaires (chute d'échelle...). Cet effet peut aussi - tant que le courant passe - bloquer la ventilation pulmonaire.
Pour des intensités comprises entre 80 et 100 mA, un courant alternatif de 50 Hz (fréquence du courant domestique en France) passant dans la région du cur risque de provoquer une fibrillation ventriculaire, c'est à dire une contraction anarchique de chacune des fibres musculaires cardiaques qui battent à leur propre rythme ; cet accident est responsable d'une inefficacité de la pompe cardiaque (arrêt circulatoire) et donc d'un état de mort apparente.
Au-delà d'une intensité de 2 à 3 A, il existe un danger d'inhibition des centres nerveux qui peut persister après arrêt du passage du courant et se manifeste, entre autres, par une perte de connaissance immédiate et par des troubles de la ventilation pulmonaire (en arrêt le plus souvent).
La quantité de chaleur dégagée explique la survenue de brûlures liées à l'effet thermique de l'électricité, c'est à dire à l'énergie dissipée le long du trajet du courant. Mesurée en Joules (J), cette production de chaleur est proportionnelle à la tension, l'intensité et le temps pendant lequel est passé le courant (W= U.I t).
Les brûlures électriques s'étendent en profondeur sur tout le trajet du courant qui accompagne le plus souvent les axes de moindre résistance (vaisseaux sanguins et nerfs). En pratique, plus la tension est élevée, plus le risque de brûlure est grand. Le trajet suivi par le courant à l'intérieur du corps est essentiel car la gravité de l'atteinte dépend des organes traversés par l'électricité.