Milieu de vie & environnement

Les plantes et l'environnement
Auteurs : Didier Pol(plus d'infos)
Résumé :
Les êtres vivants sont étroitement soumis aux conditions de leur environnement et ces dernières déterminent leur répartition dans les divers écosystèmes de la planète. C’est particulièrement le cas des plantes qui, contrairement à la plupart des animaux, ne peuvent se déplacer pour changer de milieu, même si l’aire de répartition d’une espèce peut se modifier sous l’action de changements climatiques, comme on l’observe actuellement.
Publication : 11 Septembre 2008

Les êtres vivants sont étroitement soumis aux conditions de leur environnement et ces dernières déterminent leur répartition dans les divers écosystèmes de la planète. C’est particulièrement le cas des plantes qui, contrairement à la plupart des animaux, ne peuvent se déplacer pour changer de milieu, même si l’aire de répartition d’une espèce peut se modifier sous l’action de changements climatiques, comme on l’observe actuellement.

En dehors de l’influence de l’homme, qui a été décisive au cours des temps historiques dans le modelage des paysages, les principaux facteurs influençant la répartition des végétaux sont la disponibilité de l’eau, la température, la lumière, la nature du sol et l’action des autres êtres vivants (bactéries, champignons, animaux herbivores, etc.). D’autres facteurs moins importants, comme le vent, peuvent aussi intervenir.

Si tous ces facteurs agissent en même temps, il suffit que l’un d’eux sorte de la zone de tolérance d’une espèce pour que cette espèce soit éliminée. On définit la zone de tolérance, pour un facteur écologique donné, comme la zone comprise entre la valeur minimale et la valeur maximale compatibles avec la survie de l’organisme considéré. Les végétaux constituent ainsi des groupements naturels caractérisés par un ensemble d’espèces, ensemble différent selon les climats, les régions (altitude et latitude), la nature du sol, etc.

La disponibilité de l’eau est un des facteurs essentiels de la répartition des végétaux. Deux exemples extrêmes, celui des milieux aquatiques et celui des milieux secs, vont nous permettre de souligner l’importance de l’environnement pour la vie et la répartition des plantes.
 

Les milieux aquatiques

Les milieux aquatiques présentent des caractéristiques physiques très différentes de celles des milieux aériens : la densité de l’eau est très supérieure à celle de l’air, sa capacité calorifique et son inertie thermique sont plus élevées, les gaz, en particulier l’oxygène et le gaz carbonique, s’y trouvent sous forme dissoute et leur concentration dans l’eau dépend de la température. En outre, l’eau absorbe la lumière visible, plus ou moins fortement selon la longueur d’onde, et la lumière solaire ne pénètre pas au-delà de 100 m de profondeur. Enfin, l’eau de mer contient une quantité importante de sels dissous, généralement comprise entre 30 et 35 g par litre, ce qui confère au milieu marin des propriétés particulières.

Les plantes vivant dans l’eau peuvent être totalement immergées, comme l’élodée, une plante originaire du Canada qui a envahi la plupart des ruisseaux de France.



Une plante entièrement immergée, l'élodée du Canada


Elles peuvent aussi être en partie flottantes, comme le nénuphar ou simplement enracinées sur le fond, les feuilles restant aériennes, comme les roseaux.
 


Une plante aux feulles flottants, le nénuphar


Les plantes aquatiques sont généralement dépourvues de bois, un matériau fibreux et dur qui assure la rigidité du tronc et des branches. En revanche, elles possèdent souvent des lacunes remplies d’air qui leur permettent d’avoir un port dressé dans l’eau.

Peu de plantes occupent le milieu marin où les végétaux majoritaires sont des algues. Mais les espèces les plus courantes, comme les zostères et les posidonies, qui forment des herbiers à faible profondeur dans les zones côtières sableuses, jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes littoraux. Ces herbiers contribuent à la fixation des fonds et au piégeage des sédiments et du CO2 atmosphérique, ils constituent des zones de frai, de développement des jeunes animaux marins et des lieux propices à l’alimentation de nombreux animaux marins.
 

Les milieux secs

Un milieu peut être physiquement sec, c'est-à-dire être dépourvu d’eau, comme c’est le cas pour les déserts, les étendues de sable ou encore les calcaires fissurés. Un milieu peut aussi être physiologiquement sec, c'est-à-dire que l’eau qui y est présente n’est pas disponible pour les plantes. Ce peut être en raison de l’état physique de l’eau (glace, neige) ou de la présence d’une importante quantité de sels dans le sol. Outre la toxicité directe du sel pour de nombreuses plantes, les milieux salés (dunes côtières, plages, etc.) sont physiologiquement secs car l’eau y est retenue fortement en raison de la présence de sels. Les plantes caractéristiques de ces milieux sont appelées halophytes (du grec halos, sel).

Les plantes vivaces qui occupent des milieux secs présentent divers dispositifs permettant de minimiser les besoins en eau. On les appelle xérophytes (du grec xeros, sec et phuton, plante). Elles possèdent généralement des feuilles recouvertes d’une cuticule imperméable et portant un nombre réduit de stomates (les orifices à travers lesquels se produisent les échanges d’oxygène, de gaz carbonique et de vapeur d’eau) ou d’autres dispositifs limitant la transpiration et donc les pertes d’eau (feuilles réduites ou enroulées sur elles-mêmes, poils épidermiques, feuilles transformées en épines, voire absentes). Elles sont le plus souvent munies de racines très étendues ou de rhizomes très longs, ce qui permet, soit de couvrir une surface très étendue, soit d’atteindre de l’eau en profondeur. D’autres sont dotées de bulbes ou de tubercules qui stockent l’eau à la moindre pluie.

Une autre stratégie existe chez les plantes appelées éphémérophytes, que l’on trouve essentiellement dans les déserts. Elles poussent très rapidement à partir des graines à la moindre pluie et ont un cycle vital très bref qui se termine par la production de nombreuses graines capables de conserver longtemps leur pouvoir germinatif. D’autres possèdent des organes souterrains, comme des rhizomes ou des tubercules, qui restent en vie ralentie pendant les années de sécheresse et redonnent les parties aériennes, tiges et feuilles, dès qu’il pleut.

Enfin, on appelle plantes succulentes (du latin sucus, suc) ou plantes grasses, des plantes dont les feuilles, les tiges ou les racines sont charnues et qui stockent de l’eau en cas de pluie et la consomment pendant les périodes de sécheresse, comme les cactées ou les euphorbes.
 


Quelques cactus