La mémoire du risque | Le site de la Fondation La main à la pâte

La mémoire du risque

Le projet "quand la Terre gronde" met en avant, dans sa séquence 4, un travail sur la perception et la mémoire du risque.

Pour travailler sur la mémoire des catastrophes naturelles ou technologiques, nous vous conseillons également le site Internet de l'Institut pour l'histoire et la mémoire des catastrophes, qui propose des pistes de réflexion et des témoignages : http://memoiredescatastrophes.org/

Ci-dessous, un texte de Serge Tisseron, président-fondateur de l'IHMEC :

Chaque catastrophe a une Histoire : c’est la tentative de reconstituer le passé au plus près de la réalité. Mais elle a aussi de multiples mémoires : ce sont les expériences vécues, et parfois en partie imaginées, des protagonistes du drame et parfois de leurs témoins. Mémoires et Histoire sont dans un échange permanent. L’Histoire officielle permet de créer une mémoire collective qui échappe au risque de l’oubli, tandis que les multiples mémoires individuelles lui donnent le poids de souvenirs et d’émotions qui la rendent vivante. La première est en quelque sorte l’ossature du souvenir tandis que les secondes sont ses muscles et ses nerfs. Autant dire que leur articulation est indispensable. A  défaut, les multiples mémoires individuelles risquent de privilégier le factuel et l’exceptionnel aux dépends d’une vision plus large. Quant à l’Histoire officielle, elle est menacée de passer sous silence des mémoires individuelles qui ne s’y rattachent que partiellement, voire qui la démentent, et elle peut à la limite fragiliser la cohésion sociale en donnant l’impression à certains membres de la communauté que leur histoire à eux en est absente.


Le site http://memoiredescatastrophes.org/ se veut un outil au service de cette indispensable complémentarité. En accueillant tous les témoignages sans souci de vérifier leur authenticité, nous souhaitons en outre rappeler que la mémoire n’est pas que devoir, mais aussi invention, et que son rôle principal est moins de commémorer des morts que de créer de liens entre les vivants de façon à organiser un avenir différent. Chacun des déposants apporte non seulement un regard différent, mais aussi complémentaire du fait des spécificités inhérentes au positionnement de chacun. Et cette complémentarité participe aussi à la résilience des générations actuelles et futures en les préparant à faire face à des drames dont on sait aujourd’hui qu’ils sont inévitables.
La connaissance des événements du passé nourrie des échanges intergénérationnels autour d’eux constitue en effet une clé essentielle de la capacité de nos enfants à surmonter les aléas du futur. Elle leur permet de prendre conscience de leurs possibilités et de se penser comme acteur en lien avec les autres. Elle participe de cette façon à ce que la résilience porte de meilleur : la confiance en soi et dans le monde, sans exclusive. Cette rencontre a un cadre naturel, c’est la famille. C’est à travers les multiples échanges familiaux que les mémoires individuelles donnent sa chair à l’Histoire en même temps qu’elles y trouvent leur cadre et leurs limites, comme les pièces d’un manteau d’Arlequin. C’est pourquoi le site Mémoiredescatastrophes.org est placé sous le signe des  échanges entre les générations.

 

Partenaires du projet

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