Séquence 4 - Ma commune face aux risques | Le site de la Fondation La main à la pâte

Séquence 4 - Ma commune face aux risques

Cette séquence a été conçue avec le concours de l’association "Prévention 2000". Elle s’appuie sur la méthodologie "Memo’Risks" , projet pilote de l’UNESCO, et "Bonne Pratique 2010" pour les Nations unies (UN-ISDR).

 

Avant-propos

Cette séquence est destinée à l’étude d’un risque local, a priori autre que volcan, séisme ou tsunami (sur lesquels nous avons déjà travaillé précédemment) : inondation, feu de forêt, mouvement de terrain, avalanche, cyclone, tempête... Le choix du risque étudié dépend du territoire sur lequel est implantée l’école. Si la commune n’est concernée par aucun risque naturel (cas rare), alors cette séquence n’a pas lieu d’être. Le projet concerne les risques naturels... et pas les risques majeurs en général (qui incluent les risques technologiques). Pour une justification de ce choix, lire la note pédagogique du début de la séance 4-1. En plus du risque lui-même, nous nous intéresserons à la façon dont les habitants de la commune le perçoivent.

Travail préliminaire pour l’enseignant

En amont, l’enseignant doit prendre connaissance des risques naturels présents sur la commune de son école, et en choisir un en particulier, qui sera étudié dans cette séquence. Ce choix est, heureusement, très facile à faire, grâce au site Internet http://macommune.prim.net

En entrant le nom de sa commune sur ce site, on accède à la liste des risques naturelsqui la concernent, ainsi qu’à l’ensemble des arrêtés de catastrophes naturelles enregistrés dans cette commune (très pratique pour en faire l’historique, ou pour ensuite chercher des informations dans la presse locale, par exemple). Quelques semaines à l’avance, l’enseignant doit prendre contact avec la mairie (élu ou services techniques), car plusieurs séances nécessiteront l’aide d’une personne qualifiée. Une lettre type est jointe en Annexe (fiche 43). L’expérience acquise dans le projet "Memo’Risks" montre que, bien souvent, la mairie est ravie de participer à un tel projet, de même que la presse locale (en particulier le journal municipal). Néanmoins, dans le cas où personne, à la mairie, ne pourrait accompagner la classe, on pourra s’adresser à des associations locales, aux services préfectoraux, au gestionnaire du bassin-versant, etc.

Bon à savoir

- Les communes soumises à un risque naturel font l’objet d’un Plan de prévention des risques (PPR).
- Elles ont l’obligation légale de concevoir un Plan communal de sauvegarde (PCS) et un Document d’information communal sur les risques majeurs (DICRiM).
- Ce DICRiM, outil de communication, apportera de précieux renseignements pour la mise en oeuvre de ce module.
- Le site portail htttp://www.prevention2000.org recense les ressources pédagogiques disponibles sur Internet par typologie de risque.

Mémo

Voici ici résumées les différentes étapes de cette séquence, afin d’en faciliter la préparation.

Séance

Intitulé

Date

Action

   

1 mois avant le début

- Identifier les risques sur la commune
- Identifier l’élu et/ou le technicien en charge des risques majeurs
- Envoyer le courrier (fiche 43)

   

15 jours avant le début

- Confirmer le choix du risque avec les services techniques
- Recenser l’iconographie disponible en mairie
- Récupérer des cartes de la commune
- Evoquer avec l’élu la valorisation de l’enquête au sein de la commune (avec les parents, publication dans le journal de la ville...)

1

Qu’est-ce qu’un risque majeur ?

 

- Adresser aux parents d’élèves l’autorisation de droit d’image

- Confirmer la venue des services techniques pour la séquence 4-2

2

Quel risque dans ma commune ?

 

- Informer la presse locale sur la sortie terrain
- Prendre contact avec la caserne des pompiers

3

Sortie sur le terrain

 

- Confirmer le rdv caserne des pompiers

4

Visite d’une caserne de sapeurs- pompiers

 

 

5

Bilan d’étape

 

- Fixer avec l’élu la date pour la séance finale (dite séance de "restitution")
- En lien avec les services techniques, prise de contact pour le(s) reportage(s)

6

Enquête auprès des parents (élaboration du questionnaire)

 

- Confirmer le(s) rdv reportage(s)
- Distribuer le questionnaire aux parents d’élèves

7

Comment le risque est-il perçu ? (dépouillement de l’enquête)

 

Inviter pour la restitution :
- parents d’élèves
- directeur de l’école
- élu et services techniques
- hiérarchie Education nationale
- personnes sollicitées pour reportage
- presse locale

8

La mémoire du risque

 

 

9

Restitution (Préparation)

 

- Prévoir boissons et gâteaux et décoration pour la restitution officielle
- Relancer les invitations pour la restitution

10

Restitution

   

 

Sommaire détaillé :

 


Séance 4-1 : Qu’est-ce qu’un risque majeur ?

durée

1 heure

matériel

Pour chaque élève, une photocopie de :
- la fiche 44
- la fiche 45

objectifs

Savoir qu’un risque majeur est caractérisé par sa rareté, sa violence et son impact à grande échelle sur les personnes, les biens ou l’environnement

compétences

Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable, et agir en conséquence

dominante

Sciences

lexique

Aléa, enjeu, risque, catastrophe

 

Question initiale

Le maître demande aux élèves, collectivement, de lister toutes les catastrophes naturelles (ou risques naturels... on précisera au cours de la séance) auxquelles ils pensent. En voici la liste exhaustive (selon la catégorisation issue du ministère du Développement durable), accompagnée de quelques remarques et exemples simples qui pourront s’avérer utiles dans la discussion avec les élèves.

Eruption volcanique

Ex. : montagne Pelée en Martinique en 1902 (28 000 morts) ou volcan islandais Eyjafjäll en 2010 (enjeux économiques : aviation civile)

Séisme

La Terre compte en moyenne un séisme toutes les 30 secondes ; la plupart ne sont pas ressentis
Ex : Haïti en 2010 (plus de 200 000 victimes) ou Japon en 2011 (peu ou pas de victimes directes du séisme)

Tsunami

Submersion causée par un phénomène gravitaire : séisme, mouvements de terrain, chute de rochers ou de météorite
Ex. : Sumatra 2004 (280 000 morts) ou Japon 2011 (30 000 morts)

Raz de marée

Submersion causée par un phénomène météorologique : tempête, cyclone
Ex. : Nouvelle-Orléans 2005 (Katrina) ou Vendée 2011 (Xynthia)

Inondation

La catastrophe la plus répandue dans le monde
Ex. : Pakistan 2010 (20 millions de personnes déplacées) ou France, Var 2010 (25 morts)

Avalanche

30 à 40 morts par an en France ; l’imprudence est souvent la cause des décès

 

Cyclone/ouragan/typhon
(même phénomène qui change de nom selon les régions du monde)

Les vents peuvent dépasser 250 km/h et la dépression peut couvrir un territoire de plusieurs centaines de km²
Les cyclones, comme les tempêtes, reçoivent chaque année un nom choisi par un institut scientifique, qui alterne noms féminins et noms masculins (Chris, Chantal, Cristobal, Claudette...)
Ex. : Katrina (2005 USA)

Tempête

Des vents supérieurs à 90 km/h, et jusqu’à plus de 200 km/h
Ex. : Lothar et Martin (France 1999), Xynthia (France 2010)

Tornade

Phénomènes très localisés et très violents, les vents peuvent dépasser les 400 km/h
Ex. : 2011 USA, plusieurs centaines de tornades et plus de 300 morts

Feux de forêt

Un risque très courant, souvent causé par l’imprudence ou la malveillance 22 000 ha sont brûlés en moyenne chaque année en France

Mouvement de terrain
(cavité souterraine, chute de blocs, glissement de terrain... les mouvements de terrain rassemblent des phénomènes très divers et très courants)

Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements, plus ou moins brutaux, du sol ou du sous-sol, d’origine naturelle ou anthropique. Les volumes en jeu sont compris entre quelques mètres cubes et quelques millions de mètres cubes. Les déplacements peuvent être lents (quelques millimètres par an) ou très rapides (quelques centaines de mètres par jour)

Note pédagogique
La notion de risque majeur est plus large que celle de risque naturel, puisqu’elle englobe également le risque technologique (exemples : risque nucléaire, rupture de barrage, transport de marchandises dangereuses...). Les risques technologiques nécessitent souvent des connaissances hors de portée de l’école primaire (nucléaire, chimie...), et une information impartiale est plus délicate à obtenir dans la mesure où cette information vient, souvent, des exploitants eux-mêmes, ou d’associations "anti". De tels sujets d’étude peuvent alors facilement devenir polémiques et anxiogènes pour de jeunes enfants. Pour toutes ces raisons, nous préférons nous restreindre aux risques naturels dans ce projet. Malgré tout, si certains risques technologiques sont évoqués par les élèves, on doit en tenir compte. On peut, par exemple, proposer de classer les différents risques en deux catégories (à définir par les élèves, mais probablement naturels / technologiques).

 

Recherche (étude documentaire)

L’enseignant distribue la fiche 44 et les élèves doivent répondre, individuellement, à la consigne. Ce document illustre deux situations où un même phénomène naturel (comme un mouvement de terrain) peut avoir des conséquences ou non sur des populations. Dans un cas, on parlera alors de risque majeur, et pas dans l’autre.

 

Mise en commun

La discussion collective permet de mettre en évidence le fait qu’un phénomène naturel, même violent et spectaculaire, n’est pas forcément un risque majeur.
L’enseignant introduit alors le vocabulaire consacré :
- Le phénomène naturel (par exemple, la falaise qui menace de s’effondrer) est appelé un "aléa" (on peut chercher des mots de la même famille, comme aléatoire, qui comporte une notion de hasard)
- Les personnes, l’environnement ou les biens (équipements...) qui sont menacés sont appelés des "enjeux" (on peut faire une comparaison avec le vocabulaire sportif : les enjeux, c’est ce qu’on risque de perdre ou gagner).
- Le "risque majeur" est la confrontation d’un aléa avec des enjeux. S’il n’y a pas d’enjeu, il n’y a pas de risque ; par exemple, un séisme dans le désert ne menace personne.
- Lorsque le risque se produit, on parle alors de "catastrophe naturelle".
La classe élabore ainsi une définition de ce qu’est un risque naturel majeur en insistant sur les caractéristiques suivantes : rareté (il ne s’agit pas de quelque chose qui se produit tous les jours, mais de façon exceptionnelle), violence (impact à grande échelle, rapidité...) et gravité (pour l’homme, l’environnement ou les biens). On peut aussi écrire la définition qu’en donnait Haroun Tazieff : "La définition que je donne du risque majeur, c’est la menace sur l’homme et son environnement direct, sur ses installations, la menace dont la gravité est telle que la société se trouve absolument dépassée par l’immensité du désastre."
L’enseignant distribue une seconde fiche documentaire (fiche 45) à chaque élève. Cette fiche présente différentes situations, pour lesquelles on doit déterminer quel est l’aléa, quels sont les enjeux, et s’il s’agit d’un risque majeur ou non.
Ce travail peut être fait collectivement, le maître veillant à la bonne utilisation du vocabulaire défini précédemment.



Classe de CM2 de Pascale Cros (Foix)

Conclusion et trace écrite

La conclusion de la séance est la définition du risque majeur établie plus haut. Elle est notée dans le cahier d’expériences et accompagnée par les fiches documentaires complétées par les élèves.

Note pédagogique
La notion "scientifique" de risque est une notion probabiliste. Le risque est la composante de l’aléa (probabilité que l’événement survienne, pour une certaine intensité) et de la vulnérabilité (dégâts prévisibles, conséquences de l’aléa sur les enjeux). Ici, à l’école primaire, on se contentera de définir le risque comme le croisement entre l’aléa et les enjeux, sans s’attarder sur des calculs de probabilité.

 


Séance 4-2 : Quel risque dans ma commune ?

durée

1 heure

matériel

 

objectifs

- Connaître le risque (ou un des principaux risques) auquel sa commune est confrontée
- Rencontrer un acteur des services techniques municipaux, en charge de la pré
- vention des risques

compétences

- Connaître les principaux caractères géographiques physiques et humains de la région où vit l’élève
- Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable, et agir en conséquence

dominante

Géographie


Cette séance se base sur la venue d’un intervenant extérieur, si possible un membre des services techniques municipaux. Cette personne présente succinctement les risques auxquels la commune est exposée, puis explique aux élèves en détail le risque qui a été préalablement, identifié et choisi en concertation avec l’enseignant.
Au cours de cette séance, les élèves vont poser des questions à cet intervenant, portant sur la nature du risque, sa gravité (en quoi est-il un risque majeur ?), sa fréquence, les enjeux et zones géographiques concernés, les conduites à tenir, etc. De préférence, ces questions auront été préparées à l’avance par le maître et les élèves.



Classe de CM2 de Pascale Cros (Foix)

Note pédagogique :
Il faudra faire attention à ne pas se disperser avec des questions sur l’ensemble des risques, mais à bien conserver le risque naturel sélectionné comme fil conducteur.

Les informations sont notées dans le cahier d’expériences. Elles seront reprises, plus tard, pour préparer la restitution finale.
A l’issue de cette séance, l’enseignant annonce aux élèves qu’ils vont faire une sortie scolaire afin de voir, dans la ville, comment ce risque se manifeste.
Les élèves ont pour consigne de ne pas raconter (pour l’instant) à leurs parents ce qu’ils ont fait au cours de cette séance (ni au cours de la sortie qui va suivre)... car, prochainement, ils devront faire une enquête afin de vérifier si leurs parents sont bien informés et conscients du risque, et s’ils connaissent les acteurs concernés ainsi que les conduites à tenir.

 


Séance 4-3 : Sortie sur le terrain

durée

1 heure

matériel

Pour chaque groupe :
- appareil photo numérique
- carte de la ville

objectifs

- Connaître le risque (ou un des principaux risques) auquel sa commune est confrontée
- Rencontrer un acteur des services techniques municipaux, en charge de la prévention des risques

compétences

- Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable, et agir en conséquence
- Connaître les principaux caractères géographiques physiques et humains de la région où vit l’élève, les repérer sur des cartes à différentes échelles
- Lire et utiliser textes, cartes, croquis, graphiques

dominante

Géographie

Cette séance, très importante, va permettre aux élèves de "toucher du doigt" le risque auquel la commune est confrontée. Elle suppose d’être guidée par un acteur des services techniques de la mairie (si possible, le même qui est venu présenter le risque à la séance précédente).



Classe de CM2 de Jean-François Ortemann (Vendôme, risque = inondation)

Les élèves découvrent, concrètement, sur le terrain, comment se manifeste le risque : quelles sont les zones concernées, que reste-t-il des traces de catastrophes naturelles passées, que faire pour limiter l’impact de futurs événements... La classe réalise un mini-reportage (notes, photos)... et peut également convier à cette sortie un journaliste de la presse locale (journal municipal...), souvent très intéressée par ce genre d’intervention, car elle permet de mettre en avant la dimension civique et citoyenne du travail réalisé dans les écoles, et la coopération de la municipalité.


 
Classe de CM2 de Pascale Cros(Foix, risque = mouvement de terrain)

Notes pédagogiques
- En cas d’intervention de la presse, il convient de respecter le droit à l’image, en demandant au préalable une autorisation parentale.
- Si l’enseignant se propose de réaliser une "carte des risques" (Prolongement de la séquence4-5), il conviendra de demander aux élèves d’identifier et de repérer sur la carte de la ville les enjeux rencontrés lors de la sortie.
- Il est préférable de choisir le ou les "élèves photographes" avant la sortie. D’une part, cela simplifiera les problèmes de transfert des photos sur l’ordinateur de la classe (prévoir les câbles nécessaires), et, d’autre part, les enfants risquent d’être plus concentrés sur la manipulation de l’appareil et la prise de vue que sur les commentaires du guide.

 


Séance 4-4 : Visite d’une caserne de sapeurs-pompiers

durée

1 heure

matériel

Appareil photo numérique

objectifs

- Rencontrer un des acteurs majeurs de la gestion de crise : le sapeur-pompier
- Savoir quelles sont les conduites à tenir en cas de catastrophe naturelle

compétences

- Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable, et agir en conséquence

dominante

Géographie

Au cours de cette séance, la classe visite une caserne de pompiers. Cette seconde sortie est très complémentaire de la précédente.
Outre qu’elle est très motivante pour des élèves de l’école primaire, elle permet de comprendre comment est gérée une catastrophe naturelle, quand elle survient, et quelles sont les bonnes conduites à tenir. Elle permet également la découverte d’un métier.



Classe de CE2/CM1 de Nathalie Caissial (Nancy)

L’enseignant aura pris la précaution d’expliquer aux pompiers que cette visite a un but bien particulier (il ne s’agit pas uniquement de savoir ce que fait un pompier au quotidien), qui est de comprendre comment les pompiers interviennent dans un cas précis (exemple : inondation, si c’est le risque choisi comme sujet d’études) : quels sont les enjeux les plus menacés, comment aider les personnes malades, à mobilité réduite ou très âgées, comment l’alerte est-elle donnée, etc.

Dans ce cas également, la sortie est précédée d’un temps de travail en classe pendant lequel on va lister les questions que l’on souhaite poser aux sapeurs-pompiers.

 


Séance 4-5 : Ma commune face au risque (bilan)

durée

1 h 30

matériel

Photos et notes prises lors des deux sorties de classe (sur le terrain / à la caserne)

objectifs

Faire le bilan concernant le risque naturel étudié

compétences

- Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable, et agir en conséquence
- Connaître les principaux caractères géographiques physiques et humains de la région où vit l’élève, les repérer sur des cartes à différentes échelles
- Lire et utiliser textes, cartes, croquis, graphiques
- Rédiger un texte d’une quinzaine de lignes (compte rendu) en utilisant ses connaissances en vocabulaire et en grammaire

dominante

Géographie

 

Mise en commun

De retour en classe, après l’intervention d’un membre de l’équipe municipale et deux sorties scolaires (sur le terrain, à la caserne de pompiers), il est temps de dresser un bilan de ce que l’on sait du risque dans la commune.



Proposition (avant correction) de la classe de CM2 de Jean-François Ortemann (Vendôme)


La classe réalise une ou plusieurs affiches sur lesquelles sont notés :
- Quel est le risque (aléa, enjeux).
- Comment celui-ci se manifeste sur le territoire de la commune.
- Ce que font les pouvoirs publics pour protéger la population.
- Comment une éventuelle catastrophe naturelle serait gérée (collectivement), et quels sont les gestes à adopter (individuellement).
Ces affiches sont tout d’abord réalisées par petits groupes (chaque groupe travaillant sur une seule affiche), puis discutées, illustrées et finalisées en classe entière. Les notions d’aléa, d’enjeu et de risque sont révisées avec profit à cette occasion.
Les affiches seront exposées, plus tard, lors de la restitution de l’enquête.
L’enseignant explique alors aux élèves qu’ils sont désormais très bien informés sur le risque... mais que ça n’est peut-être pas le cas de tout le monde, y compris des adultes. Pour le savoir, on va procéder à une enquête, en proposant un questionnaire aux parents d’élèves.

Prolongement
Dessiner la carte du risque. Prendre un plan de la ville, situer l’école, et pointer toutes les zones dans lesquelles l’aléa peut se propager (zone inondable par exemple). Autour de l’école, dans une zone impactée par l’aléa, on définit les enjeux : tout ce qui est susceptible d’être touché : habitants, services publics, commerces et autres acteurs économiques, équipements. Ce travail peut se faire à l’aide de calques : un calque avec le plan de la ville, un autre avec l’aléa, et undernier avec les enjeux. La superposition des calques donne une vision du risque sur la commune.

 


Séance 4-6 : Enquête auprès des parents
(élaboration du questionnaire)

durée

1 heure

matériel

Un ordinateur (avec traitement de texte ou tableur)

objectifs

Préparer le questionnaire qui servira de support à l’enquête

compétences

Rédiger un texte d’une quinzaine de lignes (interview) en utilisant ses connaissances en vocabulaire et en grammaire

dominante

Français

 

Question initiale

L’enseignant explique qu’un aspect important dans la prévention des risques est l’information des habitants. Pour cette raison, il faut savoir si la population est bien consciente du risque, et si elle sait comment s’en protéger.
Le maître explique que l’enquête sera réalisée auprès des adultes. En priorité, les parents d’élèves de la classe... mais aussi, pourquoi pas, les parents des autres élèves de l’école.

Note pédagogique
Cette enquête permet un travail en français (réaliser un questionnaire, réaliser une synthèse), en mathématiques (compiler et analyser les données), tout comme en instruction civique (communiquer les résultats aux élus, aux parents...).

 

Recherche

Les enfants sont répartis en petits groupes et doivent préparer une liste de 5 questions à inclure dans le questionnaire.
Auparavant, le maître a expliqué que ces questions doivent être des "questions fermées" (on ne répond pas ce que l’on veut). Il doit s’agir de questions à choix multiples, ou, plus simplement, de questions auxquelles on doit pouvoir répondre par "oui", "non" ou "je ne sais pas".
Les questions ne portent que sur le risque étudié, et davantage sur la perception que les adultes ont du risque local que sur leurs connaissances "scientifiques".
Pour guider et orienter la réflexion, l’enseignant peut proposer une première question, par exemple :
"Savez-vous si la commune a déjà connu une catastrophe naturelle (du type de celle étudiée) ?" ou "Jugez-vous ce risque grave/pas grave ? fréquent / pas fréquent ?"...

 

Mise en commun

Chaque groupe dicte ses questions à l’enseignant, qui les fait discuter par toute la classe. La difficulté réside dans la nécessaire limitation du nombre de questions, pour éviter d’avoir, in fine, trop de données à dépouiller.

Note pédagogique
Si le questionnaire s’adresse aux parents des élèves de la classe, il peut contenir une douzaine de questions. S’il doit diffuser plus largement (tous les parents de l’école, par exemple), alors il doit se restreindre à 5-6 questions. L’enseignant veille à ce que la formulation des questions soit correcte et permette, effectivement, une réponse fermée. Il supervise la finalisation collective du questionnaire.
Ci-dessous, un exemple de questionnaire réalisé pour le risque "inondation" (attention, ce n’est qu’un exemple : le questionnaire doit être conçu par la classe !). D’autres exemples de questionnaires peuvent être trouvés sur le site www.memorisks.org.

Questionnaire réalisé par :

Date :

Savez-vous qui est chargé de vous informer sur le risque inondation ?

oui
non

Est-ce :

La mairie
Le conseil général
La région
La préfecture
La presse locale
Les associations locales
Le Ministère du Développement Durable

Savez-vous ce que contient le Document d’information communal sur le risque majeur (DICRiM) ?

oui
non

Pensez-vous que votre ville puisse être inondée ?

oui
non
ne sais pas

Savez-vous si cela s’est déjà produit dans le passé ?

oui
non

Pensez-vous être mieux protégé aujourd’hui qu’hier ?

oui
non
ne sais pas

Pensez-vous que votre rue puisse être inondée :

plusieurs fois par an
une fois par an
une fois tous les 10 ans
une fois par siècle
encore moins que cela

Cela vous inquiète-t-il ?

beaucoup
un peu
pas du tout

Vous rappelez-vous avoir reçu une information à ce sujet ?

oui
non

Souhaiteriez-vous recevoir plus d’information sur ce sujet ?

oui
non

Connaissez-vous des moyens de vous en protéger ?

oui
non

Votre sous-sol est-il aménagé ?

oui
non
ne sais pas

Lorsqu’une alerte survient, faut-il :

aller chercher les enfants à l’école
demander à une personne proche de l’école d’aller chercher les enfants
téléphoner à l’école pour savoir quoi faire
rester à mon travail ou chez moi

 

Mise au propre

L’enseignant peut mettre le questionnaire au propre lui-même (traitement de texte ou tableur), ou le faire faire par quelques élèves (prévoir une demi-heure supplémentaire).

 


Séance 4-7 : Comment le risque est-il perçu ? (dépouillement de l’enquête)

durée

1 h 30

matériel

Pour la classe :
- les questionnaires remplis
- (facultatif) : un ordinateur, avec tableur
- une affiche

objectifs

Dépouiller et interpréter les résultats de l’enquête sur la perception du risque par les habitants

compétences

- Exprimer et exploiter les résultats d’une recherche en utilisant un vocabulaire scientifique à l’écrit ou à l’oral
- Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable et agir en conséquence

dominante

Sciences

 

Mise en commun

Le dépouillement de l’enquête se fait collectivement. En raison du nombre de données collectées, nous conseillons au maître de procéder, non pas fiche par fiche, mais question par question (exemple : "Levez la main, ceux qui ont une réponse "oui" à la question 1").
Ainsi, les résultats apparaissent progressivement au tableau. Ces derniers peuvent être mis au propre sur un tableur, ou directement saisis par le maître ou les élèves. Ceci n’a rien d’obligatoire, puisque le traitement qui est fait des données est élémentaire : on se limite à compter le nombre de réponses "oui", "non"... et, éventuellement, à calculer des pourcentages (Prolongement en mathématiques).

Trace écrite et conclusion.

Les résultats sont notés dans le cahier d’expériences, et la classe les interprète, collectivement.
Nos parents (ou voisins...) ont-ils conscience du risque ? Savent-ils qui est responsable de leur protection ? Connaissent-ils les moyens mis en Å“uvre pour prévenir ce risque ? Savent-ils quoi faire en cas de catastrophe naturelle ?
En fonction de la nature du risque, et de l’actualité (y a-t-il eu une catastrophe naturelle récemment ?), les résultats peuvent être très variés.

Note pédagogique
Les traces écrites doivent être aussi complètes et précises que possible, car elles serviront, plus tard, à préparer une affiche pour la séance de restitution.

La mémoire des événements passés est essentielle pour comprendre les risques du présent ; le témoignage des anciens constitue souvent une mine d’information. C’est le but de la séance suivante.
 


Séance 4-8 : La mémoire du risque

durée

1 heure

matériel

Pour la classe :
- un appareil photo numérique
- un dictaphone ou un caméscope

objectifs

Interroger une personne ayant la mémoire d’une catastrophe naturelle survenue dans la commune

compétences

Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environ
- nement et au développement durable et agir en conséquence

dominante

Géographie

 

Note pédagogique
Cette séance, intéressante ne serait-ce que pour son dialogue intergénérationnel, devient quasi incontournable dès lors qu’aucune catastrophe naturelle n’a été enregistrée dans un passé trop récent. La population peut alors avoir oublié en quoi consiste le risque, et comment agir. La mémoire des "anciens" est alors très instructive. L’enseignant peut demander l’appui des services de la mairie qui ont, quelquefois, une bonne idée sur la ou les personnes à contacter. Si la dernière manifestation du risque est trop ancienne pour espérer recueillir la mémoire de l’événement, des reportages de substitution peuvent être suggérés par la mairie (ilotier, acteur de la prévention...).

Préparation

Quelques jours avant, l’enseignant a évoqué avec ses élèves la possibilité d’interviewer des personnes ayant connu de telles catastrophes dans le passé. La question s’est alors posée de savoir qui interroger. Les possibilités sont multiples : grands-parents ou arrière-grands-parents des élèves, pensionnaires de la maison de retraite, etc. L’important est que les personnes vivent dans la commune (ou y aient vécu à l’époque de l’événement).
La classe a ainsi identifié une ou plusieurs personnes à interroger, et a préparé quelques questions.

Interview

Le jour J, cette personne est invitée à venir témoigner de son expérience dans la classe. Les élèves l’interrogent sur la mémoire qu’elle a de cet événement. Si l’interview est pertinente, un témoin suffit ; s’il reste des zones d’ombre, plusieurs témoins peuvent être interrogés.
L’entretien donne lieu à des enregistrements et quelques photos, qui seront utilisés lors de la restitution finale (séance suivante).
 


Séance 4-9 : Préparation de la restitution de l’enquête

durée

1 heure

matériel

 

objectifs

Préparer la restitution de l’enquête (questionnaire, entretiens, visites...)

compétences

- Rédiger un texte d’une quinzaine de lignes (compte rendu) en utilisant ses connaissances en vocabulaire et en grammaire
- Mobiliser ses connaissances pour comprendre quelques questions liées à l’environnement et au développement durable et agir en conséquence
- Utiliser l’outil informatique pour présenter un travail

dominante

Français

Note pédagogique
La restitution (incluant cette séance de préparation) constitue l’évaluation, collective, de cette séquence.

L’enquête réalisée sur le risque dans la commune comporte plusieurs éléments :
- Un reportage de la visite sur site.
- Un reportage sur la visite à la caserne des pompiers.
- Le questionnaire commenté des parents d’élèves.
- Une ou plusieurs interview(s) de témoins de catastrophes passées (ou d’un acteur de la prévention des risques).
- Les affiches réalisées précédemment.
- Option : une cartographie du risque dans la commune.

Tous ces éléments doivent maintenant être mis en forme de façon à pouvoir être communiqués de façon cohérente.
La restitution s’adressera non seulement aux parents qui ont fait l’objet de l’enquête, mais aussi aux différentes personnes concernées par la gestion du risque local. Elle doit donc à la fois présenter l’objectif, la méthodologie et les résultats.
Cette restitution n’a pas pour objectif principal d’expliquer le risque en lui-même, mais plutôt la façon dont ce risque est perçu par la population.
Tous les supports sont permis : affiches, diaporamas, exposition de photographies, vidéos... Un travail en arts plastiques peut enrichir cette synthèse.

Note pédagogique
Lors de la restitution qui va suivre, les productions des élèves vont être communiquées aux parents, aux représentants de la mairie, etc. Cette restitution doit être aussi attractive que possible, sur la forme, mais qu’en est-il du fond ? Faut-il corriger les idées des élèves ou les laisser telles quelles ? L’originalité, et l’intérêt maintes fois reconnu (notamment par l’UNESCO), de la méthodologie "Memo’Risks" se base sur l’apport des jeunes pour l’information préventive de la population. à ce titre, il est important que la présentation du risque (aléas, enjeux, dispositifs préventifs mis en place...) par les élèves soit validée, au moins par le maître, et si possible par la personne qui était venue présenter ce risque en classe. En revanche, le travail d’enquête réalisé par les élèves auprès de leurs parents, ou auprès des anciens, peut être communiqué "tel quel", avec les interprétations qui ont fait consensus dans la classe. Ces interprétations, même maladroites, sont le travail des enfants et ont, de ce fait, un intérêt.

 

 

Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte ESA CASDEN Universcience Prévention 2000 AFPCN Editions Le Pommier