Rapport de jury 2005


Prix de La main à la pâte 2005 décernés sous l'égide de l'Académie des sciences

Rapport de jury

Cette année, nous avons reçu 27 dossiers (dont trois envoyés par d’anciens lauréats), émanant d’une classe ou d’un groupe de classes qui n’excède pas une centaine d’élèves. Cette restriction a été introduite en 2004 dans l’appel à candidatures pour permettre la comparaison des dossiers les uns par rapport aux autres et une évaluation plus fine des activités de la classe.
Deux «candidatures» réduites à un courrier de quelques lignes informant le jury des thèmes abordés avec les élèves au cours de l’année n’ont pu être prises en considération.
Sous la présidence de Georges CHARPAK, le jury s’est réuni le 21 septembre 2005 et a donc examiné 25 dossiers, représentant le travail de 9 classes de maternelles (environ 225 élèves) et 32 classes de l’enseignement élémentaire (715 élèves).

Il a décidé d’attribuer 8 prix ex æquo d’un montant de 500 € chacun.
Au total, ces prix récompensent le travail de 206 élèves d’écoles élémentaires répartis dans 10 classes, et 94 élèves d’écoles maternelles répartis dans 4 classes.

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Le jury constate tout d’abord que la croissance supposée du nombre des classes de l’enseignement primaire désormais engagées dans un enseignement des sciences rénové et laissant toute sa place à la démarche d’investigation ne se reflète guère dans la compétition : les candidatures restent en effet peu nombreuses, et la plupart d’entre elles représentent le travail de deux ou plusieurs classes, associées en maternelle ou à l’école élémentaire quand il ne s’agit pas de classes à deux sections. (Aucun cours élémentaire n’a présenté, seul, sa candidature, et une unique classe de cours préparatoire l’a fait. Le cycle 2 est ainsi nettement moins représenté que les deux autres).

Pour remédier à cette situation, qui semble résulter pour une bonne part d’une information insuffisamment ou inégalement diffusée auprès des enseignants – et parfois même des inspecteurs de l’Éducation nationale – la Direction de l’enseignement scolaire a résolu de publier au Bulletin officiel de l’Éducation nationale l’appel à candidatures pour les prix de La main à la pâte au cours du premier trimestre de l’année scolaire.

Nous espérons que le texte de cet appel à candidatures sera lu attentivement.
C’est en effet trop souvent faute d’observer les consignes qu’il énonce que les candidats, souvent porteurs d’un projet jugé prometteur, se retrouvent, de fait, exclus du palmarès : les membres du jury, réduits à une appréciation impressionniste faute de disposer des éléments lui permettant d’instruire le dossier dont ils sont rapporteurs, écartent les candidatures insuffisamment informées.

Ce rapport annuel, qui rend compte des délibérations du jury, est par nature voué à la répétition. Rappelons tout d’abord que les documents présentés doivent être suffisamment nombreux, clairs, identifiés (par des titres, une numérotation, un sommaire, par exemple) et «parlants» pour permettre au lecteur de comprendre la nature des activités, leur organisation dans le temps (durée, périodicité le cas échéant, progression), la part du travail individuel et du travail collectif (en particulier pour l’expression écrite). Le jury souligne également qu’il lui faut pouvoir discriminer, quand le compte rendu risque de prêter à confusion, ce qui relève de l’intervention ou de la consigne de l’enseignant et ce qui tient à l’initiative de l’élève et à son inventivité.

Ainsi, aux côtés de certaines ambiguïtés, l’insuffisance ou l’excès de documents ne peuvent que porter préjudice aux dossiers proposés, sans qu’intrinsèquement le travail de la classe soit en cause. Un empilement de pièces suscite des réactions tout aussi réservées que des activités cumulatives dans lesquelles ne se perçoivent aucune logique ni fil conducteur. Le rôle du maître est, de ce point de vue, aussi déterminant dans la constitution du dossier que dans la conduite de la classe.

Enfin, c’est pour autant qu’ils sont mis en œuvre dans des activités précisément décrites et illustrées que les principes constitutifs de La main à la pâte feront l’objet d’une appréciation positive: il importe davantage ici de décrire le cheminement des élèves, les embûches qu’ils ont rencontrées, les erreurs qu’ils ont commises et les solutions, même infructueuses, qu’ils ont pu imaginer pour avancer que de décrire un «bon» résultat, une conclusion «conforme», un raisonnement «correct» ou, ce qui ne saurait convaincre personne, d’énoncer une louable intention sans donner au lecteur le moyen de comprendre sa réalisation pratique.
L’intérêt d’un partenariat, de même, se mesure à la façon dont l’enseignant(e) saura montrer en quoi et comment il a modifié et enrichi le travail de la classe et le sens que ce dernier a pris chez les enfants.

Des démarches et des pratiques bien exposées, des interrogations – mais aussi des convictions et des discussions… – situées dans un parcours d’ensemble, des expérimentations venues opportunément arbitrer d’éventuels désaccords entre les élèves et administrer la preuve des faits observables, une interdisciplinarité qui ne soit pas un artifice de forme… sont autant de gages de qualité, et c’est donc toujours selon la même perspective que le jury a pu être sensible à l’originalité des thèmes abordés : celle-ci confère un avantage indiscutable à un travail de qualité, sans s’y substituer.

Toutes ces remarques ont un objectif : encourager les candidats à valoriser le travail qu’ils ont pu mener en classe dans l’esprit de La main à la pâte et donner toutes les chances aux candidatures qu’ils présenteront, occasion de mesurer le chemin parcouru et, pour certains d’entre eux, les progrès accomplis dans le domaine de l’enseignement des sciences, même si les réalisations présentées leur semblent modestes.

En raison du considérable rayonnement de La main à la pâte hors de nos frontières et du rôle que pourrait jouer l’émulation suscitée par les prix dans la propagation de La main à la pâte, il a été décidé d’étendre la compétition aux classes primaires d’établissements français de l’étranger dépendant de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Béatrice AJCHENBAUM-BOFFETY
5 octobre 2005


Prix «mémoires professionnels» de La main à la pâte 2005 décernés sous l'égide de l'Académie des sciences

Rapport de jury

Cette année, 18 dossiers seulement ont été présentés dans la compétition, représentant la candidature de 22 professeurs des écoles stagiaires répartis dans 10 académies (sur la trentaine que compte notre pays) et encadrés par 16 formateurs, professeurs en IUFM. Ces chiffres, reflétant une baisse assez significative des candidatures par rapport à l’année 2004, témoignent, cette année encore, d’une assez forte concentration des établissements et des enseignants qui participent à l’opération. Quelques hypothèses sont avancées pour expliquer cette baisse : la diminution du nombre d’heures de sciences ; la publication des critères d’appréciation, peut-être trop nombreux et intimidants, l’absence d’IEN dans le jury des prix des mémoires professionnels contribuant à ce que le «terrain» soit mal représenté, donc peu mobilisé…

Sous la présidence de Marc JULIA, le jury s’est réuni le 12 septembre 2005. Il a décidé d’attribuer un seul prix et d’accorder une mention à un second dossier.

Les conditions dans lesquelles les stagiaires sont conduits à rédiger leur mémoire, au terme de stages pratiques en responsabilité d’une durée totale de 9 semaines, invitent sans doute à une certaine indulgence et expliquent la convergence des critiques qu’émettent les membres du jury : il est manifestement difficile de concilier originalité, ambition du projet entrepris, et qualité des mémoires. Ceux-ci souffrent, de surcroît, de défauts qui tiennent probablement au «modèle» institutionnel auquel cette formation peut sembler inviter les stagiaires à se conformer. C’est ainsi que la plupart des mémoires commencent par une partie théorique consistant à décrire longuement la démarche scientifique, particulièrement indigeste quand elle n’entretient que des rapports assez lointains avec les pratiques décrites ou analysées dans la deuxième partie, la plus personnelle, destinée en principe à évoquer une première expérience professionnalisante et à réfléchir à son sujet.

Exigeant quand il s’agit de la maîtrise des compétences disciplinaires, le jury a, en revanche, résolu de ne tenir que très relativement compte de ce qui relève de la «commande», même indirectement quand, par exemple, les stagiaires croient devoir abonder dans une direction qui n’a peut-être pas été préconisée : surabondance théorique parfois empreinte de jargon, considérations épistémologiques sans relation avec le projet du ou de la candidat(e), références bibliographiques non exploitées dans le mémoire et qui ne résultent pas toujours d’une lecture effective… Il a préféré porter son choix sur des travaux plus modestes, sincères, qui rendent compte du cheminement des stagiaires comme de celui des élèves, y compris dans leurs tâtonnements ou leurs erreurs, et dans lesquels quelques remarques théoriques ont été plus sobrement injectées dans l’analyse de la pratique.

Les questions que le jury s’est posées au cours de ses délibérations l’ont conduit à modifier l’appel à candidatures.
Il sera désormais demandé à chaque candidat d’envoyer deux exemplaires de son mémoire professionnel pour en permettre la lecture par deux membres du jury au moins ;
Il leur sera également demandé de présenter un curriculum vitae succinct, permettant au jury de situer leur passage à l’IUFM par rapport à leur cursus antérieur ; il n’est en effet pas indifférent, par exemple, qu’un mémoire portant sur l’enseignement des sciences soit présenté par un(e) candidat(e) dont la formation antérieure soit ou non scientifique.

Enfin, dans la mesure du possible, le jury sera élargi, dans l’espoir de sensibiliser des acteurs de terrain susceptibles de donner un nouveau souffle à cette compétition.

On trouvera enfin ci-après une liste des critères observés par le jury et susceptibles d’éclairer les candidats.

Béatrice AJCHENBAUM-BOFFETY
10 octobre 2005