Palmarès 1999 des Prix de La main à la pâte

Prix 1999 de La main à la pâte

Réuni le 22 septembre sous la présidence de Georges CHARPAK, le jury a décerné au total 7 prix, dont 3 avec mention spéciale. Ces prix ont été remis mercredi 1er décembre dans la grande salle des séances de l'Académie des sciences par le ministre Claude Allègre.

Après l'allocution de Claude Allègre, ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie et l'allocution de Georges Charpak, membre du groupe d’accompagnement de l’Académie des sciences, les lauréats sont présentés par ordre alphabétique des départements d’appartenance.

Les prix avec mention spéciale (5 000 F)

l’école maternelle des Promelles, à Alès (Gard), pour le travail présenté par la classe de moyenne et grande section de Mme Nicole LEFLON («L’écriture, des supports, des outils»).
Ce travail pluridisciplinaire a été mené en partenariat avec le «musée du scribe» de Saint-Christol-lez-Alès. Les élèves ont fabriqué diverses argiles qu'ils ont comparées d’abord entre elles, puis avec d'autres supports, comme le papier, la cire, la pâte à modeler, la terre, le sable. À l'aide de fiches techniques, ils ont fabriqué un papier dans lequel ils ont incrusté des pétales. Ils ont ensuite fabriqué diverses encres, végétales, sympathiques et minérales, ont comparé leurs qualités ainsi que leurs possibilités de conservation. Enfin, ils ont comparé de nombreux outils d'écriture: le stylet, le calame, le pinceau chinois, etc.
Ce travail a inclus des recherches scientifiques, amélioré l'apprentissage de l'écriture et permis une ouverture culturelle sur les écritures arabe, chinoise, hiéroglyphique.
Au total, il s’agit là d’un travail pluridisciplinaire très riche qui concilie hypothèses, réflexions, expérimentation, conclusions et écriture.

l’école élémentaire publique Florian, à Sauve (Gard) pour le travail réalisé par la classe de CM2 de M. Philippe HERBERT («Latitudes»).
Le projet s’est mis en place à partir d’un séjour de classe-découverte à La Rochelle et à Rochefort autour du thème des voyages de découvertes scientifiques et des techniques de navigation. L’objectif – relever les coordonnées géographiques d’un lieu – a impliqué recherche de documentation et mesures de coordonnées géographiques. Un partenariat a été mis en place avec d’autres écoles, via Internet, et avec une association d’astronomie.
Les élèves ont découvert des méthodes de cartographie, approché la triangulation, construit un instrument pour mesurer la hauteur du Soleil en un lieu donné. Ils ont appris à vérifier leurs hypothèses et à interpréter des résultats. L’ensemble, travaillé, clair, est exposé de façon fluide.
Enfin, les élèves et leur maître ont présenté leurs travaux à Exposciences Nîmes 1999.

l’école Jules Guesde, à Vénissieux (Rhône), pour le travail effectué par la classe de CE1-CE2 de Mme Jaël CANO («La main à la terre»).
Plusieurs sujets ont été abordés par les enfants (15 élèves de CE1 et 10 élèves de CE2) :

    - les états de l'eau
    - l'air
    - les semis
    - les besoins et les différents états de la graine

Dans un travail tantôt collectif, tantôt individuel, les élèves ont appris à poser des hypothèses, à rechercher des solutions, à les tester expérimentalement et à modifier les expériences si nécessaire, et à expliciter les difficultés qu’ils rencontraient.
Ils ont été progressivement amenés à une réflexion de plus en plus approfondie sur les conclusions qu’ils pourraient tirer des expériences qu’ils proposaient de réaliser. La recherche des conditions de germination des graines, avec l’introduction des notions «de situations incompatibles et de condition nécessaire», puis son utilisation pour distinguer une graine morte d’une graine dormante sont tout à fait remarquables.
La très grande logique de la démarche expérimentale lors de l’étude des semis, des besoins de la graine et de ses états a tout particulièrement retenu l’attention du jury.

Les autres prix (3 000 F)

l’école publique de Saint-Sauveur-en-Médoc (Gironde), pour le dossier présenté par les élèves de moyenne et de grande section de maternelle de Mme Nathalie RENAUD («Un drôle de milieu: l’eau»).
Ce travail a été mené en partenariat avec l'association des Petits Débrouillards et des étudiants en biologie de l'université de Bordeaux. C'est autour du thème de l'eau que de nombreuses expériences ont été réalisées par les enfants pour explorer les propriétés de l'eau comme milieu physique, comme substance et comme milieu biologique. Ce travail complet sur l'eau a permis aux élèves de se familiariser avec un ensemble de phénomènes, d'affiner leur observation, d'améliorer leur capacité de raisonnement et d'enrichir leur expression verbale et graphique. Ce travail a débouché sur la préparation et la tenue par les élèves d'un stand pour la manifestation Exposciences Aquitaine.

L’école Saint Jean Bosco de Rennes (Ille-et-Vilaine), pour le travail réalisé par la classe de CM1-CM2 de M. Jean-Philippe BELLAY («Ombres et lumière»).
Ce dossier présente un large éventail d'activités scientifiques qui se sont succédé tout au long de l'année scolaire, autour de plusieurs grands thèmes: les ombres, les engrenages, l’eau, etc. À l'aide d'activités bien choisies par le maître, les enfants (27 élèves) ont été conduits à se poser des questions, ont imaginé puis réalisé des expériences pour y répondre, ont consigné leurs résultats, ont procédé à des vérifications expérimentales pour aboutir en fin de compte à un consensus. L'un des mérites de ce dossier, grâce au traitement du thème des engrenages, est de nous prouver qu’il est tout à fait possible de pratiquer en classe une véritable «technologie expérimentale».

l’école d’application de Bellepierre (Saint-Denis de la Réunion), récompensée deux fois :
- d’une part, pour le travail effectué par la classe de CM2 de Mme Sophie de CLERMONT («Le jardin aux papillons»);
Après la visite d’un insectarium, cette classe de 25 élèves s’est attachée à construire et à faire vivre un écosystème composé de papillons et d’arbres à papillons. Les enfants ont alors été confrontés à divers problèmes, tels que la disparition des chenilles du site, la destruction des plantes par les chenilles, qu’ils ont tenté d’expliquer. Pour expliquer leurs nombreuses et riches observations, ils ont posé des hypothèses qu’ils ont testées. Ils ont appris à observer les papillons. Ils ont découvert leur cycle de vie, la complémentarité des plantes et des insectes, et la fragilité de l’équilibre d’un écosystème. Le jury a été sensible à l’originalité du thème et à la qualité de son traitement. Ce projet a donné lieu à une exposition au Muséum d'histoire naturelle et à l'hôpital d'enfants avec la présentation d'un film documentaire réalisé par les élèves.

- d’autre part, pour le travail effectué par la classe de CE1 de Mme Martine ALDIGUIER («Construire une station météorologique pour observer le temps»).
Ce projet d’observation du temps a conduit les 27 élèves de cette classe à étudier les notions de température et à utiliser un thermomètre, à étudier les précipitations au sol et à utiliser et construire un pluviomètre, à étudier la direction et la force du vent impliquant l’observation des nuages, l’utilisation d’une girouette, la fabrication d’un baroscope, d’une girouette et d’une manche à air. Les élèves ont construit un tableau de relevés, appris à lire ou à comprendre un bulletin météorologique, avant de construire un abri météorologique. Une étude de la presse et des visites ont complété le dispositif, mis en place en partenariat avec Météo France, l’IUFM et un professeur retraité. Il s’agit là d’un projet progressif, complet, en liaison avec l’expression française.