Palmarès 2002 des Prix de La main à la pâte

Prix 2002 de La main à la pâte

Depuis 1997, les prix de La main à la pâte sont attribués chaque année sous l'égide de l'Académie des sciences. Ils distinguent les écoles ou classes de l'enseignement primaire qui ont mis en œuvre, au cours de l'année scolaire précédente, des activités scientifiques expérimentales, originales et particulièrement démonstratives de l'esprit et de la démarche de La main à la pâte.

Réuni le 18 septembre 2002 sous la présidence de Georges Charpak, le jury a attribué cette année 9 prix.
(Les lauréats sont présentés par ordre alphabétique des départements d'appartenance)

Ces prix sont décernés à :

L'école primaire de Fumay/Charnois (Ardennes), pour le travail réalisé par une classe d'adaptation et 9 classes allant de la petite section de maternelle au CM2, encadrées par Mmes Brigitte Baret, Valérie Chauvin, Isabelle Da Costa, Ginette Defaut, Claudie Guy, Florence Lefebvre, Catherine Moncourier, Virginie Nerpertik et Brigitte Thiébaut, et MM. Mathieu Sonnet et Jacques Thevel, «Comment ça marche?»
Les classes ont abordé différents domaines scientifiques, allant de l'électricité à la fabrication du pain en passant par l'étude du corps humain et la participation à un concours de petites inventions. Le jury a apprécié l'interaction entre les différentes classes – les petits expliquant, par exemple, «tout» aux grands sur la trottinette – et le partage des connaissances lors d'une exposcience, comme témoigne le dossier présenté, illustré d'extraits de cahiers d'expériences.

L'école élémentaire publique C. Queffeulou, à Ploubezre (Côtes-d'Armor), pour le dossier présenté par la classe de CM1 de M. Alain Briand, «Fusées à eau».
Des enfants ayant eu l’occasion, durant leurs activités de loisirs, de fabriquer des fusées à eau, leur maître a décidé d’exploiter leurs découvertes empiriques dans le cadre d’activités scientifiques à l’école, conduites en deux phases :
- Comment mesurer la hauteur du vol ?
- Quel est le volume d’eau optimal ?
Le jury a apprécié la mise en œuvre d’une réelle démarche scientifique soutenue par une progression pédagogique méthodique et structurée qui a notamment permis d’aborder une notion mathématique importante: la proportionnalité.

L'école de Plourin (Finistère) pour le travail effectué par la classe de petite section de maternelle de Mme Sylvaine Talarnin, «Science et art chez les tout-petits».
De très jeunes élèves ont pratiqué les sciences tout au long de l'année en associant certains thèmes à des activités d'arts plastiques.
Ainsi, ils ont d'abord créé un aquarium d'eau de mer, exploré les sensations tactiles des mains – mais aussi des pieds –, élevé un jeune merle tombé du nid, fait germer des graines, puis ont travaillé sur la couleur et la lumière. Ils se sont ensuite intéressés à des tableaux de maîtres du musée de Brest, y recherchant les couleurs dominantes et les sources de lumière.
Le jury a été sensible à la qualité du dossier fourni par l'enseignante, dans lequel la présence de remarquables croquis et dessins prouve que les sciences et l'art peuvent faire très bon ménage.

L'école Marie Curie, à Audun-le-Tiche (Moselle), pour le dossier présenté par la classe de CM1 de Mme Martine Astafieff, «Sur les pas d'Ératosthène».
Guidé par le Ératosthène de La main à la pâte, mis en ligne sur Internet, cette classe a parcouru toutes les étapes, jusqu'à la détermination du rayon terrestre, en passant par l'analyse du parallélisme de rayons solaires, analysée de façon expérimentale. Les documents de classe fournis sont nombreux, les liens avec les mathématiques (mesures, angles, coordonnées, fractions…) très bien explicités. Un bel exemple de démarche interdisciplinaire.

L'école primaire de Waldhambach (Bas-Rhin) pour le travail réalisé par la classe de CE2 de M. Alexis Reutenauer, «Envole-moi : essai de démarche technologique»
Sur le thème «fabriquer un engin qui vole», les élèves, organisés en quatre groupes, ont conçu un cerf-volant ou un parachute. La cassette vidéo témoigne du dialogue maître-élèves, dans lequel le maître interroge les élèves sur ce qu'ils font ou projettent de faire, sur les problèmes qu'ils se posent, par exemple devant les dysfonctionnements observés, et les solutions qu'ils pensent mettre en œuvre, sans que l'enseignant décide pour eux.
Il s'agit, tout au long du projet, d'un véritable travail de recherche, qui réconcilie la science et la technologie.

L'école Ecole primaire Jacques Prévert, à Corbas (Rhône) pour le travail effectué par la classe de CE1 de Mme Laurence Perrin-Janet, «L'école jardinière».
Cette classe a continué, pour la 3e année, d'installer un jardin en y adjoignant un bassin pour plantes aquatiques. Les élèves ont tout d'abord pris conscience des difficultés, en visitant des jardins ornementaux ou maraîchers, en consultant des ouvrages en bibliothèque et en discutant avec les jardiniers des étapes à franchir.
Des essais expérimentaux en classe pour maîtriser les paramètres en jeu ont précédé l'essai grandeur nature sur le terrain. Le jury a apprécié la démarche adoptée et la façon dont les parents, sollicités comme aides techniques, ont été associés au projet.

L'école les Pommaries, à Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie) pour le dossier présenté par la classe de CE2-CM1 de Mme Jocelyne Nomblot, «Les fourmis de nos montagnes».
Les enfants ont commencé par observer des fourmilières dans les champs et dans les bois, réussi à immobiliser des fourmis (sans dommage pour elles) afin de les dessiner, construit une fourmilière et mis en place un élevage de fourmis à l'école. Ils ont étudié différents paramètres de survie. Cette démarche de neuf mois, accompagnée par un maître et un jeune universitaire, leur a permis d'émettre des hypothèses, de faire des expériences, de formuler des conclusions. Ils ont ainsi acquis un esprit critique et d'ouverture.

La circonscription de l'Inspection de l'Éducation nationale de Dieppe-Est (Seine-Martitime), pour le travail réalisé par 16 classes allant de la moyenne section de maternelle au CM2, encadrés par Mmes Besnard, Carpentier, Cocula, Creignou, Danger, Desvaud, Guiheneuf, Guilbert, Lasnel, Lefebvre, Pastore, Quintin-Bouvier, et MM. Andrieu, Borgne, Boutbal, Darragon, Mainemare et Michel; dossier intitulé : «Projet circuits»
Les élèves de différents cycles ont réalisé des machines: machine à pleuvoir, circuit à billes, clown magique, mini-système solaire, etc.
Le dossier présenté a permis au jury de s'assurer que les élèves ont fait des propositions, des essais, des confrontations expérimentales et des discussions, le tout associé à un travail d'expression orale et écrite.

L'école Jules Ferry 1 de Savigny-sur-Orge (Essonne) pour le dossier présenté par la classe de CM1 de M. François Lalin, «Les élèves sont dans la lune»
Sur le thème de la lune, les élèves ont travaillé dans différentes directions: phases de la lune, éclipses, lumière cendrée, clairs de lune, etc. Ce travail a associé les observations (le suivi d'une lunaison) à des aspects quantitatifs (calcul de sa durée). Les très nombreuses expressions des élèves témoignent du souci de mettre en valeur les représentations initiales, puis de les faire évoluer. Il s'agit aussi d'un travail sur l'écrit et le langage: dictions sur la lune, poésie, comparaison de divers documents contenant de grossières erreurs de représentations que les élèves ont analysées et critiquées. Le jury a également apprécié la diversité des approches pédagogiques.

L'école de Mme Talarnin, déjà récompensée en 2001 dans le cadre d'un projet collectif, reçoit un prix d'un montant de 300 euros, les 8 autres classes un prix d'un montant de 460 euros.

Au total, ces prix et ces mentions récompensent 35 classes, dont 8 maternelles, représentant un effectif de 694 enfants, dont 162 en maternelles.

Prix «mémoires professionnels» 2002 de La main à la pâte

Également placé sous l'égide de l'Académie des sciences, ces prix récompensent deux mémoires professionnels réalisés par des professeurs d'école stagiaires en deuxième année d'Institut universitaire de formation des maîtres et consacrés, dans l'esprit de La main à la pâte, à l'enseignement des sciences à l'école primaire (maternelle incluse).

Réuni le 9 octobre 2002 sous la présidence de Marc JULIA, le jury des prix de La main à la pâte mémoires professionnels a décerné deux prix.

• Un premier prix a été attribué à Mme Annélie MERMET pour son mémoire intitulé Le débat scientifique à l'école primaire: un outil pour apprendre à communiquer, dirigé par M. Jean-Claude BLANC, IUFM de Lyon, Centre de Bourg-en-Bresse.
L'auteur de ce mémoire décrit des séquences consacrées à la mise en évidence de l'existence de l'air et s'interroge sur la relation entre débat scientifique et débat citoyen: les activités scientifiques réalisées par les élèves, qui apprennent à cette occasion à communiquer différemment, contribuent-elles à réduire la violence?
Dossier intégral : pdf (493 ko)

• Un second prix a été décerné à MM. Joseph CAPUTO et Mickaël GOUX, co-auteurs d'un mémoire intitulé Ascenseur, dévoile-nous ton secret, dirigé par Mme GERONIMI, IUFM de Grenoble, Site de Grenoble
La construction de maquettes d'ascenseurs et la transmission du mouvement par poulies et courroies sont au cœur de ce travail de technologie qui n'oublie pas l'esthétique, puisqu'une séance a été consacrée à la décoration des ascenseurs. Ce travail est parti d'un matériel modulaire de type «Lego» pour passer à des matériaux d'usage courant, provenant du «marché du bricoleur». Bien structuré, il a systématiquement sollicité l'activité et l'imagination des enfants.
Dossier intégral : pdf (459 ko) + annexes.

Le nombre de prix étant limité à 2, le jury a par ailleurs décidé de mentionner dans le palmarès le travail rédigé par:

Mmes Élise EVRARD et Elizabeth HANON, Un cahier d'expériences pour structurer sa pensée à l'école élémentaire, préparé sous la direction de Mme Elizabeth PLE, IUFM de Reims, Centre de Troyes, sans toutefois leur accorder un prix, en raison du meilleur classement réservé aux deux autres dossiers.
Les auteurs ont enquêté auprès de professeurs dont les élèves utilisent un cahier d'expériences, se sont interrogées sur l'impact réel de ce cahier, ont mené des activités scientifiques dans trois classes différentes (habituées ou non à faire des sciences, habituées ou non à utiliser un cahier) et analysé ces écrits… Il s'agit là d'une réflexion intéressante et originale, élaborée en suivant une démarche de type expérimental.