Palmarès 2000 des Prix de La main à la pâte

Prix 2000 de La main à la pâte

Réuni le 18 septembre 2000 sous la présidence de Georges CHARPAK, le jury a décerné 10 prix.

Après l'allocution de Jack LANG, ministre de l'Éducation nationale, les lauréats sont présentés par ordre alphabétique des départements d'appartenance.

Ces prix, d'un montant de 3 000 F, ont été attribués à :

l'école maternelle du Canteloup à Honfleur (Calvados), pour le travail présenté par la classe de grande section de Mme Françoise HURTRELLE («D'où vient le pain de ma tartine?»)
À partir d'une gerbe de blé apportée en classe par un enfant, les élèves ont été amenés à retrouver, de façon expérimentale, toutes les étapes de la fabrication du pain de leurs tartines, depuis la germination des grains de blé jusqu'à la cuisson de la pâte à pain. Ils ont ainsi élaboré puis vérifié des modes opératoires, comparé différentes techniques, pour passer de l'épi au grain, pour séparer le grain de la balle, pour transformer le grain en farine, et enfin, pour redécouvrir la meilleure recette de la pâte à pain du boulanger. Aussi ont-ils été ravis, lors d'une journée «portes ouvertes», de présenter à leurs familles tout leur savoir en la matière en invitant les adultes à mettre à leur tour «la main à la pâte».
Dossier intégral.

l'école Joseph Morand à Lannion (Côtes-d'Armor) pour le travail réalisé par la classe de CM2 de M. Eric SIMON («Le ballon stratosphérique»).
Dans le cadre de l'opération «un ballon pour l'école» organisée par le Centre national d'Études spatiales (CNES), cette classe a eu l'opportunité de lancer un ballon stratosphérique. Les élèves ont fabriqué la nacelle et réalisé des expériences pour étudier l'atmosphère. Ce projet, réalisé en partenariat avec l'IUFM de Bretagne et l'Association nationale sciences, techniques, jeunesse (ANSTJ) a permis aux élèves d'étudier la pression, la température, la trajectoire du ballon, la Terre vue du ciel et la croissance des plantes.
Ce projet a donné lieu à de nombreux travaux en groupe, à des expériences préliminaires et à des traces écrites de grande qualité. Les élèves ont partagé leurs résultats avec leurs parents et les partenaires du projet en créant un site Internet et en réalisant une exposition.

l'école du Pouy à Mont-de-Marsan (Landes), pour le dossier présenté par les classes de CP, CP-CE1, et CM1-CM2, de M. Alain DUCASSE et Mmes Patricia ROUMEGOUX et Martine SAVARY («Manipulations, expérimentations et traces écrites»).
L'école a travaillé sur des thèmes tout à fait classiques, comme l'électricité, les équilibres et l'optique. Plus que l'originalité des expériences réalisées, la démarche mise en place est une excellente illustration des raisonnements que des enfants élaborent progressivement. C'est ainsi que, dans un premier temps, les enfants tâtonnent, essaient de multiples combinaisons pour parvenir à une schématisation des phénomènes observés, ce qui leur permet d'énoncer des prévisions et de formuler des hypothèses.
Le jury a apprécié le partenariat avec l'IUFM de Mont-de-Marsan, avec des parents d'élèves, la tenue d'un cahier d'expériences identique à tous les niveaux, et l'implication de toute l'école.

l'école maternelle Paul-Emile Victor à Lyon (Rhône) pour le travail effectué par la classe de petite section de Mme Marianne PONTOISE («Mon livret de découvertes»).
Nos plus jeunes lauréats – ils ont entre trois et quatre ans ! – ont pratiqué La main à la pâte tout au long de l'année scolaire, à partir d'événements de leur vie quotidienne, individuelle ou collective. Ainsi, ils ont pu aborder des sujets très divers dont les points de départ étaient, par exemple, leurs souvenirs de l'éclipse de soleil du 11 août 1999, la visite du médecin scolaire, une collection de minéraux prêtés par un grand frère, un sachet de graines apporté en classe, la grue du chantier à côté de l'école. Ils ont consigné toutes leurs trouvailles dans un précieux «Livret de découvertes».

l'école de La Thuile (Savoie) pour le dossier présenté par la classe de grande section de maternelle, CP et CE1 de Mme Béatrice LEVY («Notre village et l'eau domestique»).
Les élèves de cycle 2 se sont interrogés sur les propriétés de l'eau, son cycle dans la nature, son usage par les hommes ici, ailleurs, hier et aujourd'hui : D'où vient l'eau dans le village, où va t-elle? Combien en consommons-nous? Mais aussi: Qu'en est il pour les enfants sénégalais avec lesquels la classe entretient une correspondance? et: Quels sont les besoins en eau des plantes?
Les usages de l'eau par les hommes les ont conduits à étudier la miscibilité, les vases communicants, la flottaison et à construire des moulinets à eau. Ils ont expérimenté, mesuré, établi des diagrammes pour rendre compte de leurs résultats. Ils ont monté une exposition où ils ont animé des ateliers pour partager leurs connaissances. Une approche de l'eau dans les arts a complété cet ensemble.
Il s'agit d'un travail interdisciplinaire thématique visant à faire connaître et à protéger le milieu de vie, mais aussi à tisser des liens avec le monde, son histoire et sa diversité géographique.

l'école de Puygros (Savoie), pour le travail réalisé par la classe de CE2-CM1-CM2 de Mme Anne CLÉMENSON («Au fil de l'arbre»)
Le projet est parti du travail en réseau de trois écoles du plateau de La Leysse, sur le thème «connaître pour mieux protéger».
Au cours de l'année, les élèves de l'école de Puygros ont exploré leur environnement; ils se sont intéressés à la forêt, à l'érosion, à la vie de l'arbre, à la croissance des plantes, aux usages et au travail du bois. Ils ont expérimenté, imaginé des jeux de reconnaissances de fruits ou d'arbres, comparé des dispositifs techniques pour en repérer les caractéristiques essentielles, appris à choisir leurs mots pour rédiger leurs arguments. Ils ont rencontré des artisans, des spécialistes de la forêt, mais aussi recherché de l'information sur Internet.
Ce dossier montre que l'on peut explorer des domaines apparemment diversifiés en les reliant intelligemment les uns aux autres, en combinant le raisonnement scientifique, l'expérimentation et le travail sur l'écrit.

l'école du Chaumet à Evires (Haute-Savoie), pour le travail effectué par la classe de CE2-CM1-CM2 de Mme Sylvie FRÉMINEUR («Eau sale, eau claire, eau pure»).
Dans le contexte socio-économique d'un village de Haute-Savoie, où le souci du rendement agricole s'appuie sur l'utilisation d'engrais, ce projet porte sur une analyse de la pureté de l'eau et des moyens pour l'obtenir. Il s'agit là d'un projet remarquable en raison de la démarche adoptée: les élèves précisent le problème à résoudre, émettent des hypothèses sur les moyens à mettre en œuvre, les vérifient expérimentalement et concluent sur la réussite ou l'échec de leur démarche. Ils ont réalisé seuls des exposés écrits de grande qualité.
Une visite de la station d'Évian et la prise en compte de la filtration naturelle de l'eau ont permis aux élèves de mesurer les risques encourus par suite d'une diffusion excessive d'engrais.
Une vraie réussite, éclairée par un document de qualité où l'on ressent le plaisir que les enfants ont pris à mettre La main à la pâte.
Dossier intégral.

l'école élémentaire de la rue du Château-des-Rentiers à Paris (XIIIe), pour le dossier présenté par la classe de CE1-CE2 de Mme Nathalie SENE («Petits scientifiques et végétaux»).
Les élèves ont travaillé durant quatre mois sur les végétaux: ils ont observé des plantes et leur évolution au cours du temps, dégagé quelques conditions pour qu'elles poussent, expérimenté, ramassé, lors d'une sortie à Fontainebleau, des végétaux qu'ils ont observés à l'œil nu et au microscope.
Au cours de ce travail sur les végétaux, les enfants ont fait des sciences, des mathématiques, du français (grâce à la grande place réservée à l'écriture individuelle et collective), de la géographie et de la technologie.
Le jury a particulièrement apprécié le caractère interdisciplinaire de ce travail scientifique.

l'école Metzger à Belfort (Territoire de Belfort), pour le travail effectué par la classe de CE2 de M. Jean-Claude RODRIGUEZ («Rebondir»)
Une séance de basket a donné lieu à un questionnement sur le rebondissement d'une balle. Les enfants ont ainsi étudié expérimentalement les rebonds de différentes balles en faisant varier formes et matières des balles et nature des sols.
Ce dossier illustre bien un aspect fondamental d'une démarche scientifique où il s'agit de ne faire varier qu'un seul facteur à la fois, tous les autres restant constants, afin de déterminer l'influence éventuelle qu'il a sur le phénomène observé.
Le jury a apprécié ce travail très complet et très rigoureux

l'école élémentaire Louise Michel à Savigny-sur-Orge (Essonne), pour le dossier réalisé par la classe de CM1 de Mlle CASTELBOU («Le moulin à eau»).
Les élèves ont cherché comment produire de l'énergie en utilisant de l'eau. Plusieurs pistes ont été envisagées et étudiées, tant du point de vue historique que scientifique. La classe a ensuite choisi de construire et de mettre en service un moulin à eau. Loin de se limiter à une réalisation purement technologique, ce projet a associé, à tous les stades, réflexions et expérimentations dans une démarche interdisciplinaire qui a pris largement en compte, notamment, les dimensions mathématique et linguistique.
De nombreux documents témoignent de l'implication soutenue et enthousiaste de l'ensemble de la classe dans cette action de grande qualité.