Palmarès 2003 des Prix de La main à la pâte

Prix 2003 de La main à la pâte

Depuis 1997, les prix de La main à la pâte® sont décernés chaque année sous l’égide de l’Académie des sciences. Ils distinguent les écoles ou classes primaires de l’enseignement primaire public ou privé qui ont mené, au cours de l’année scolaire écoulée, des activités scientifiques expérimentales souscrivant aux objectifs de La main à la pâte et particulièrement démonstratives des principes qui la définissent et de la démarche qu’elle préconise.

Sous la présidence de Georges CHARPAK, le jury, composé de 10 personnalités des mondes scientifique et éducatif, s’est réuni le 23 septembre 2003.

Il a décidé de récompenser 10 dossiers en attribuant :
• 7 prix d’un montant de 450 € ;
• 3 prix avec mentions spéciales, d’un montant de 600 €.
Au total, ces prix et ces mentions récompensent le travail de 717 élèves, dont 347 en maternelle, répartis dans 30 classes, dont 13 en maternelle.

Ces prix sont décernés (les lauréats sont présentés par ordre alphabétique des départements d'appartenance) :

à l’école primaire publique Saint-Exupéry à Apprieu (Isère) pour le travail réalisé par les classes de CE2 et CM2 de Mmes Françoise BLOCHET et Muriel POSZWA, Le lait, ça compte pas pour du beurre.
D’où vient le lait ? Qu’y a-t-il dedans ? Que fait-on à partir du lait ?
Pendant l’année scolaire, les élèves se sont interrogés, ont émis des hypothèses, proposé, avec l’aide des enseignants, des protocoles expérimentaux et réalisé les expériences.

aux écoles primaires publiques de La Pierre et de Tencin (Isère), pour le dossier présenté par la classe de CE2-CM1-CM2 de Mme Christine HENRY, et la classe de CM1-CM2 de M. Guy-Robert WENDEL, Un ballon pour l’école.
Ce projet qui a concerné deux classes, mêlant trois niveaux de cycle 3, a été soutenu par le CNES (Centre national d’études spatiales). Il s'agit de réaliser un ballon atmosphérique et sa petite nacelle d'instruments (thermomètre, photo, mesure de pression), avant de procéder au lancement et à la récupération du ballon, puis à l’interprétation des mesures. Les enfants, répartis par groupe, ont analysé ce que devait emporter le ballon, fait des hypothèses sur les conditions physiques en altitude (température, luminosité), conçu le dispositif et proposé des améliorations après tests. Bien que le ballon, parti en mai, n'ait été récupéré qu'en septembre, les enfants se sont retrouvés à la rentrée pour analyser les résultats.
Le compte-rendu est bien documenté, il met notamment en évidence la progression et les questions des enfants.

à l’école maternelle de Tartas (Landes), pour le travail des 5 classes de maternelle allant de la petite à la grande section, de Mmes Dominique DEGOS, Laure LESGOIRRES, Béatrice FAURE, Anita DARRIEUTORT, Ginette DUPIN, un travail coordonné par Mme Ginette DUPIN, Sciences et technologie : autour de l’électricité.
Les cinq classes de l’école se sont «branchées» sur le thème de l’électricité. Après avoir découvert eux-mêmes le principe de la lampe de poche, les enfants ont réalisé des circuits électriques de plus en plus sophistiqués, et sont parvenus à détecter la cause de diverses pannes provoquées intentionnellement par leurs professeurs. Une exposition interactive, dans laquelle enfants et parents ont inversé leurs rôles, a couronné cette très riche année scolaire.

à l’école Chantal Mauduit de Barberaz (Savoie) pour le dossier présenté par la classe de CM1-CM2 de Mme Anne CLEMENSON, À la source du problème.
Les élèves ont cherché à comprendre le fonctionnement d’une source d’eau intermittente en menant une véritable enquête, qui les a conduits à explorer les lieux, à repérer des indices dans la nature, à chercher des informations sur le devenir des eaux de pluie et la constitution du sous-sol, à expérimenter leurs hypothèses à l’école. Ils ont su mobiliser leurs connaissances en parvenant à éviter une inondation dans la classe !
Ce projet scientifique a servi de trame à la rédaction d’un roman sur le secret de la source et à l’élaboration d’un «carnet du petit détective» pour faire partager la démarche de recherche à d’autres élèves.
Il s’agit d’une réalisation originale où motivations et dynamisme ont fait bonne équipe avec un réel travail scientifique et littéraire.

à l’école élémentaire Compayré 2, à Meaux (Seine-et-Marne), pour le travail effectué par la classe de CE2-CM1 de Mme Myriam BOURIDAH, Les medias au service des apprentissages scientifiques.
Les élèves ont travaillé sur la respiration, tout d’abord en disséquant des poumons de mouton fournis par le boucher. Ceci a permis de faire un examen réel de la constitution de l’appareil respiratoire du mouton. Au cours de ce travail, mené pendant plusieurs séances, les enfants se sont posé de nombreuses questions, ce qui a débouché non seulement sur une description du système respiratoire, mais aussi sur une première approche de son fonctionnement, que les élèves ont mise à l’épreuve à l’aide d’un modèle simple réalisé avec des bouteilles en plastique et des ballons d’enfants. Ils se sont ensuite attelés à la rédaction collective d’un article de vulgarisation.
Le jury a particulièrement apprécié le lien entre les activités scientifiques et le travail sur la langue.

à l’école du Clos de l’Arche, à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), pour le travail réalisé par la classe de CM1-CM2 de Mme LEMAIRE, Le fonctionnement d’une serre.
Les écrits d'enfants, schémas et tous les éléments rapportés dans le dossier témoignent de la mise en place d'une démarche expérimentale dans le travail autour de la serre. L'implication des enfants est forte : émission d'hypothèses, débats, mise en place des dispositifs expérimentaux, retour collectif sur les résultats obtenus pour tirer des conclusions et continuer à progresser.
Le jury a été sensible aux liens avec le conseil municipal des enfants, à l’éco-civisme dont ils ont fait preuve, à la maîtrise de la langue orale et écrite. Outre les qualités de la démarche mise en œuvre, il a vu dans ce travail un modèle de coopération entre accompagnateurs scientifiques et enseignants.

à l’école Pallu, au Vésinet (Yvelines), pour le dossier présenté par la classe de CE1 de Mme Caroline LE GAVRIAN, Sciences-fiction.
L’objectif a consisté à examiner le comportement d’asticots (vers de farine) pendant quelques semaines puis à écrire une sorte de conte sur cet animal désigné sous le nom de «ténébrion». À travers le développement d’un animal, il s’est agi d’illustrer le processus dynamique du vivant et de faire expliquer et commenter précisément par les enfants chacune des étapes. L’étude de la germination d’une plante a permis de mettre en évidence les analogies entre le «vivant animal» et le «vivant végétal».
Le jury a apprécié la qualité de la rédaction et des activités réalisées avec les élèves, qui témoignent d’une véritable démarche scientifique.

Les 3 mentions spéciales sont décernées (les lauréats sont présentés par ordre alphabétique des départements d'appartenance) :

à l’école primaire Les Coteaux, l’école primaire et l’école maternelle Centre Bourg, à Plédran (Côtes-d’Armor), pour le dossier présenté par 8 classes allant de la grande section de maternelle au CM2, encadrées par Mmes Emmanuelle ADAM, Isabelle ALLO, Laurence CLERET, Catherine LE GUIET, Michèle VARO, et MM. Hervé BARILLER, Christophe BORGES, Daniel JOSSE, Jacques MINIER, Bertrand POSNIC, Plédran objectif ciel : un projet scientifique des écoles publiques de Plédran.
Ce projet pluridisciplinaire a été réalisé dans le cadre de l’opération du CNES «un ballon pour l’école». Chargés de concevoir et de réaliser des expériences pouvant être embarquées dans un ballon stratosphérique, les enfants ont dans un premier temps proposé une profusion de sujets d’études et de dispositifs pour les explorer. Après discussion, ils ont choisi quelques axes, adaptés aux niveaux des classes engagées.
Tous les travaux ont fait l’objet d’interrogations poussées et de procédures de test rigoureuses tenant compte des conditions expérimentales du vol. Les enfants ont fait preuve d’imagination et de pragmatisme pour répondre aux problèmes rencontrés. C’est ainsi que les élèves chargés de mesurer la variation de température avec l’altitude ont proposé de photographier à intervalles réguliers un thermomètre digital placé dans la nacelle.
Même si toutes les expériences n’ont pas donné les résultats escomptés, la diversité des situations et des disciplines abordées par les élèves montrent comment la pédagogie de projet peut être mise à profit pour fédérer plusieurs classes autour d’une découverte active des sciences et de bien d'autres matières.

à l’école élémentaire Léon Blum, à Perpignan (Pyrénées-Orientales), pour le travail effectué par les classes de CE2 de Mme Pascale PREDAL, et de CM1-CM2 de Mme Magali JOURDAN, Leviers et balances, comment ça marche ?
Ce travail sur les leviers et les balances a été réalisé avec des élèves non francophones d’origine gitane : comment soulever et déplacer un menhir, comment soulever une charge sur une balance, comment lever un pont-levis, comment fabriquer une catapulte et comment équilibrer un mobile?

à l’école maternelle Victor Hugo, à Montesson (Yvelines), pour le travail effectué par les 7 classes de petites, moyennes et grandes sections de Mmes Myriam HANNECART, Florence DUCASSE, Catherine ROUSSEAU, Isabelle LAGRANGE, Maguy CALOT, Caroline SAOUZANET, Estelle LAMAUDIERE, Aurélie COSTENIN et M. Yoann DESBOS, un projet coordonné par Mme MOUCHEL, Inspecteur de l’Éducation nationale, Circonscription du Vésinet, Qui sème le doute… récolte un p’tit chercheur.
Ce titre original est celui d’un projet d’école à dominante résolument scientifique que l’équipe enseignante a choisi de mettre en œuvre durant toute l’année scolaire.
À l’occasion de la semaine du goût, les élèves ont mis véritablement la main à la pâte pour tenter de retrouver la recette du «bon pain». Cette recherche leur a permis d’aborder les notions de mélange, de fluidité, d’homogénéité, de dosage, de changement d’état, de fermentation.

Prix «mémoires professionnels» 2003 de La main à la pâte

Ces prix, créés en 2001 sous l’égide de l’Académie des sciences, consacrent l’importance croissante de l’enseignement des sciences dans la formation des futurs maîtres. Ils récompensent deux mémoires professionnels réalisés durant l’année scolaire 2002-2003 par des professeurs d’école stagiaires en deuxième année d’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) et consacrés, dans l’esprit de La main à la pâte, à l’enseignement des sciences à l’école primaire (maternelle incluse).
Rappelons qu’il s’agit là d’une distinction exclusivement honorifique.

Sous la présidence de Marc JULIA, le jury, composé de 10 personnalités des mondes scientifique, universitaire et éducatif, s’est réuni le 8 octobre 2003.

Il a décidé d’attribuer deux prix ex æquo à :

Mme Virginie L’HARIDON, pour son mémoire intitulé Le carnet d’expériences et d’observations, dirigé par Mme Françoise GUICHARD, IUFM de Versailles, centre de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).
Au cours de ses trois stages en responsabilité (en CE1, CM1, puis grande section de maternelle), Virginie L’Haridon a mis en pratique le cahier d’expériences, jusqu’alors inconnu des élèves.
Dans son mémoire, elle définit tout d’abord le cahier d’expériences, puis précise comment il est possible de l’organiser et enfin analyse ses différentes fonctions. Globalement, elle constate que faire écrire les élèves en sciences paraît indispensable aux apprentissages, et que le cahier d’expériences semble être un bon support dans ce sens : il révèle comment l’enfant peut structurer sa pensée en prenant du recul par rapport à son raisonnement, à la manière d'un petit chercheur. Les liens entre sciences et maîtrise du langage apparaissent clairement au regard des projets mis en œuvre, notamment sur l’air et l’eau.
Accompagné d’annexes qui illustrent bien le propos, ce mémoire a le mérite de présenter non seulement les points positifs du cahier mais aussi ses limites.
Dossier Complet : pdf (308 ko)

M. Jean-Marie FALCOU, pour son mémoire intitulé Des conceptions aux savoirs scolaires en sciences physiques au cycle 3, préparé sous la direction de M. Michel OULIAC, IUFM de Guyane, Centre de Cayenne (Guyane française).
Sous ce titre se trouve un travail réalisé dans un contexte très singulier. En effet, le mémoire professionnel de M. Jean-Marie Falcou concerne une expérience d’enseignement des sciences dans une école située à Apatou en Guyane française. Les élèves sont issus de communautés vivant de façon traditionnelle au bord du fleuve Maroni.
L’étude du cycle de l’eau dans la nature et sa distribution en milieu urbain a conduit à une réflexion très intéressante sur l’interaction entre les traditions orales et les processus d’apprentissage à l’école.
Ainsi, ce mémoire illustre les remarquables possibilités d’adaptation des méthodes issues de La main à la pâte dans un contexte socioculturel très particulier.
Dossier complet : pdf (282 ko) + annexes : pdf (100 ko)

Le nombre de prix étant limité à 2, le jury a par ailleurs décidé de mentionner dans le palmarès le travail rédigé par Mmes Natacha LUYAT et Véronique PELLITTERI, de la fourchette au batteur électrique, dirigé par Mme Alix GÉRONIMI, IUFM de Grenoble (Isère), sans toutefois leur accorder un prix, en raison du meilleur classement réservé aux deux autres dossiers.