Palmarès des Prix de La main à la pâte 2008

Prix 2008 de La main à la pâte

Palmarès des prix « mémoires professionnels »

Ces prix, créés en 2001 sous l’égide de l’Académie des sciences, soulignent l’importance de l’enseignement des sciences dans la formation des futurs professeurs des écoles. Ils récompensent des mémoires présentés par des professeurs des écoles en deuxième année d’IUFM et consacrés, dans l’esprit de La main à la pâte, à un enseignement rénové des sciences à l’école. Il s’agit là d’une distinction exclusivement honorifique.
Le jury des prix « mémoires professionnels » de La main à la pâte, s’est réuni le 6 octobre 2008 sous la présidence d’Yves MEYER. Il a résolu de décerner un prix et de mentionner un second dossier au palmarès.

  • La mention est attribuée au travail de Monsieur Mickaël GUERIN-BOUHABEN, Comment donner du sens aux apprentissages scolaires ? Ce mémoire a été dirigé par Monsieur Franck BAILLEUL, IUFM de Guyane.

Cette mention vient récompenser le travail très complet d’un professeur des écoles en formation, réalisé lors d’un stage filé durant toute une année : l’enseignant essaie de mettre en place des situations permettant de donner du sens aux apprentissages. Partant d’un point de vue large présentant l’étayage théorique du projet - qui permet de préciser les objectifs recherchés et de les évaluer après les réalisations en classe - le propos se resserre sur les sorties scolaires : ce projet, conçu pour motiver les élèves et construire un véritable groupe classe, constitue en effet la trame essentielle du travail. Il commence par la visite d’une mare, puis sa reconstruction à l’école. Le moment fort est ensuite la sortie dans les salines dont on peut apprécier la description précise qui place le lecteur dans une position d’observateur privilégié. Cette visite, centrée sur la flore, aboutit à une collecte de graines à faire germer en classe. Les deux dernières sorties permettent, entre autres, d’évaluer ce que les élèves ont appris. Les documents mis à leur disposition pour l’exploitation de ces sorties, le cahier d’expérience et les écrits présentés sont les traces de leurs activités, qui incluent l’utilisation des technologies nouvelles.
La relation que fait l’enseignant du travail engagé témoigne de ses qualités, mises en œuvre dans l’organisation de la classe comme dans sa réflexion personnelle. Il est seulement dommage que le mémoire n’ait pas suffisamment insisté sur les apprentissages scientifiques, mais il est déjà long…

  • Le prix est décerné au mémoire présenté par mesdames Magali BANCILHON et Laetitia SARRAT, Construire une carte animée au cycle 3, un mémoire dirigé par Madame Alix GERONIMI, IUFM de Grenoble.

Ce mémoire présente le travail de préparation, la réalisation et l’analyse d’une séquence d’enseignement en technologie pour des élèves du cycle 3 (CM1/CM2).
Le thème abordé est ambitieux puisqu’il s’agit de faire découvrir aux élèves le système bielle-manivelle à partir de l’observation du fonctionnement d’une carte animée de type carte de vœux ou d’anniversaire. L’exploitation de ce modèle présente pour les élèves une voie d’ouverture vers une intéressante perspective technologique.
Les auteurs effectuent d’abord un exposé théorique bien documenté, puis analysent a priori les diverses étapes du travail qu’elles vont mener avec les élèves. Les aides qu’elles prévoient d’apporter à ces derniers sont réfléchies et pertinentes. Le déroulement des séances et les résultats obtenus sont finement analysés. Les obstacles rencontrés sont présentés avec beaucoup d’honnêteté et des solutions sont avancées pour construire, à partir de leur expérience, une séquence plus efficace.
Involontairement, les auteurs font ressortir les difficultés rencontrées par des enseignants débutants à s’inscrire dans le déroulement du programme avec un public dont ils ignorent encore les réels acquis sur lesquels ils vont pouvoir s’appuyer, d’autant que le stage filé était proposé en début d’année scolaire. C’est ainsi qu’une séance de manipulation de lego technique, qui aurait dû aider à la compréhension du problème étudié, se transforme en séance « découverte » de cet outil pédagogique, ou encore que la schématisation après observation du dispositif, attendue comme une aide à la réalisation, devient un sujet d’apprentissage.
Ce mémoire, de lecture agréable, est original par son contenu, bien documenté et les auteurs font une bonne analyse des résultats de leur séquence.

 

Prix 2008 de La main à la pâte

Palmarès des prix Écoles primaires»

Sous la présidence de Jean DALIBARD, membre de l’Académie des sciences, le jury des prix de La main à la pâte, « Écoles primaires », s’est réuni le mercredi 17 septembre 2008.
Il a décidé de distinguer 7 dossiers en distribuant 4 premiers prix ex-æquo d’un montant variant de 300 à 600 € selon le nombre de récompenses déjà obtenues par les lauréats dans le passé, et 3 seconds prix ex-æquo d’un montant de 400 €.
Au total, ces prix récompensent le travail de 231 élèves, répartis dans 11 classes de l’enseignement élémentaire.

Les lauréats sont présentés par ordre géographique des départements d’appartenance.

Les 3 seconds prix ex-æquo récompensent

Le point de départ de ce projet est double : il concerne, d’une part, l’étude des modes de déplacements collectifs et économes en énergie et, d’autre part, l’environnement tout proche de l’école avec l’ancien funiculaire de Brégille. Celui-ci a circulé du début du XXe siècle jusqu’à 1984. De cet élément de la vie du quartier, la classe a tiré une approche multidisciplinaire : le sujet a été l’occasion de travailler dans les domaines des arts plastiques, de l’histoire, des sciences et des technologies.
Le thème retenu a été découpé en 6 grandes phases progressives, donnant lieu à une trentaine de séances réparties au cours de l’année. Les élèves se sont posé toutes sortes de questions : Qu’est-ce qu’un funiculaire et comment fonctionne-t-il ? A quoi sert un funiculaire ? Comment soulever des choses lourdes ? - … Ces questions les ont conduits à travailler de nombreuses notions de science : les engrenages, l’équilibre, les forces, la masse. D’abord élaborée sur papier à partir d’une visite du site, une maquette du funiculaire placé dans son environnement - bâtiments et verdure - a été réalisée et présentée à l’exposition mise en place dans la maison de quartier sous le titre « Représente Brégille dans le futur ».
Point très important, les élèves ont cherché, testé, en appliquant la démarche d’investigation et utilisant le cahier d’expérience comme un outil indispensable Ce cahier témoigne des recherches des élèves et des expériences qu’ils ont menées, toutes concluantes.

  • l’école Daniel Faucher 2 de Toulouse (Haute-Garonne), pour le projet réalisé par la classe de CM1- CM2 de Madame Julie VRIET , Roulez sous le soleil toulousain.

L’objectif que s’est proposé, pour l’année, cette classe d’une école située en Zone d’éducation prioritaire était de participer à la manifestation « Défis solaires » à la Cité de l’espace de Toulouse en fin d’année scolaire, en y présentant une voiture solaire. Les élèves et l’enseignante de la classe ont travaillé en relation avec des élèves et des enseignants d’une classe de 6e du collège voisin (dans le cadre de la liaison école-collège) ainsi qu’avec des élèves et des enseignants de lycée, en l’occurrence, une classe de seconde en sciences de l’ingénieur. Tout au long de l’année, les élèves ont donc testé, recherché, expérimenté et échangé pour réussir à créer et faire avancer une voiture à l’énergie solaire. Les questions rencontrées ont été nombreuses : quels matériaux utiliser ? Comment faire rouler l’engin ? Comment le guider ? Comment équilibrer le véhicule, comment passer d’un moteur électrique à l’énergie solaire pour parvenir à faire avancer cette voiture solaire ? Elles ont finalement été résolues avec la réalisation d’un prototype issu des essais (et des erreurs !) relatés dans le cahier d’expérience des élèves. Le contrôle technique des « Défis solaires » a été positif : le véhicule a été homologué et la classe a gagné le prix de « La présentation du projet », confirmant la qualité du travail entrepris.

  • le Réseau des Écoles des Monts d’Alban à Alban (Tarn), coordonné par Monsieur Bruno DELTEIL, pour le travail effectué par des classes de CM1-CM2, encadrées par Mesdames Marie-Claude RAINSARD et Julie PRAT et Messieurs Philippe MARAVAL, Yves LE POËC et Jean-Michel SUMINSKI,  Construire des machines sonores.

Ce projet, dans lequel sont engagés 83 élèves de CM1/CM2 de cinq écoles d’un même réseau, consiste en un parcours pédagogique associé à la construction de machines sonores. Son objectif est d’élaborer et de construire une machine permettant de produire des sons.
Ce projet, qui s’ancre dans une thématique du programme du cycle 3 ,« Le monde construit par l’homme », a été développé autour d’activités favorisant la mise en place de démarches d’investigation dans lesquelles l’observation, l’expérimentation, les tests d’hypothèses se succèdent de manière progressive autour de savoirs scientifiques et techniques de plus en plus complexes. On commence par étudier le son, ses conditions de production, puis l’on cherche des matériaux adaptés à la production de sons spécifiques. L’étude des mouvements et de ses transformations permet d’envisager des machines mobiles répondant au cahier des charges élaboré par les élèves. Le dossier, avantageusement complété par un DVD, donne une vue claire et synthétique du travail réalisé, des objectifs visés, des machines elles-mêmes, des évaluations proposées tout à au long du projet.
L’acquisition de méthodes scientifiques et techniques, l’échange et la collaboration entre élèves ont formé le cœur des activités organisées par les enseignants. Celles-ci ont entraîné les élèves dans un projet d’une grande originalité, mené avec une rigueur qui méritent d’être primées.

Les 4 premiers prix ex-æquo sont décernés à

  • l’école primaire publique de Précey (Manche) pour le travail effectué par la classe de CM1-CM2 de Monsieur Christophe LE DEIT, Un ballon pour l’école (600 €).

Ce projet a eu pour objectif de lancer un ballon stratosphérique équipé de deux nacelles, l’une se décrochant à faible altitude et l’autre redescendant accrochée à un parachute après explosion du ballon dans la stratosphère (25km).
La phase préparatoire a été très riche en activités de toutes sortes. Les élèves ont ainsi été amenés à comprendre pourquoi le ballon de la nacelle se dilatait en montant dans l’atmosphère. Ils ont par ailleurs imaginé un dispositif ingénieux permettant d’effectuer des prises de vues à intervalle de temps réguliers par les deux appareils photos embarqués dans chacune des nacelles. Ce dispositif, qui comportait une pile, un moteur, des engrenages et un système bielle manivelle (permettant lorsque la bielle était en position haute d’actionner l’interrupteur de l’appareil photo), a été l’occasion d’étudier les associations d’engrenages et les circuits électriques simples. Les élèves ont également été conduits à construire un dispositif de largage de la première nacelle ainsi qu’un système « enregistrant » la diminution de la pression lors de la montée du ballon ; le procédé, très astucieux, a consisté à suivre la trace laissée sur une feuille de papier par le piston d’une seringue dont le déplacement était provoqué par la diminution de la pression atmosphérique.
Le lancement du ballon (fourni par le CNRS) a été effectué dans la baie du Mont Saint-Michel. La récupération des deux nacelles a permis d’obtenir une grande partie des résultats attendus, notamment de très belles photos montrant la baie du Mont Saint-Michel à des altitudes différentes avec l’un des appareils photos, et la rotondité de la Terre avec l’autre.
En conclusion, ce projet, qui a permis aux élèves d’aborder des domaines très variés des sciences et de la technologie, a conduit a une réalisation dont il convient de souligner la très grande qualité.

  • l’école Chantal Mauduit de Barberaz (Savoie) pour le dossier présenté par la classe de CM1-CM2 de Madame Anne CLÉMENSON, Dessine-moi une maison (500 €).

Les enfants ont d’abord dessiné et décrit la maison qu'ils jugeaient idéale. Ils ont ensuite pris l’exemple de célèbres bâtisseurs naturels, les fourmis, dont les constructions ne sont en rien le fruit du hasard. Comment les fourmis résistent-elles à l'hiver? Comment font-elles lorsqu'il fait très chaud l’été? Un premier travail d’observation a servi de fondation à l'ensemble du projet dont les élèves ont été les architectes. Lors de l'étape suivante, ils se sont posé des questions sur des notions importantes quand il s’agit de construire une maison : l’exposition, l’orientation, la forme, l’isolation, le choix des matériaux... Pour y répondre au mieux, ils ont proposé des explications dont la validité a été testée par des expériences. Ils en ont analysé les résultats, suivant une démarche que détaillent des extraits de cahiers d'expériences.
Prenant exemple sur d'autres constructeurs célèbres comme les trois petits cochons, et mettant à profit l'expérience de Boucles d'Or, célèbre visiteuse dont la curiosité peut être un défaut utile ... un travail mené parallèlement en littérature sur le détournement de contes a permis aux élèves de rendre compte, au travers de la rédaction d'un roman-album, de l'ensemble de leur cheminement et par là même de ce que représente une attitude éco-citoyenne. Il s'est achevé par une exposition d’affiches, réalisées par les élèves.
Au total, il s’agit d’un projet extrêmement intéressant par cette dimension interdisciplinaire absolument unique puisque partant des Arts plastiques, il va successivement rallier la biologie pour sa phase d’observation, les sciences physiques pour sa phase expérimentale, et enfin la littérature pour l’expression de ses conclusions.
La présentation qui nous en est donnée mérite que l’on souligne sa clarté, sa justesse et même… sa beauté. La participation des élèves est incontestable et bien mise en évidence. L’engagement de leur enseignante est tout à fait exemplaire et mérite d’être récompensé.

  • l’école du Chaumet à  Évires (Haute-Savoie)pour le projet réalisé par la classe de CE2 CM1-CM2 de Madame Sophie FRÉMINEUR accompagnée par deux parents scientifiques, Madame CHRIS LÉON-MOESCHLER et Monsieur Pascal MOESCHLER, La chauve-souris : un animal discret et méconnu (600 €).

L’origine de ce projet est intéressante à souligner. Chaque année, la ville de Genève et son Muséum d’Histoire naturelle, qui héberge un centre de coordination pour l’étude et la protection des chauves-souris, organisent, fin août, une nuit des chauves-souris au cours de laquelle sont présentées des conférences et des captures d’animaux visant à leur recensement et à leur observation dans les centres de soin et des ateliers animés par des scientifiques. Cette sensibilisation n’a concerné qu’une partie des élèves de la classe et Madame Sophie FRÉMINEUR a entrepris de développer son projet sur la chauve-souris tout au long de l’année scolaire, en partenariat avec deux parents d’élèves, scientifiques de profession.
Les questions de biologie ont été abordées : l’habitat de la chauve-souris, son activité diurne ou nocturne, son mode d’hibernation, variable selon les espèces, sa place dans la classification des êtres vivants, par rapport aux autres mammifères, aux oiseaux et aux insectes, la structure de ses ailes et son mode de vol, ses prédateurs et son mode de capture… et, de manière très fine, les raisons des maléfices que lui prête l’homme.
Pour chacune de ces questions, qui s’inscrivent pleinement dans les programmes du cycle 3, la démarche de La main à la pâte a été pleinement respectée. De nombreuses pages du dossier, extraites des cahiers d’expérience, illustrent très clairement autant la participation, le cheminement d’élèves individuels et la progression de chacun des 3 niveaux réunis dans cette classe que les conclusions collectives de la classe. Une recherche documentaire complétée d’une visite du Muséum d’Histoire naturelle de Genève, a été organisée par l’enseignante et illustrée par des notes prises par les élèves eux-mêmes
Enfin, l’ensemble du travail, qui a permis de faire significativement évoluer le comportement des élèves, a donné lieu à une exposition sur la chauve-souris en Savoie et dans le monde, dans laquelle des affiches réalisées par les élèves recensent les questions explorées et confrontent les réponses qu’ils ont obtenues par leur travail à celles qu’a fournies le Muséum !
Il s’agit là d’un excellent dossier à tous points de vue.

  • l’école Édouard Herriot du Mesnil-Esnard (Seine-Maritime)), pour le travail réalisé par la classe de CM2 de Madame Christine BLAISOT, La diversité du vivant (300 €).

Il s’agit d’un projet de classe intégré au projet d’école dont l’un des volets est « l’enfant citoyen ». Pendant 6 mois, il a conduit à étudier la diversité dans la classe (les cheveux, les yeux, la peau, la forme des oreilles), dans la forêt (épeires, scolopendres, fourmis, coccinelles…) et d’aborder le thème du respect des autres et de l’environnement.
Un début de classification et une étude de fossiles a permis d’aborder les problèmes liés à l’évolution.
Sous la conduite de leur enseignante qui a mis l’accent sur le développement des compétences dans le domaine de la langue, mais aussi sur les représentations initiales des enfants, les élèves ont fourni un gros travail d’observation et de description. Manifestement très motivés pour participer aux activités proposées, ils ont pu visiter des laboratoires et discuter avec les chercheurs, ce qui a été l’occasion d’un véritable éveil au métier de la recherche. L’engagement de partenaires extérieurs, comme des parents et des membres de la communauté scientifique, aux côtés des élèves et de leur enseignante, a été primordiale pour le développement du projet.

Il s’agit là d’un très bon exemple de démarche expérimentale, menée dans la pluridisciplinarité, qui fait apparaître avec netteté l’évolution des conceptions des élèves à travers le travail mené à l’intérieur et en dehors de la classe, tout au long d’un dossier bien présenté et agréable à lire, complété par un livre retraçant le travail fourni par les élèves et leurs acquis, dont les contenus ont été élaborés en concertation par le groupe.