Les calendriers

Auteurs : Equipe La main à la pâte(plus d'infos)
Résumé :
Extrait de Nouvel Autodidactique aux Editions Quillet. Ouvrage collectif, publication en mars 1993.
Copyright :
Creative Commons France. Certains droits réservés.

Sommaire:

Introduction
Le calendrier chaldéen
Le calendrier hébreu
Le calendrier égyptien
Le calendrier romain primitif
Le calendrier grec
Le calendrier musulman
Le calendrier israélite
Le calendrier républicain
Le calendrier perpétuel

 

Introduction

L'observation répétée de phénomènes périodiques (alternance du jour et de la nuit, course journalière du Soleil dans le ciel, phases de la Lune, saisons ... ) a fourni les premiers rudiments d'une notion de temps. L'utilisation d'instruments simples, tel par exemple le gnomon, a permis ensuite d'affiner ce concept; des durées repères ont été définies avec le jour, le mois ou lunaison, l'année.

Ces durées n'ont pas entre elles de rapport simple, et, pour obtenir un calendrier utilisable, il faut opérer un choix entre la reproduction du mois lunaire ou celle de l'année solaire. On appelle calendrier lunaire un calendrier basé sur la concordance avec le cycle de la Lune; le calendrier solaire est un calendrier basé sur le cycle solaire, donc en concordance avec les saisons. On dit d'un calendrier qu'il est luni-solaire s'il essaie de concilier les deux.

 

Les calendriers anciens reflètent les tâtonnements pour arriver à prévoir les phénomènes liés soit au Soleil, soit à la Lune, mais ils sont aussi fortement marqués par la vie économique, politique ou religieuse.

 

A cause de la révolution de la Terre autour du Soleil, on voit au cours de l'année différentes parties du ciel à chaque heure de la nuit; par ailleurs, le mouvement de rotation propre de la Terre fait aussi varier le ciel visible au long de la nuit. Du fait de l'inclinaison de l'axe de la Terre par rapport à la normale au plan de l'écliptique, certaines étoiles et constellations sont visibles tout au long de l'année: ce sont les constellations circumpolaires (Petite Ourse, Grande Ourse, par exemple, sous nos latitudes). Les autres restent invisibles la nuit pendant une certaine période de l'année. Cela se comprend aisément pour celles de la zone zodiacale: à un moment de l'année, le Soleil est « vu » dans la direction d'une des constellations dans lesquelles passe l'écliptique : les étoiles sont au-dessus de l'horizon en même temps que le Soleil, et donc pendant le jour où on ne peut les voir. A mesure que la Terre poursuit sa révolution, le Soleil, sur le fond du ciel, semble quitter la constellation et se déplacer vers la constellation suivante à l'est; on recommence alors à pouvoir observer les étoiles les plus brillantes de la première, un peu avant le lever du Soleil. On parle du lever héliaque d'une étoile ou d'une constellation quand celle‑ci réapparaît au lever du Soleil.

Un tel lever héliaque d'une étoile donnée se produit quand le Soleil se retrouve exactement à la même position (sur une période assez courte) sur l'écliptique. Il constitue donc un ' moyen de repérer les saisons. Sur des périodes de temps assez longues, la précession des équinoxes opère un glissement de ce lever héliaque par rapport aux saisons: le lever héliaque de Sirius, qui était utilisé par les Égyptiens parce qu'il coïncidait avec le début de la crue du Nil au solstice d'été, au cinquième millénaire avant notre ère, a lieu maintenant au début du mois d'août.

 

Le calendrier chaldéen

Le calendrier chaldéen comportait 12 mois de 29 et 30 Jours alternés soit un total de 354 j, d'où un retard par rapport à l'année des saisons de 11,25 jours par an. Pour compenser ce retard, le souverain ajoutait, environ tous les 3 ans, un mois à l'année: pour se repérer, il rattachait à chaque mois le lever héliaque de 2 ou 3 étoiles; le mois était ajouté lorsque le décalage était nettement constaté. Cette opération fut faite un peu irrégulièrement, ce qui rend la chronologie difficile à remonter. On décidait du début du mois par l'observation du fin croissant qui suit la Nouvelle Lune, observé au coucher du Soleil.

 

Le calendrier hébreu

Le calendrier hébreu est très voisin du calendrier chaldéen: le redoublement du mois d'Adar était décidé par les prêtres en liaison avec le rituel de la Pâque. Le 14 Nisan, Jour de Pleine Lune, on immolait l'agneau pascal; le 16 Nisan, on offrait les prémices de la moisson d'orge; 50 jours après, c'était la Pentecôte et l'on offrait deux pains de froment nouveau. Si l'orge n'était pas mûr à temps, les prêtres redoublaient le mois d'Adar.

Pour les Hébreux, la semaine débutait par Sabbat, jour de repos, qui commençait le vendredi soir car le jour débutait au coucher du Soleil. Or, il ne pouvait y avoir deux jours de fête consécutifs: l'année ne pouvait commencer, avec le ler Tisri en automne, ni un vendredi, ni un dimanche, ni un mercredi, à cause des répercussions dans l'année. On reculait alors d'un jour le 1er Tisri, ce qui conduisit à envisager 6 sortes ‑d'années: les années communes, qui pouvaient être défectives (353 jours), régulières (354 jours), abondantes (355 jours) et les années embolismiques de 13 mois qui pouvaient être de même défectives (383 jours), régulières (384 jours), ou abondantes (385 jours).

Ces deux calendriers, empiriques, reposaient sur l'observation du ciel et la connaissance des phénomènes astronomiques; ils rendaient difficile l'établissement d'une chronologie et l'établissement de prévisions pour un calendrier établi.

 

Le calendrier égyptien

Il fut établi dix mille ans avant notre ère ; il comportait au début 12 mois de 30 jours, et donc une année de 360 jours. Vers - 4200, il passa à 365 jours par addition de 5 jours épagomènes après le 12e Mois. Ce calendrier de 365 jours est connu sous le nom de calendrier vague; il subit un décalage d'un jour tous les 4 ans et annonce en avance les fêtes par rapport à leurs places réelles, par exemple les moissons ou la crue du Nil... Ce décalage fut perçu très tôt à cause de la coïncidence du lever héliaque de l'étoile Sirius, que les Égyptiens appelaient Sothis, avec le début de la crue du Nil, ce qui avait été fixé comme début de l'année par les prêtres.

 

Tout rentra dans l'ordre, 1461 ans plus tard, en l'an- 2775 par la coïncidence retrouvée. Cette période est connue sous le nom de première période sothiaque ; la deuxième se termina en l'an - 1317 1 et la fin de la troisième fut encore fêtée en

139 de notre ère.

 

En l'an -237, Ptolémée III Evergète essaya de corriger le défaut de ce calendrier en ajoutant un sixième jour épagomène tous les 4 ans, mais cette réforme resta limitée aux actes officiels.


 

Le calendrier romain primitif

Le calendrier romain fut d'abord un calendrier lunaire de 29 et 30 jours alternativement. Le premier jour du mois, ou Calendes était décidé par l'observation du fin croissant après la Nouvelle Lune. L'année avait dix mois et 295 jours; le nom des 6 derniers mois était celui de leur rang dans l'année; les 4 derniers s'appelaient September, October, November et December. Le premier de l'an était fixé aux Calendes de mars.

En 700 avant J.C., le décalage trop important avec l'année des saisons provoqua l'abandon du cycle lunaire et l'addition de deux mois supplémentaires, ceux de janvier et février; on attribua 31 jours à 4 « grands » mois, 29 jours aux autres, sauf février qui n'en eut que 28 parce que, le pair ne plaisant pas aux dieux, on ne donnait un nombre pair de jours qu'au seul mois, le dernier de l'année, dédié aux dieux infernaux. Mais cette année de 355 jours étant trop courte, on rajouta tous les deux ans, après le 24 février, un mois d'abord de 22 jours, puis d'une durée variable. Ce sont les Pontifes qui fixaient la durée de ce mois ‑, ils l'utilisèrent très vite à des fins politiques, ce qui conduisit à une extrême confusion au 1er siècle avant J.C., où l'on célébrait la moisson en hiver, et qui motiva la réforme de Jules César.

Chaldéens, Hébreux ou Égyptiens, on le voit, connaissaient et utilisaient mieux certains phénomènes astronomiques que les Romains pour qui seules des raisons religieuses ou politiques gouvernaient le calendrier. Alors que les premiers avaient des calendriers réguliers ou réglés sur des phénomènes physiques, les derniers voient leur calendrier fluctuer dans la plus grande confusion jusqu'à l'arrivée de César.

 

 

Le calendrier grec

Avant le VIIIe siècle alternaient des mois « pleins » de 30 jours et « caves » de 29 jours. L'année avait donc 12 mois et 354 jours, ce qui assurait une bonne concordance avec la Lune mais pas avec l'année des saisons.

 

Marins et paysans se servaient des couchers héliaques de constellations pour se situer par rapport aux saisons; ils utilisaient des parapegmes, sortes d'almanachs, indiquant les concordances. Un mois comportait 3 décades de 9 ou 10 jours et le premier jour du mois s'appelait « néoménis », qui signifie « Nouvelle Lune ». Un premier oracle avait prescrit de régler les solennités sur les phases de la Lune, un second demanda de régler les cérémonies agricoles aux mêmes dates, d'où la nécessité d'harmoniser le calendrier avec l'année des saisons. Après quelques tâtonnements, vers ‑ 600, le calendrier fut basé sur une période de 8 ans, l'octaétéride: un an comportait soit 12 mois, alternativement pleins et caves, soit 13, les 3e, 5e et 8e année de l'octaétéride. Celui‑ci comportait donc 2922 jours, et la durée moyenne de l'année était de 365,25 jours. On avait d'autre part 51 mois pleins et 48 caves, soit un total de 99 mois d'une durée moyenne de 29,51 jours, au lieu de 29,53. Le mois était donc un peu trop court et tendait à annoncer à l'avance les phénomènes lunaires. Sur une octaétéride la différence était voisine de 2 jours (99 X (29,53 ‑ 29,511)); au bout de 7 octaétérides, elle était de 15,8 jours (0,02 X 99 X 7): le calendrier annonçait la Lune pleine quand elle était nouvelle et inversement!

Cela motiva une réforme, basée sur le cycle de Méton, connu vers 400 avant J.C. On avait en effet remarqué que 235 lunaisons valent 6 939,69 jours et que 19 années de 365,25 jours valent 6 939,75 jours: au bout de 19 ans, les phases reviennent donc aux mêmes dates. Cette période comprenait une alternance de mois pleins et caves et d'années différentes, de 357, 355 et 384 jours répartis le plus régulièrement possible.

En 330 avant J.C., un perfectionnement supplémentaire consista à supprimer un jour tous les 4 cycles de Méton, c'est-à-dire tous les 76 ans: 27 759 jours font alors 76 ans et 940 mois; la durée moyenne de l'année est de 365,25 jours et celle du mois de 29,53085. En - 130 enfin, Hipparque remarqua que la durée de l'année était un peu plus courte et proposa de retrancher un jour toutes les 4 périodes de 4 cycles de Méton, c'est-à-dire tous les 304 ans, ce qui donna alors 11 036 jours et 3 760 mois pour 304 ans. Il en résultait une durée moyenne de l'année de 365,2467 jours, au lieu de 365,2422 jours et une durée moyenne du mois de 29,530585 jours, au lieu de 29,53059.

Ces valeurs sont excellentes et rendent compte de l'extraordinaire travail des astronomes grecs, en particulier de l'école d'Alexandrie, et de leur très bonne connaissance des cycles lunaire et solaire. Cependant, les calendriers ainsi élaborés, s'ils atteignaient une quasi perfection du point de vue de la concordance avec la Lune et le Soleil, ne furent pas utilisés par les Grecs à cause de leur trop grande complexité, et le peuple grec s'en tint à l'octaétéride malgré les décalages irréguliers avec la Lune. À partir du IIIe siècle avant J.C., on numérota les années par rapport aux Olympiades, et on put de la sorte faire remonter la chronologie à - 766.

Au moment où César arriva au pouvoir à Rome, le calendrier était dans la confusion la plus complète, les pontifes ayant le droit de décider de la durée de l'année, et en abusant. César fit appel à un astronome d'Alexandrie, Sosigène, qui proposa la réforme suivante: la durée moyenne de l'année serait de 365,25 jours, par la succession de trois années 365 Jours suivies d'une année puis une de 366, avec addition d'un jour en février dit journée bissextile: on redoublait le 6e jour, avant les calendes de mats, ce qui permettait de garder un « nombre pair » de jours au mois de février. L'équinoxe de printemps coïnciderait désormais avec le 25 mars, et l'année débuterait le ler janvier. L'année où cette réforme fut mise en place, qui est l'année 708 de la fondation de Rome, compta 455 jours et fut appelée année de confusion.

En fait, cette année julienne est trop longue de 365,25-365,2422 jours, soient 5,47 minutes, ce que savait déjà Hipparque et que Sosigène ne devait pas ignorer.

En l'an 325, le concile de Nicée voulut fixer la date de Pâques: en principe, d'après l'Évangile, c'est le premier dimanche après la Pâque juive (15 Nisan); mais pour édicter une règle indiscutable, le concile décida que Pâques serait le premier dimanche après le 14e jour de la Lune qui tombe le jour de l'équinoxe ou immédiatement après. Le concile constata que, cette année-là, l'équinoxe tombait le 21 mars au heu du 25 fixé par César, et attribua l'erreur à Sosigène ... ce qui n'empêcha pas le calendrier de continuer à dériver ...

Au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII décida de faire appel à des astronomes pour enrayer cette dérive: il s'agissait de supprimer 3 jours tous les 400 ans. Les années continuèrent à être bissextiles tous les 4 ans (celles dont les deux derniers chiffres forment un nombre divisible par 4) mais les années séculaires, qui étaient toutes bissextiles jusqu'alors, ne le seraient plus désormais que si les deux premiers chiffres forment un nombre divisible par 4. Cela donne une durée moyenne de 365,2425 jours.

Cette réforme fut mise en place de la manière suivante: à Rome, le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut le vendredi 15 octobre 1582, afin de supprimer les 10 jours d'avance du calendrier au moment de l'équinoxe.

La réforme fut adoptée à des moments différents par les États européens, suivant leurs religions et leurs réticences populaires aux modifications du calendrier en usage : rapidement par les États catholiques, en 1700 par les États protestants, en 1752 par l'Angleterre, en 1923 par les États orthodoxes. En France, le 20 décembre 1582 succéda au 9 décembre; en Angleterre, le 2 septembre 1752 fut suivi du 14 septembre. Le calendrier grégorien a été adopté par le Japon en 1873, la Chine en 1911, l'URSS en 1923 et la Turquie en 1926.

 

 

Le calendrier musulman

Le calendrier musulman est purement lunaire: l'année a 12 mois alternativement de 29 et 30 jours, et 354 jours; il y a donc un décalage d'environ 11 jours avec l'année des saisons; le 1er de l'an, ler Moharram, tombe chaque année 11 Jours plus tôt et parcourt donc l'année des saisons. Pour avoir un bon accord avec la lunaison, il faut ajouter 11 jours au cours de 30 années musulmanes: (29,530588 ‑ 29,5) X 12 x 30 = 11,01 jours. Sur 30 ans on a donc 11 années « abondantes » de 355 jours, réparties à peu près régulièrement. Les années musulmanes sont comptées à partir de l'Hégire, départ de Mahomet de La Mecque pour Médine, le 16 juillet 622. Ainsi le 24 juillet 1990 était le ler Moharram 1411 de l'Hégire et l'année 1411 se termine le 29 Dou-AI-Hijja (11 juillet 1991).

 

Ce calendrier est utilisé à l'heure actuelle dans plusieurs pays arabes, et partout où vivent des musulmans pratiquants qui respectent, en particulier, le jeûne diurne durant tout le mois de Ramadan, jeûne beaucoup plus difficile à suivre les années où Ramadan tombe au printemps ou en été sous nos latitudes, car les jours y sont beaucoup plus longs que les nuits.

On peut remarquer que pour 100 cycles de 30 ans apparait un décalage d'un jour avec la Lune (11,01 X 100 = 1101 et non 1 100).

 

Le calendrier israélite

Dès que les juifs eurent connaissance du cycle de Méton, ils l'utilisèrent: sur un cycle de 19 ans, il y a 253 lunaisons. On a donc des années communes de 12 mois et des années embolismiques de 13 mois. Ces années peuvent être aussi, et pour les mêmes raisons que dans le calendrier ancien, défectives, régulières ou abondantes.

Ce calendrier est donc un calendrier luni-solaire. Il est utilisé en Israël, et partout où vivent des juifs pratiquants qui respectent les jours de fête: Nouvel An (ler Tisri), Pâque juive, kippour...

Les années ont été comptées à partir d'une date mythique représentant la création du monde, d'après la généalogie de la Bible. Ainsi le ler Tisri 5753 était le 28 septembre 1992; la durée moyenne d'une année est sensiblement la même que pour le calendrier grégorien.

 

Le calendrier républicain

Dans le même mouvement que celui qui conduisit à l'adoption du système métrique comme système légal, la Convention chercha à établir un calendrier qui ne serait plus marqué par la religion catholique, mais qui serait déterminé par des phénomènes physiques et donc pourrait être adopté universellement.

L'année débutait le jour de l'équinoxe d'automne pour le méridien de Paris, qui coïncidait avec l'anniversaire du Jour de proclamation de la République, le 22 septembre 1792. Elle comportait 12 mois de 30 jours groupés en 3 décades de 10 jours, suivis soit de 5 jours, soit de 6, les années « sextiles », cela étant fixé par décret, d'après les résultats des observations et des calculs.

La semaine, marquée par la Création dans la Bible, était ainsi supprimée au profit de la décade, liée au système décimal, dont les jours se nommaient d'après leur rang dans la décade (Primidi, Duodi, Tridi, ... Décadi). Les mois furent nommés, sur proposition de Fabre d'Églantine, en fonction de la saison: Vendémiaire, Brumaire, Frimaire, en automne, Nivôse, Pluviôse, Ventôse en hiver, Germinal, Floréal, Prairial au printemps et Messidor, Thermidor, Fructidor en été.

 

L'ère liée à ce calendrier débuta le 22 septembre 1792 appelé a posteriori, 1er Vendémiaire An 1.

 

Ce calendrier se voulait universel, mais le début de l'année était lié au méridien de Paris, et le nom des mois au climat français... Il ne fut en fait utilisé qu'en France, à partir du 14 Vendémiaire An 11 (5 octobre 1793), et fut aboli par un décret de Napoléon à partir du ler janvier 1806.

 

Le calendrier perpétuel

La semaine divise le mois en quatre parties, correspondant à chacune des quatre phases principales de la Lune: sa durée de 7 jours correspond au quotient entier de 29,5 par 4.

 

Les noms des jours proviennent de ceux du Soleil, de la Lune et des cinq planètes qui sont visibles à l'il nu. Les anciens avaient classé ces astres dans l'ordre de la rapidité croissante de leur mouvement apparent par rapport aux étoiles, ordre interprété comme résultant d'une distance décroissante: (1) Saturne, (2) Jupiter, (3) Mars, (4) le Soleil, (5) Vénus, (6) Mercure et (7) la Lune.

 

On dédiait successivement chaque heure du jour à chacun de ces astres et le jour tout entier à celui auquel était dédiée la première heure du jour. Si l'on part d'un premier jour dédié à Saturne, l'astre de numéro 1 dans notre liste, cela veut dire que la première heure de ce jour est dédiée à Saturne; la première heure du jour suivant est dédiée à l'astre dont le numéro est égal à 1 24, modulo 7, soit l'astre numéro 4 (le Soleil); celle du jour suivant est dédiée à l'astre numéro 4 24, modulo 7, soit l'astre numéro 7 (la Lune). On construit ainsi la suite des jours de la semaine, dont l'étymologie rappelle souvent le nom de l'astre correspondant.