Expliquer le phénomène des saisons en ps-ms

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Expliquer le phénomène des saisons en ps-ms

L'idée m'est venue d'expliquer aux enfants le phénomène des saisons. Une enfant de ma classe d'origine australienne va passer 2 mois dont Noël en Australie. Nous allons confronter des photos de situations parlantes prise à la même date dans les 2 continents. Mais comment expliquer aux enfants que Noël puisse se passer à la plage en maillot de bain alors que nous serons sous la neige en montagne au même moment ?

Bonjour! J'ai remarqué que la question a déjà été abordée ici : http://www.fondation-lamap.org/fr/topic/12380

Isabelle VIRARD

Les variations des saisons sont liées aux variations de la hauteur du soleil sur l'horizon. Si l'axe de rotation de la Terre était perpendiculaire au plan de l'écliptique, il est facile de voir sur un schema de la Terre et du Soleil que cette hauteur varierait avec la latitude mais serait la même toute l'année. En inclinant l'axe de rotation de la Terre de 27° environ, on constate que d'un côté du soleil un des hémisphères voit le soleil plus haut, l'autre hémisphère le voit plus bas. Lorsque la Terre passe de l'autre côté du Soleil, le premier hémisphère voit le Soleil plus bas et l'autre le voit plus haut. Le petit schema avec les deux images de la Terre de chaque côté du Soleil, l'axe incliné de 27°, parle de lui-même.
Un phénomène plus délicat à montrer : on dit souvent que la nuit tombe plus vite en hiver. C'est faux, elle tombe plus tôt, mais la durée du crépuscule ne dépend que de la latitude, pas de la saison.

Patrick Bouchareine

Bonjour,
"Il est facile de voir sur un schéma" ou "le schéma parle de lui-même": rien n'est moins sur en ps-ms...
Relier l'inclinaison de l'axe de rotation a une différence d'apport d'energie solaire, n'est pas intuitif. D'autre part il existe plusieurs conceptions sur le sujet qu'il faut prendre en compte : par exemple les représentations des trajectoires exagérément elliptiques, qui renforcent la conception liant la variation de distance Terre-Soleil aux variations saisonnières.
Il existe plusieurs activités d'investigation visant à aider les enfants à comprender certains aspects de ce problème (à l'aide de boules de polystyrène par exemple).
Michaël.

Chercheur en didactique de la physique/Education à l'ingénieirie/Qualité de l'air
Universidad El Bosque (Bogota, Colombie)
Pequeños Cientificos

Bonjour,
Je ne reviendrai pas sur les modèles qui permettent d'expliquer les saisons repris dans les réponses précédentes... mais je voudrais attirer ton attention sur le niveau auquel tu travailles et sur le niveau de formulation des concepts.
En PS/MS le modèle explicatif est hors de portée des enfants. Nous n'en sommes encore qu'à constater les différentes manifestations des saisons au cours de l'année là ou ils vivent et à en garder une trace (température, précipitations, nuit/jour au moment ou on arrive en classe).
Quant à travailler sur l'inversion des saisons entre les hémisphères, cela me parait bien hors de propos avec ces élèves. En revanche on peut constater par discussion, photos (avec un trace par affichage parallèle), que l'élève qui était en Australie ("ailleurs qu'ici")n'a pas vécu et vu les mêmes choses que nous (température, vêtements, plage/ski ...)... et déjà arriver à l'idée que "ça ne se passe pas pareil partout" me parait suffisamment ambitieux à ce niveau : rien n'interdit si le "pourquoi" est posé de dire que c'est un peu compliqué qu'on le verra plus tard.
Le modèle explicatif avec travail sur maquette, qui nécessite une représentation de l'espace au niveau de la Terre et une décentration du point de vue ne sera en fait pas abordé avant le cycle 3.
Cordialement

Michel Ouliac

Michel Ouliac
ex-formateur IUFM

Je fais amende honorable pour ma réponse d'hier, un peu rapide. L'angle de l'axe de rotation de la Terre avec la perpendiculaire au plan de l'écliptique est 23° 27', et non 27° comme je l'ai écrit. Mieux qu'un schéma, une mappemonde dont l'angle de l'axe de rotation est correctement ajusté permet de toucher des yeux la variation des saisons. Une lampe placée dans le même plan horizontal et suffisamment éloignée pour que les rayons soient à peu près parallèles éclairera différemment le globe suivant que le pôle nord est dirigé vers le soleil (solstice d'été) ou dans la direction opposée (solstice d'hiver). C'est au solstice d'été, vers le 21 juin, que la journée est la plus longue et que les rayons frappent les surfaces de l'hémisphère nord avec la plus grande efficacité. A cause de l'inertie thermique de la croûte terrestre, c'est en juillet et en août que les températures sont, en moyenne, les plus élevées. C'est au solstice d'hiver, vers le 21 décembre, que les journées sont les plus courtes, et l'insolation est plus rasante. Pour la même raison, ce n'est qu'en janvier et en février que l'on subit les plus basses températures, en moyenne. Si l'axe de rotation de la Terre était perpendiculaire au plan de l'écliptique, il n'y aurait plus de saisons, et la vie serait bien monotone.

Patrick Bouchareine

Je rappelle que la construction du « temps qui passe » est une activité quotidienne à la maternelle. C’est un des objectifs des rituels mis en place chaque matin (quel jour, quelle date ?). Ce n’est pas quelque chose qui se construit au cours d’une leçon ! Cela nécessite une programmation…de cycle !
La construction des saisons se fait également dans la durée par une observation continue du monde qui entoure les enfants : observation des différences –lien avec le temps (au sens météo ) aux différents moments de l’année : (observation des arbres de la cour de récréation les bourgeons , les feuilles etc., réalisation de photographies aux différents moments de l’année, photographies conservées et placées sur une frise chronologique reliée à des moments repérables par des enfants jeunes etc. …)
Un enfant de PS/MS ne peut pas comprendre la notion de saison en une leçon. Quant à lui faire comprendre la différence entre l’Australie et la France, n’en parlons pas !
Votre projet d’expliquer les saisons (au sens astronomique) n’est pas pertinent : il faut commencer par les observer et les identifier !
La découverte des saisons et manifestations dans leur environnement (cycles 1 et 2) est indispensable avant d’aborder l’explication qui est une activité pour des élèves de cycle3
La seule chose réalisable est donc, peut-être, d’observer les photos d’Australie (soleil, plage chaleur …) et de comparer avec ce qui se passe au même moment dans l’ environnement proche (froid, neige…) : langage, valorisation des enfants concernés.
Maryvonne STALLAERTS

Maryvonne STALLAERTS
Ex - Formatrice ESPE de Bretagne
UNIRèS, Réseau des universités pour l'éducation à la santé
http://plates-formes.iufm.fr/education-sante-prevention/

Message de Claude Chat:

 

Je suis très étonné de constater que personne ne pense à répondre que faire des sciences, ce n'est pas expliquer, et encore moins en PS-MS.
L'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre n'est évidemment pas à aborder à cet âge (programme de C3).
Il serait déjà très suffisant et indispensable de leur faire observer et décrire les changements dans leur environnement immédiat (cour de l'école, jardin public, espaces verts du quartier...), l'état du ciel, l'état de l'eau (liquide ou solide), la présence ou non d'animaux...
Quant à la problématique australienne, on pourra juste conclure qu'il ne fait pas le même temps sur Terre au même moment selon l'endroit où l'on se trouve.

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Dr Mathieu HIRTZIG
Webmestre - Médiateur Scientifique
Fondation La Main à la Pâte