Loup

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Loup

Bonjour,
je suis enseignante en maternelle et je compte travailler sur le personnage du loup, en littérature notamment. J'aimerais savoir si en sciences je peux travailler sur le loup: son mode de vie, etc. Je me demande si je ne suis pas hors programme?

PS: j'ai une classe de ms.

Merci.

Bonjour
Le "loup" est très présent dans la littérature jeunesse (me vient à l'esprit: le petit chaperon rouge; les trois petits cochons; le loup et les 7 chevreaux; le loup est revenu; le loup et l'agneau...) et peut être aisément exploiter dans d'autres domaines créant un projet très riche pour les élèves. En maternelle, l'enfant découvre le vivant ("il observe, pose des questions..). Donc découvrir le loup (en vrai) est tout à fait justifié en MS. Suite aux différentes lectures (culture littéraire) et à des lectures de documentaires adaptés aux élèves, les élèves peuvent appréhender la place du loup et découvrir cet animal sauvage à travers de ses grandes fonctions: croissance, nutrition, locomotion, reproduction. On pourrait leur demander de dessiner un loup, les interpeller sur ses dents...; leur faire réaliser des affiches à partir d'une photographie ou d'une image au tbi de loup, leur faire décrire (vocabulaire: oreilles, museau, yeux, queue, pattes et griffes..), une autre affiche sur ce que mange le loup, sur sa famille (place du vocabulaire)...Remettre des images séquentielles dans l'ordre chronologique (du plus jeune au plus âgé...)
Voici quelques idées en vrac sur ce beau projet qui peut être très riche pour tout le monde...
Cordialement
B. Plault

B. Plault

Bonjour,
Comme en témoigne l’abondance d’expressions populaires et de légendes faisant mention de cet animal, le loup suscite la fascination chez l’Homme et il s’agit d’un sujet passionnant.
Néanmoins,

« Si on savait où le loup se trouve, on irait l’attendre au trou »

dit un proverbe savoyard qui résume bien la situation. Le loup est très difficile (voire impossible) à observer et cela en fait une illustration peu pratique pour une classe de maternelle (surtout en ce qui concerne leur mode de vie). Mais son côté mystérieux, effrayant et familier mérite bien que vous vous y penchiez.

Dans le cadre du programme des classes de maternelle, deux aspects (au moins) pourraient être traités en prenant le loup (Canis lupus, le Loup gris, le plus fréquent en Europe) comme illustration.

D’abord, comme point de départ pour la sensibilisation aux problèmes environnementaux et de respect des êtres vivants. Si les loups sont aujourd’hui rares, cela n’a pas toujours été le cas. Depuis le Moyen-Age jusqu’à la moitié du XIXème siècle, le loup était relativement abondant en Europe et notamment en France où il était retrouvé dans 90% des départements à hauteur de 15 000 loups au total (fin XVIIIème). Sa présence jusqu’à la lisière des villes était alors un problème de sécurité pour les habitants et pour les troupeaux. De nombreux mythes et légendes font mention de bêtes féroces (comme la bête du Gévaudan) : sans doute rien de plus qu’un loup. Cette présence massive et pesante a conduit à l’organisation de véritable chasses aux loups (armes à feu, pièges à loup, …) et à de larges campagnes d’empoisonnement avec des produits extraits de plantes comme la noix vomique, ou encore l’aconit tue-loup qui porte bien son nom. La diabolisation du loup (que vous aborderez sans doute dans la partie plus « littéraire ») s’est soldée par une quasi-extinction du loup en France au début du XXème siècle (quelques individus seulement sur l’ensemble du territoire) si bien qu’aujourd’hui observer un loup en liberté demande beaucoup de patience …et de chance ! En partant de la relation Homme-loup dans la culture populaire et dans la littérature, il peut être intéressant de leur faire prendre conscience de l’impact de l’Homme sur les populations animales.

D’autre part, en lien avec la partie du programme « Prendre en compte les risques et les dangers », il est envisageable de discuter du véritable danger que représente les loups pour l’Homme. S’ils s’attaquent sans nul doute aux troupeaux dans les alpages pour se nourrir (le loup est un carnassier et cela se met assez facilement en évidence en observant sa dentition dont les crocs et les molaires sont particulièrement adaptés à l’arrachage et au déchiquetage de la viande), il est très rare que les loups s’en prennent aux Hommes. Les témoignages sont plutôt rares et les circonstances de l’accident souvent assez obscures. Aussi, il peut être intéressant de mettre en avant les différences entre ce qui est dit dans les légendes et la vérité « biologique ».

Pour le reste (mode de vie, …) le loup semble mal se prêter à l’étude en classe. En revanche, pourquoi ne pas partir de l’expression « à la queue leu leu » et expliquer d’où cela vient (« leu » signifie « loup » en ancien français) en observant des photos de meutes de loup se déplaçant dans la neige en file indienne ou – plus justement - à la « queue leu leu » ?

J’espère que ces quelques pistes vous permettront de discuter avec vos élèves autour de la vie de cet animal avec lequel ils sont déjà bien familiers.

Cordialement
BERARDOZZI Romain

Romain BERARDOZZI

Bonjour
Autre idée pour traiter le sujet en classe avec des élèves de CM:
"Faire le procès du loup"

Lire des histoires de loups dans lesquelles il apparaît tantôt gentil tantôt méchant.

Emmener les élèves dans un vrai tribunal pour connaître le rôle du juge, de l'avocat du procureur...

Monter ensuite un spectacle en classe. Les élèves à tour de rôle prennent la défense du loup ou au contraire l'accusent en argumentant à partir de chaque histoire lue.

Ce travail transdisciplinaire peut amener les élèves à monter un spectacle de fin d'année.

Avec des Ms, il est possible de trier avec les élèves les histoires dans un premier temps (gentil, méchant)... de travailler sur les expressions connues ou rencontrées dans la littérature enfantine (exemple "mon petit loup")et d'enchaîner sur les dangers d'approcher un chien errant que l'on ne connaît pas...

Cordialement
Maryse GASTON
Conseillère Pédagogique

gama

Bonjour

Merci de me permettre cette remarque.Vous vous éloignez bcp de la leçon de choses. Effectivement, elle peut se passer aujourd'hui au tribunal (affaires "loup" dans le Sud-Est depuis une dizaine d'années). Elle peut se passer au Musée ; il existe des structures d'amateurs souvent, proposant des colliers de chiens "anti-loups" par ex ou dans les anciens Muséums de villes ; je peux en citer un près de Brest.
Des régions entières sont en train de se rendre compte qu'on a "affabulé" sur le loup : Massif Central, Pyrénées, Alpes, Vosges, Jura...Excusez-moi du jeu de mot. Et vous avez un équivalent loup pour la dentition dans une famille sur 2 (sur 3 ?) ...avec le chien ! Demandez au véto du coin de vous prêter une mâchoire de Yorkshire et de Berger Allemand/Labrador, vous aurez votre leçon de choses en anatomie comparative, très démonstrative pour un petit enfant ...ou un plus grand.
Pour ma part, je peux mettre à dispo des photos (loup, comme chien).
La loi pastorale, qui remet des bergers un peu partout pour entretenir des espaces, date de 1972. Le loup revient naturellement, un peu aidé par des zones "refuge" ou reculées, officiellement en 1992. En fait, il est déjà aux frontières françaises dans la neige du Parc du Grand Paradis (Italie), en hiver au milieu des années 70 ; des guides de hte montagne font "les courses" à partir de la France pour aller le "tracer".

Si qqun est intéressé, je vous envoie deux pages en pdf sur un article que nous avons commis dans un Magazine de l'INRA en 2012. Donner des références, montrer combien la protection des troupeaux est dérisoire... mais des hommes en souffrent depuis 20 ans ; le loup va gagner sur l'homme au travail, ou sur les communes qui sont dépassées par l'enjeu des "hommes/métiers entretenant des espaces" via les pâturages notamment.
A votre dispo ; pas de polémique, juste des éclairages de cette controverse ; le sujet est passée par la "biodiversité" à tous étages du début des années 2000, Réf le livre de Francine Pellaud.

B. Cauvin INRA-communication.

Bonjour,
Avec le personnage, on peut aussi faire de l'éducation pour la santé.
Je travaille notamment avec un conte.
Mais il est vrai qu'il est peut être plus adapté au primaire.
Cordialement
Irlvy

Bonsoir,
Comme la question ne semblait pas très biologique, très histoire naturelle, je ne suis pas intervenu. Nous sommes quand même en maternelle.
Intéressante la notion d'entretien de l'espace, mais dans quel sens ? Les difficultés de la filière, des filières ovines, ont précédé le retour du loup. On assiste actuellement à une belle reprise en main de la biodiversité.
Cordialement,
François Moutou

Désolée de ma maladresse...Effectivement, il y a bcp de choses à expliquer dans les rapports ville-campagne, mais ce n'était pas sur ce terrain-là que je partais. A votre dispo, mais hors forum pour essayer d'être plus constructif pour les enseignants. BC

Effectivement, je fus maladroite, elliptique donc peu constructive. Je partais sur :
- Gentiment, le loup va recoloniser nos massifs et forêts. C'est plutôt bien que, pour les petits et plus grands, l'éducation réintroduise le virtuel pour passer les messages (les contes, le "danger", le "gentil-méchant" via cet animal, comme l'ours/Pyrénées, le lynx...le chat, le chien de famille qui mord).
- Il est à espérer que dans 20 ans, des nouveaux adultes auront compris les difficultés de gestion de territoire(S) dont l'homme est l'habitant permanent ou passager. Nous sommes tellement habitués à circuler librement un peu partout et en sécurité : les procès loup/chasseurs, loup/bergers ou chiens "patou"/randonneurs ...ces procès de la décennie 2000 en sont les témoins ; et, espérons-le, les débuts d'une évolution douce des esprits et des réalités-terrain, évolution qu'il va falloir organiser au long cours.
Enfin, dans ce contexte, j'oubliais de dire que le loup est parti de France depuis un siècle, et pour une ferme restée dans une famille ou pour un musée local, c'est peu. Des témoignages existent partout sur le territoire, à commencer par chercher un écrit local, un vieux quotidien...un collier de chien à piques extérieures...la signalétique que des enseignants donnaient déjà : mare au loup, queue-leu-leu, St Leu...etc ; témoins locaux pour "leçon de chose vivante".
- Biodiversité ; ceci est un autre sujet, lui aussi médiatiquement brassé dans la décennie 2000.
A votre dispo.