La chasse au dahu

La chasse au dahu


Bloc 3 : Evaluer A partir du Cycle 3 1 activité
  • Objectif : Apprendre à juger les histoires incroyables rencontrées dans la presse et sur Internet, les canulars, les théories du complot.
  • Enseignements / Disciplines engagé(e)s : Français, Arts plastiques, Sciences et technologie
  • Compétences associées : Pratiquer, avec l’aide du professeur, quelques moments d’une démarche d’investigation – Apprendre à utiliser des sources d’information – Comprendre des textes, des documents et des images et les interpréter – Les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations : la différence entre images à caractère artistique et images scientifiques ou documentaires.

Activité : Il ne faut pas tout croire !

Objectif général : Découvrir que certaines informations peuvent être détournées, et que nous pouvons parfois faire l’objet de manipulations d’opinion.
Déroulé et modalités : à partir d’un support relatif à un animal mystérieux, la classe s’interroge sur la crédibilité de cette information, et sur ce qui suscite confiance et incrédulité (phase 1). Les élèves réfléchissent alors à la bonne attitude à tenir lorsqu’on est face à une information suspecte, ou à un possible canular (phase 2). Enfin, ils remobilisent ces acquis en produisant leur propre canular (phase 3).
Durée : 2h distribuées sur 2 ou 3 séances
Matériel : Pour la classe : le matériel nécessaire à projeter une vidéo à partir d’internet, par exemple celle disponible ici.
Eventuellement un exemplaire de la Fiche 1 par groupe.
Production : Un document attestant de « l’existence » d’un animal fictif : vidéo, images, écrits…
Message à emporter : Il ne faut pas tout croire ! Un canular est une « fausse information » : une mystification, une blague, une supercherie qui « nous incite » à la croire. Pour créer un canular il faut arriver à donner une impression de vérité : par exemple en utilisant des termes scientifiques, en mélangeant l’imagination avec la réalité, en prétendant se baser sur des sources fiables… Il n’est pas toujours facile de reconnaître un canular, mais un contenu surprenant devrait susciter notre doute et le besoin de « vérifier ». Si on ne peut pas mener une enquête approfondie, on pourra au moins rester prudents.

Note préliminaire
• Nous suggérons ici l’utilisation d’une vidéo disponible sur Internet traitant d’un animal imaginaire : le dahu. L’enseignant sera cependant libre de baser sa séance sur un animal ou une classe d’animaux imaginaires de son choix : « rhinogrades », chats peintres et autres animaux fantastiques de la littérature et du folklore, comme le yéti. L’essentiel est que des documents ayant une apparence scientifique lui soient consacrés.
• Cette séquence peut servir d’introduction à des activités d’éducation aux médias, concernant la recherche d’information sur Internet, et le croisement des sources. Au contraire, si ce type d’activités a déjà été réalisée et si les élèves savent mener des recherches sur Internet, l’enseignant pourra choisir – à la place de révéler lui-même le canular – de laisser les élèves faire leur propre enquête sur Internet, jusqu’à sa résolution.
• Éventuellement, l’enseignant pourra solliciter la collaboration d’un intervenant en arts plastiques, afin d’aider les élèves à donner plus de réalité à leurs productions : fabriquer des images plus perfectionnées, des vidéos… Dans ce cas, la classe peut décider de travailler de façon plus collaborative.
• Enfin, cette séquence pourra faire le lien avec des notions liées à la classification du vivant.

Déroulé possible

L’enseignant propose aux élèves de visionner une courte vidéo concernant un animal : le dahu. Il ne précise pas s’il est réel ou imaginaire. Une fois la vidéo visionnée, il demanda à la classe : « Que peut-on dire de la vidéo ? Fait-elle plutôt penser à un documentaire ou à une fiction (une histoire inventée) ? » Les élèves analysent à la fois le contenu, le registre de langue utilisé, et relèvent les éléments leur faisant penser à un documentaire scientifique.

Note pédagogique
Pour enrichir cette découverte de l’animal, l’enseignant pourra compléter le visionnage en distribuant un texte ou des images concernant le dahu, issues d’Internet.

Dans un second temps, l’enseignant demande aux élèves de lister – collectivement, par groupes ou individuellement – ce qu’ils ont retenu concernant l’animal évoqué : « Que peut-on dire de cet animal ? Par exemple : C’est un animal de la montagne, avec quatre pattes de longueurs différentes. Il a des poils épais et deux grosses cornes. Il ressemble un peu à une chèvre, à un bouquetin, à un lama, à un bouc. On nous dit que quatre sortes de dahus ont existé et qu’il n’en reste qu’une. On nous dit qu’il est très rare. » L’enseignant demande : « Certaines de ces caractéristiques vous semblent-elles suspectes, en vous laissant à penser qu’il pourrait s’agir d’une invention ? Lesquelles ? Pourquoi ? » Finalement, la classe s’accorde-t-elle pour croire à l’existence de cet animal, ou non ?

Notes pédagogiques
• La fiche « évaluation » proposée en fin de séquence pourra être utilisée pour recenser les indices et commentaires.
• Eventuellement, l’enseignant pourra mettre à disposition des images de squelettes d’animaux courants, proches de l’animal de la vidéo, pour aider les élèves à identifier les caractéristiques « bizarres », concernant essentiellement la longueur des pattes.
• Il est probable qu’une partie importante de la classe pense, du moins au début de l’activité, que l’animal présenté est réel. Un sondage permet de s’en rendre compte.

L’enseignant révèle alors qu’il s’agit d’un canular (ce mot est expliqué), et précise éventuellement dans quel contexte il a émergé (la raillerie par les montagnards de citadins peu familiers de la faune de montagne).


Conclusion générale

à première vue, la source de l’information concernant le dahu pouvait avoir l’air crédible : le langage utilisé est riche et précis, employant parfois des termes scientifiques ; le format du document peut faire penser à un carnet naturaliste ou à une description d’espèce sérieuse et bien informée. Le contenu, une fois analysé plus en détail, suscite cependant le doute : la nature-même du dahu, avec ses deux paires de pattes de longueurs différentes, semble fantaisiste. Le texte fait en général peu référence à des sources extérieures, et l’auteur peut avoir – en outre – glissé quelques expressions d’un registre décalé ou humoristique, qui peuvent mettre sur la piste d’une boutade. Cette première phase d’approfondissement et de réflexion sur les informations fournies ne devrait jamais manquer lorsqu’on lit un texte ou qu’on visionne un document. « Mais que faire, si on a un doute ?  »

Si l’information semble « suspecte » ou bizarre, la bonne attitude à tenir serait celle de poursuivre l’enquête : chercher des sources supplémentaires, les croiser, etc. Si cela n’est pas possible, on pourra se contenter de maintenir une attitude sceptique, de doute et « suspendre son jugement ».

L’enseignant pourra inciter les élèves à trouver, dans leur expérience personnelle, des situations analogues dans lesquelles la bonne attitude à tenir est celle de chercher plus d’informations ou du moins de suspendre son jugement.


Production

L’enseignant met les élèves au défi, par groupes, d’imaginer un animal qui possède au moins un trait extraordinaire, mais qui pourrait sembler crédible à un public naïf. Les élèves veilleront – notamment – à inventer un animal suffisamment cohérent pour ne pas provoquer un refus immédiat : ils pourront remobiliser, pour cela, des notions de classification du vivant et/ou des conclusions tirées de l’observation des êtres vivants dans leur environnement. Par ailleurs, ils pourront s’appuyer sur des croyances populaires.

Ils choisissent alors comment présenter leur animal au public : quel genre de documentation produire (images, vidéos, texte) et comment la diffuser. A minima, une simple affiche sera réalisée (par exemple sur le modèle de la Fiche 1), mais la documentation peut inclure des photos (avec photomontages) et des vidéos (enregistrement d’interviews fictives avec des acteurs ou avec des scientifiques, utilisation de techniques de montage qui permettraient de sélectionner seulement certaines parties des interviews, montage vidéo pour « filmer » le faux animal en nature ou en classe, etc.).

Eventuellement, demander à la classe de procéder à la production de leur canular à la maison peut être un gain de temps.

Enfin, les groupes partagent leurs travaux dans le cadre d’une exposition ou d’un concours (interne à la classe ou publique), d’un musée des animaux imaginaires ou d’un livre des animaux inconnus…

Note pédagogique
Voici quelques commentaires que pourront faire les élèves et qui illustrent leur réaction à la notion de canular : « On est un peu bête d’y avoir cru… » ; « Ah non, sinon alors on est tous bêtes. » ; « Je n’étais pas sûre, mais quand même on s’est fait piéger. Il faudra faire attention… » ; « Des fois ça paraît tellement sérieux… » ; « On va faire un canular pour les autres pour leur montrer qu’on peut se faire tromper, qu’il faut faire attention aux informations… » ; « On fait un canular pour les CE2. Ca apprendra peut-être aux petits à ne pas faire comme nous en CM2 !  »

Exemples de productions d’élèves

Le Lacs
Le Lacs ressemble beaucoup à un lynx mais lui n’est pas carnivore, il est herbivore.
Son prédateur est la chenille car elle a des microbes qui sont toxiques, c’est la seule qui peut en avoir. Ce sont les scientifiques qui l’ont prouvé.
C’est une espèce très rare qui vit en Suède dans les montagnes, près d’un lac ou d’une rivière.
Son poids varie entre les mâles et les femelles, à la naissance ils font environ 1,9 kg, les adultes font 38 kg pour les femelles 35 kg.
Sa particularité est qu’il a des palmes aux pattes et quand il va dans l’eau son poil change de couleur : il devient blanc.
Sa taille fait environ 1 m sur ses quatre pattes et 1,20 m sur ses deux pattes arrière.
Le temps de gestation est environ de six mois. Et dans le ventre de la mère il y a au moins deux à trois petits.
Son alimentation est constitué de branches d’arbre, c’est pour ça qu’il à des crocs et une forte mâchoire, trois fois plus forte que la nôtre. Son museau lui sert à savoir si les arbres sont bons pour lui.
Son espérance de vie est d’environ trente ans.
Quand il court, il peut aller jusqu’à 80 km/h sur une distance d’environ 20 km et il peut grimper les montagnes, même là où c’est instable.
Croquis réalisé par Albert pendant un reportage très risqué !

Le Pharanous
Le pharanous est un animal nocturne et c’est un mammifère.
Il vit en montagne et ressemble à une biche mais avec des cornes sur la tête, des crocs et un cri comme celui des chauves-souris. Il peut aussi voir dans la nuit.
Il se sert de ses cornes pour se défendre contre les prédateurs, il peut aussi cueillir de la nourriture dans les arbres et sur la terre. Ses crocs effraient tous les animaux mais malheureusement pas les humains qui continuent de le tuer par simple plaisir.
Heureusement il a une ouïe très développée et entend les bruits à plus de 10 km.
Il peut courir jusqu’à 20 km\h pour fuir ou même par plaisir et son cri fait tellement mal aux humains qu’ils n’osent plus s’approcher de lui.
Malheureusement certains continuent car son pelage si doux peut servir à faire de très beaux tapis ou manteaux.
Il peut avoir seulement 1 bébé par mois.
Le bébé pharanous s’appelle le pharous. La femme du pharanous s’appelle la phanous.
Le pharanous peut peser environ :10 kg à 25 kg. Le pharous peut peser environ : 10 kg à 15 kg.
La phanous peut peser environ : 15 kg à 20 kg. Le pharanous peut mesurer à peut près : 1,66 m. Le pharous peut mesurer à peut près : 0,55 m. La phanous peut mesurer à peu près : 1,60 m. Le pharanous et la phanous meurt entre :15 et 20 ans .
La pharanous meurt entre : 13 et 19 ans.
Croquis du pharanous par Amira qui portait des protections auditives

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Vous l’aurez compris, cette vidéo – formidablement efficace – a en réalité une vocation pédagogique. Double. Pour ceux qui l’ont réalisée (les élèves de seconde Gestion – Administration du lycée Madeleine Vionnet de Bondy, en collaboration avec Le Bal, une structure dédiée aux enjeux de la représentation du monde par l’image, dans le cadre du programme « Mon Œil ! »), il s’agissait de découvrir les rouages d’une théorie complotiste, et ce par l’analyse de médias existants, en vue d’en produire un nouveau : ce Complot Chat. Pour vous, destinataires ultimes de la vidéo : recevoir cette jubilatoire leçon d’esprit critique, réfléchir aux outils de vérification des données, éclairer votre usage du numérique et plus généralement votre rapport à l’information.


Evaluation

Les élèves commentent le canular produit par un groupe de leur classe, autre que celui auquel ils ont participé. Ils mettent en évidence les indices qui doivent nous conduire sur la piste du canular, les astuces, et les éléments réels utilisés pour confondre le public. Pour aider à ce travail, une fiche est fournie.


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Partenaires du projet

Fondation La main à la pâte CASDEN