La curiosité. Lectures et approfondissements

 

Des livres 

  •  E. Pasquinelli (2014). Du labo à l'école. Editions Le Pommier
  • P. Ball. (2012). Curiosity: How science became interested in everything. University Chicago Press.

 

Des textes historiques

Pour Cicéron, Ulysse cédant au chant des sirènes — qui promettent la connaissance de toutes les choses terrestres — aurait représenté les deux côtés, positif et négatif, de la curiosité. Dès l’Antiquité, la curiosité a en effet été considérée sous des jours contradictoires, ses ingrédients tour à tour prisés et condamnés par les philosophes et les savants. Ainsi, pour le philosophe Aristote, l’étonnement pousse l’homme à philosopher et à connaître, sans fin utilitaire, mais des théologiens comme Augustin d’Hippone et Thomas d’Aquin y voient respectivement un péché et un vice et Plutarque critique la curiosité malsaine qui, amenant à s’occuper des défauts ou des secrets des autres, détourne de l’observation de soi et des questions d’intérêt public. Tracer une histoire des idées sur la curiosité n’est pas aisé, car ce concept n’a jamais été utilisé de manière univoque, et en a croisé d’autres — comme celui de « merveille », ou celui d’« investigation ». Ainsi, entre le xvie et le xviiie siècle, la curiosité est au centre des cabinets de curiosités (ou des merveilles – Wunderkammer, « chambre des merveilles »), mais elle est aussi au centre de la révolution scientifique, pouvant tour à tour en légitimer les efforts ou les entraver. Pour Francis Bacon, figure emblématique de cette révolution, si la curiosité peut mener vers l’apprentissage et la connaissance, elle peut tout autant être futile, servir seulement à satisfaire un appétit, une passion, plutôt qu’un but utile, ou l’exaltation de la raison humaine.

La curiosité fait aussi historiquement partie de la réflexion sur l’éducation des enfants, afin d’établir la place à lui donner. Dans une lettre de Pantagruel à son fils on peut lire : « Et quant à la congnoissance des faictz de nature, je veulx que tu te y adonne curieusement : qu'il n'y ait mer, rivière ny fontaine, dont tu ne congnoisse les poissons, tous les oyseaulx de l'air, tous les arbres, arbustes et fructices des foretz, toutes les herbes de la terre, tous les métaulx cachéz au ventre des abysmes, les pierreries de tout Orient et Midy, rien ne te soit inconneu. » Plus récemment, dans le Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, l’humaniste et pédagogue Ferdinand Buisson cite Fénelon, pour qui la curiosité est « le premier instinct qui produit l’instruction ». Mais il adopte aussi la maxime de Mme de Staël (à son tour d’accord avec Rousseau) : « C'est l'instruction qui fait naître la curiosité. On est curieux à proportion qu'on est instruit. »

 

  • Aristote (384-322 av. JC) - premier livre de la Métaphysique
  • Cicéron (106-143) De finibus bonorum et malorum
  • Plutarque (46-120)  De la curiosité
  • Augustin (354-430)  chapitre XXXV    Confessions
  • Thomas d’Aquin (1224/25-1274)  Summa Theologica 
  • Francis Bacon (1561-1626) The advancement of learning (1605).
  •  Thomas Hobbes (1588-1679) Leviathan (1651)
  • David Hume (1711-1766)  An enquiry concerning human understanding (1748)
  • Rabelais, Pantagruel  (1523)
  • Nouveau Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire publié sous la direction de Ferdinand de Buisson (1911)

 

 

 

 

La robotique engagée dans la recherche sur la curiosité

INRIA - Equipe FLOWERS: Pierre-Yves Oudeyer

 

/Curiosity
 

Oudeyer, P.-Y. L'éveil des bébés robotsPour la science, Dossier 87, Avril-Juin 2015

Kapla, F. & Oudeyer, P.-Y. Comment les robots construisent leur mondePour la science, Dossier 87, Avril-Juin 2015

 
 

 

 

 

 


Février 2016

Texte rédigé par Elena Pasquinellimembre de la Fondation La main à la pâte


 


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