Les « boîtes à œufs » de la biodiversité

Auteurs : Gabrielle Zimmermann(plus d'infos)
Résumé :
[Module] - Cette activité propose aux élèves d’entrer dans le thème de la biodiversité par la constitution d’une collection, moyennant l’usage d’une boîte à œuf qu’ils auront préparée en se fixant à eux-mêmes un défi : par exemple « trouver des éléments issus du vivant de 12 couleurs différentes », « de 12 textures différentes », ou « 6 éléments issus d’animaux et 6 issus de végétaux ».
Durée :
2h (variable en fonction de la durée de la sortie de terrain)
Matériel :

Par groupe d’élèves ou individuellement, une boîte à œufs vide (12 cases) ; de la peinture de couleurs différentes (facultatif), un feutre noir (facultatif).

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Creative Commons France. Certains droits réservés.

 

Introduction

Dès la maternelle et au début de l’école élémentaire, les élèves sont capables de caractériser des éléments issus du vivant en mobilisant un vocabulaire reflétant la diversité biologique qu’ils observent : doux, rugueux, lisse, rond, allongé, vert, rouge, jaune… Ces critères proposés spontanément pour décrire ce qu’ils rencontrent dans la nature sont un premier pas vers la définition de caractères, utilisés plus tard dans leur scolarité pour des activités de classification du vivant telles que l’envisage la systématique.

Cette activité propose aux élèves d’entrer dans le thème de la biodiversité par la constitution d’une collection, moyennant l’usage d’une boîte à œuf qu’ils auront préparée en se fixant à eux-mêmes un défi : par exemple « trouver des éléments issus du vivant de 12 couleurs différentes », « de 12 textures différentes », ou « 6 éléments issus d’animaux et 6 issus de végétaux »…

  • Durée : 2h (variable en fonction de la durée de la sortie de terrain).
  • Matériel : par groupe d’élèves ou individuellement, une boîte à œufs vide (12 cases) ; de la peinture de couleurs différentes (facultatif), un feutre noir (facultatif).

Situation initiale

L’enseignant affiche, projette ou distribue la photographie d’une prairie fleurie, telle que celle-ci :

www.un-week-end-en-famille.com

Il demande aux élèves : « citez un maximum de mots qui vous viennent à l’esprit pour décrire les fleurs de cette prairie ». Les élèves font leurs propositions, comprenant généralement de nombreux adjectifs qualificatifs relatifs aux couleurs (vert, blanc, rouge, violet, bleu, jaune…), aux formes (arrondi, pointu, allongé…) ou pour les plus grands aux textures (lisse, rugueux, poilu…). Parfois même, des chiffres sont proposés (nombre de pétales ou de feuilles, par exemple).

Les mots énoncés sont écris au tableau et organisés dans des colonnes pour repérer ces différentes catégories. Le vocabulaire employé est très varié et est lui-même le reflet de la diversité biologique des fleurs observées.

Défi : la boîte à œuf du collectionneur de biodiversité

L’enseignant annonce que la classe va sortir dans la cour, le jardin de l’école, le petit bois ou le parc voisin, et que chaque élève (ou groupe d’élève) aura à réaliser un défi qu’il se sera lui-même fixé.

Chacun (ou chaque groupe) reçoit une boîte à œuf vide comprenant 12 cases. L’enseignant demande : « dans les catégories de mots écrites au tableau, choisissez en une. Votre défi, pendant la sortie, sera de trouver 12 éléments différents, dans cette catégorie. Si – par exemple – vous choisissez la catégorie « couleurs », votre mission sera de collecter 12 objets issus de la nature de couleurs différentes. Chaque case de votre boîte à œufs sera consacrée à une couleur ».

Certains élèves pourront choisir de trouver 12 objets de formes différentes, ou de textures différentes… ou (pour les plus grands) trouver des éléments évoquant les chiffres : 1 (une tige), 2 (deux feuilles), 3 (trois pointes), 4 (quatre ailes)… Si la distinction animal / végétal a fait l’objet d’un travail en amont, les élèves peuvent choisir de remplir 6 cases avec des éléments issus d’animaux (coquille d’escargot, aile de libellule, plume d’oiseau…) et 6 cases avec des éléments issus de végétaux (feuilles, fleurs, pommes de pins…). Enfin, si les élèves ont remarqué que la couleur verte était très répandue chez les végétaux, ils peuvent se fixer le défi de trouver 12 éléments de verts différents.

Avec les plus jeunes, l’enseignant pourra choisir de se restreindre aux couleurs (pour que toute la classe ait un défi similaire, et mieux guidé), et préciser les couleurs à chercher en particulier. Pour cela, il proposera aux élèves, avant de sortir dehors, de peindre le fond de chaque case d’une couleur différente. Une autre solution de simplification est d’utiliser des boîtes de 6 œufs et non de 12.

Si les élèves savent déjà écrire, l’enseignant pourra leur demander de marquer, au-dessus de chaque case, le mot qui caractérise le contenu (par exemple « rouge », « vert », « bleu »… si la catégorie choisie pour le défi est la couleur).

Sur le terrain, l’enseignant laisse les élèves travailler en autonomie. Il se rend disponible, cependant, pour répondre à leurs questions et les aider à mobiliser du vocabulaire en cas de besoin.

Note : très souvent, la description de la forme, de la texture, de la couleur, fait l’objet de discussions entre les élèves, qui ressentent le besoin de s’accorder sur les définitions et réalisent à la fois que nos perceptions (des couleurs notamment), peuvent varier grandement d’un individu à l’autre.

Au retour en classe, les élèves mettent en commun leurs boîtes et – avec l’aide de l’enseignant – commentent leurs résultats. Ont-ils rempli toutes les cases qu’ils souhaitaient ? Certaines couleurs, formes ou textures sont-elles plus répandues que d’autres dans l’espace naturel exploré (le bleu, par exemple, est généralement la couleur la plus rare). Pour certaines couleurs, s’ils avaient choisi ce défi : avaient-ils le choix entre plusieurs objets à ramasser, voire de nombreux (le vert, par exemple, est très largement représenté, avec de multiples nuances) ?

Une fois encore, le vocabulaire mobilisé par la classe pour décrire ses trouvailles peut être étudié : sa variété est le reflet de la biodiversité rencontrée.

Le lien entre le langage et la science, ici souligné, place également le vocabulaire et sa richesse en tant qu’outil d’investigation à part entière, permettant aux élèves de prendre conscience d’une variété biologique toute proche, présente au quotidien sans que l’on ne le réalise la plupart du temps.

Conclusion et action de médiation scientifique (facultative)

Au terme de l’activité, les boîtes de collection des élèves peuvent être exposées, dans la classe ou dans l’école, pourquoi pas accompagnées d’un petit panneau explicatif rédigé collectivement à titre de conclusion.

Par exemple : « Nous avons fait des défis : chercher dans le jardin 12 couleurs différentes, ou 12 formes différentes, ou encore 12 textures différentes. Nous les avons collectionnées dans des boîtes à œufs. Quelle diversité, dans la nature ! »

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Portrait de Suzanne Malia - Chargée de communication @Ikoupi

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