Vivre ensemble : la cognition sociale

Auteurs : Equipe La main à la pâte(plus d'infos)
Résumé :
La cognition sociale concerne les processus cérébraux qui sous-tendent l’élaboration de la culture et des règles sociales, autrement dit le « vivre ensemble ». Elle comprend l’empathie, l’aptitude à lire les états mentaux d’autrui, la communication, le jugement moral, les stéréotypes et les préjugés, la compétition et la coopération… Les humains interagissent entre eux et s’engagent dans des collaborations. Ensemble, ils construisent des outils, jouent à des jeux coopératifs, cherchent à comprendre le monde qui les entoure…
Publication : 21 Juin 2013
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La cognition sociale concerne les processus cérébraux qui sous-tendent l’élaboration de la culture et des règles sociales, autrement dit le « vivre ensemble ». Elle comprend l’empathie, l’aptitude à lire les états mentaux d’autrui, la communication, le jugement moral, les stéréotypes et les préjugés, la compétition et la coopération…
Les humains interagissent entre eux et s’engagent dans des collaborations. Ensemble, ils construisent des outils, jouent à des jeux coopératifs, cherchent à comprendre le monde qui les entoure…
 

Qu’est-ce que l’« empathie » ? Qu’est-ce que l’aptitude à lire les états mentaux d’autrui ?

L’empathie est une fonction dirigée vers l’autre. Elle désigne la compréhension immédiate des ressentis d’autrui et de ses émotions à partir d’indices comme la voix, le langage, les expressions du visage. On ressent involontairement ce que l’autre ressent, on « se met à la place de l’autre ».
On peut aussi comprendre que cet autre a des intentions, des croyances, des connaissances qui sont différentes des siennes propres et on peut essayer d’adopter son point de vue. Ceci permet à chacun de présumer ce que pense son interlocuteur, de prévoir ses réactions et d’interagir avec lui. C’est l’aptitude à lire les états mentaux d’autrui.
Plusieurs circuits neuronaux interviennent dans ces aptitudes, ceux liés au cerveau émotionnel (système limbique et cortex préfrontal) et ceux liés aux fonctions mentales supérieures.
 

Quels sont les signaux à la base de la communication ?

L’organisation de la société humaine est forgée en grande partie sur la communication, base de la vie en communauté : nous adressons des signaux aux autres et ils nous en envoient. Ces signaux communiquent nos intentions, nos émotions, nos sentiments et réciproquement nous cherchons à déceler et à comprendre les signaux des autres, ce qui permet d’interagir les uns avec les autres. Ces signaux sont soit explicites – le plus caractéristique est le langage – soit implicites (les expressions du visage, les attitudes, les gestes). La communication est faite d’un mélange très varié de signaux implicites et explicites.
 

Que « percevons-nous » dans les mouvements produits par un autre ?

Les mouvements ont un but et sont en cela un indice des intentions de leur auteur. Lorsqu’un sujet regarde des mouvements réalisés par un autre, certaines zones de son cerveau s’activent et ce sont les mêmes que celles qui s’activent chez l’auteur des mouvements. Le rôle social de ce mécanisme est double : nous avons la possibilité d’imiter, c’est-à-dire d’apprendre en regardant quelqu’un faire ; cette imitation nous approche de la compréhension de l’autre et de ses intentions. Cependant, un même mouvement peut relever d’intentions différentes (dans un bus si quelqu’un se lève, il peut vouloir descendre ou céder sa place assise) : celui qui observe interprète les intentions derrière le geste, en mobilisant ses connaissances et ses expériences.
 

La reconnaissance des visages est-elle une simple « perception » ?

Un homme possède la capacité de reconnaître individuellement des centaines d’autres individus, propriété essentielle pour la vie en société. Il sait identifier quelqu’un par sa silhouette, son odeur, sa voix, ainsi que par son visage (traits, regard, expressions). Des réseaux particuliers du cerveau humain entrent en jeu pour identifier et reconnaître un autre, évaluer son état émotionnel, ses intentions, saisir ce à quoi il fait attention…
Le regard joue un rôle très important dans les relations interhumaines : il peut à lui seul indiquer si un autre ressent par exemple de la peur, car ses yeux s’écarquillent. Les mouvements de l’oeil peuvent révéler une intention (un enfant regarde l’objet de sa convoitise et regarde l’adulte qui peut le lui obtenir). Lorsque je suis en face de quelqu’un, le changement de direction de son regard m’incite immédiatement à suivre des yeux cette nouvelle direction et à voir par exemple un vélo qui arrive sur moi : l’attention portée conjointement sur un objet nous fait partager une pensée.
 

La communication se développe-t-elle au cours de la vie ?

Le bébé a une préférence nette pour les signaux humains par rapport aux signaux du monde extérieur. Il montre un intérêt particulier pour la voix de sa mère, pour le langage par rapport à tout autre son, ce qui signifie que le signal social qu’est le langage est enraciné très tôt dans le cerveau humain. Le bébé s’intéresse également au visage humain et tout particulièrement au regard, ce qui lui permet de saisir le monde que les adultes regardent et de le connaître à travers eux. Le bébé peut exprimer des émotions, et il est sensible aux émotions exprimées par d’autres.
Progressivement apparaît la capacité de se différencier d’un autre : vers l’âge de 4 ans, l’enfant montre par son comportement qu’il est capable d’attribuer à autrui des états d’esprit différents du sien, et vers 7 ans, il acquiert la capacité de changer son point de vue.