Bulles d'eau, bulles de savon

Emmanuel Davidenkoff  : Avec la « Main à la Pâte » on parle très souvent des représentations, des idées un peu fausses que les enfants peuvent se faire et de la nécessité de repartir de ces idées fausses pour reconstruire une idée qui elle sera plus juste. Mais ce qui arrive parfois c'est aussi que les adultes comprennent mal d'où viennent les erreurs des enfants en quelque sorte les idées fausses de l'adulte et ça vous l'avez vécu tout récemment en travaillant sur la notion de l'air avec des tout petits, des enfants de moyenne et de grande section de maternelle.

Sylvie Chatain  : Oui c'est surtout apprendre quand on est un adulte à analyser ce que nous on appelle « erreur d'enfant ». Là en l'occurrence les enfants s'étaient interrogés sur la présence possible d'air dans l'eau. Ils ont soufflé dans une paille, ils ont senti l'air et en soufflant dans l'eau ils ont vu des bulles. Ils m'ont parlé à ce moment là de « bulles d'eau ». Je pensais donc qu'ils n'avaient pas compris le phénomène ; jusqu'au moment où ils m'ont dit « c'est une bulle d'eau avec de l'air à l'intérieur bien sûr ».

E.D.  : Donc en fait c'était un problème de qualification ?

S.C.  : Oui c'était un problème de langage en fait. Nous, en tant qu'adultes, lorsqu'on parle de bulles de savon, c'est bien une enveloppe de savon avec de l'air à l'intérieur. Alors je ne sais pas s'ils avaient fait un amalgame où si simplement c'était leur propre définition de parler surtout de l'enveloppe avant de parler de l'intérieur, mais ce qui est intéressant c'est que moi en tant qu'adulte j'ai tout de suite pensé qu'ils avaient tort.

E.D.  : Ne jamais oublier d'analyser les erreurs des enfants quand on est enseignant ou simplement d'ailleurs adulte.

S.C.  : Tout à fait. Je crois qu'une erreur n'est pas à balayer de la main et à ignorer. C'est en l'analysant qu'on peut davantage aider à la construction de savoir de chaque enfant.

 

Ce travail a obtenu un prix « Main à la Pâte » remis à l'Académie des sciences le 1/02/2005.