Comment obtenir de l'eau douce ?

Emmanuel Davidenkoff  : Au départ une visite d'exposition sur une île non loin de Saint-Malo…

Philippe Keltz  : Un défi a été lancé aux enfants : imaginons que nous ayons fait naufrage sur une île déserte sans eau ni végétation, que devrions-nous faire ?

E. D.  : Il va falloir boire, manger, se signaler. On va se contenter de boire pour aujourd'hui. Comment les enfants ont-ils résolu ce problème ?

P.K.  : Ne disposant que d'eau de mer les élèves souhaitaient retirer le sel de l'eau. Des propositions ont fusé de partout. On expérimentait la filtration, avec du tissu, du coton, du filtre à café, ou encore la décantation pour obtenir de l'eau douce.

E.D.  : Tout cela ne fonctionne pas vraiment.

P.K.  : Non pourtant tous étaient persuadés de réussir. Mais le verdict de la dernière phrase du cahier d'expériences était toujours brutal : « ça n'a pas marché ! »

E.D.  : Au passage on apprend l'honnêteté scientifique.

P.K.  : Oui parce que même si cette expérience est malheureuse, elle est formatrice à savoir qu'une hypothèse aussi géniale soit-elle dans l'esprit du chercheur se doit d'être dégagée de tout affectif. Seules la rigueur et l'honnêteté comptent. Il faut aussi accepter d'avoir tort et cela développe un volet citoyen au niveau de la pratique de la classe et du vivre ensemble.

E.D.  : Surtout qu'à la fin ils ont fini par avoir raison. Comment ?

P.K.  : Ils ne sont pas restés sur cet échec là. Le groupe leur proposait de fabriquer un distillateur solaire pour favoriser l'évaporation et la condensation. Et là effectivement cela a été un résultat positif.

E.D.  : Philippe Keltz, je vous remercie. On vous retrouvera pour savoir comment les élèves ont pu se signaler.

 

Ce travail a obtenu un prix « Main à la Pâte » remis à l'Académie des sciences le 1/02/2005.