Comment recueillir le plus de jus d'une pomme ?

Emmanuel Davidenkoff : Cécile de Hosson vous venez d'accueillir des étudiants chiliens pour les former mais vous aussi vous retirez quelque chose de ces rencontres.

Cécile de Hosson  : Absolument. Cette formation était tout à fait intéressante puisque nous avons mis les instituteurs chiliens en situation de produire des séances d'enseignement et certains d'entre eux ont ancré leurs séances dans un environnement qui est très proche des enfants de façon à ce que les enfants puissent se retrouver dans un environnement familier.

E.D.  : Cette proximité se fait avec un fruit là-bas.

C.d.H.  : Pour une partie des enseignants que nous avions absolument. Le fruit en l'occurrence était la pomme et la séance qui était proposée par cette institutrice était de lancer un défi aux enfants qui était recueillir le plus de jus d'une pomme.

E.D.  : Comment on s'y prend ?

C.d.H.  : Là les enfants sont maîtres. Ils ont à leur disposition un certain nombre de techniques plus ou moins empiriques, plus ou moins rationnelles. Certains d'entre eux vont écraser la pomme. D'autres vont chercher à la faire bouillir. Tout un tas de processus qui au final va permettre d'extraire le jus de la pomme en plus ou moins grande quantité.

E.D.  : On est plutôt du côté de la technologie, du côté de la science ou les deux ?

C.d.H. : A priori on s'ancre dans un savoir-faire technique qui est lié à l'environnement de l'enfant mais qui va déboucher sur un apprentissage plus spécifiquement scientifique. Je pense notamment aux états de l'eau.

E.D.  : Et alors c'est systématique ? On arrive à faire cette interface pour tout ?

C.d.H.  : Non ce n'est pas systématique mais ce n'est finalement pas très grave. Dans la « main à la pâte » nous nous attachons à la fois aux savoirs scientifiques et aux savoirs techniques. Les deux ont leur valeur. Elles ne sont pas hiérarchiquement ordonnées. Ce qui est intéressant dans cette démarche telle que la pratique la « Main à la pâte » c'est de valoriser à la fois les savoirs scientifiques et les savoirs spécifiquement techniques.

E.D.  : Et on sait que la France a besoin des deux.