La MAP au Mexique

Emmanuel Davidenkoff  : Vous avez effectué une formation à Mexico city pour des enseignants d'écoles primaires. Pour tout ce qui touche à la théorie de l'enseignement des sciences, les Mexicains au fond n'avaient pas grand-chose à prendre de vous.

Cécile de Hosson  : Absolument. D'un point de vue théorique ils étaient tout à fait au point sur les méthodes d'enseignement type méthode Main à la Pâte, démarche d'investigation, mise en situation de recherche des élèves.
Alors pour savoir ce que l'on avait réellement à leur apporter on leur a demandé de mettre en scène des séances de classe telles qu'ils les faisaient eux à l'école. Et on s'est rendu compte qu'il y avait une opposition terrible entre ce qu'ils savaient d'un point de vue théorique et ce qu'ils mettaient réellement en place qui restait une transmission de savoir en face à face : on fait cours, l'élève n'est pas du tout acteur de son processus d'apprentissage et n'est pas du tout mis en situation de recherche.

E.D.  : Mais est-ce que ce n'était pas lié au fait que là-bas couramment les classes comportent 40 ou 50 élèves ce qui est énorme ?

C.d.H.  : On était parti sur cet à priori là pensant que leur difficulté était liée à des difficultés matérielles et finalement on s'est rendu compte en leur posant la question que leur difficulté était plus liée à leur peur de la science qu'ils faisaient ressentir en se réfugiant derrière des séances qui étaient très transmissives.

E.D.  : Et alors quand on essaie de passer par l'expérience on arrive à « tenir » des classes aussi importantes ?

C.d.H.  : On y arrive et on a d'ailleurs proposé aux Mexicains de se mettre eux-mêmes en scène en leur proposant des situations dans lesquelles ils étaient eux-mêmes acteurs et chercheurs, en leur demandant de s'analyser et ça a donné des résultats tout à fait probants.

E.D.  : Quand les professeurs deviennent ou redeviennent élèves ça marche.

C.d.H.  : Ca marche