" La Main à la pâte " en Egypte

Emmanuel Davidenkoff : Il faut savoir qu'en Egypte aujourd'hui 10 à 15 000 enfants francophones et arabophones pratiquent " la Main à la Pâte " et de ce point de vue là c'est une révolution que vous introduisez.

Marie Chesné : Les sciences à l'école en Egypte c'est quelque chose qui est appris "par cœur" puisque les élèves ont des examens tous les six mois. Ils apprennent pour l'examen et le deuxième semestre ils ne se rappellent plus ce qu'ils ont fait au premier semestre. C'est vraiment un apprentissage du " par cœur " avec des classes de 40 à 60 élèves.

E.D. : Comment arrive-t-on à faire travailler 40 à 60 élèves en coopération alors qu'en France on a du mal parfois avec 22 ou 24 ?

M.C. : Il faut savoir que comme c'est un apprentissage par le " par cœur " les élèves ont l'habitude d'avoir le professeur qui détient le savoir et ils écoutent le professeur. Donc il est facile après de travailler en groupe et en général ça se passe très bien c'est assez facile à mettre en place.

E.D. : Ils sont habitués à une discipline un peu militaire.

M.C. : Oui !

E.D. : Faire des sciences c'est aussi une façon de faire travailler la francophonie.

M.C. : Oui le projet " Main à la Pâte " nous permet dans les écoles non francophones d'axer beaucoup sur l'apprentissage du vocabulaire français aussi bien scientifique que non scientifique. Cela permet aussi un apprentissage de l'oral et un apprentissage de l'écrit par le cahier d'expériences.