La MAP en Afghanistan

Emmanuel Davidenkoff  : Elisabeth Plé vous êtes allée plusieurs fois en Afghanistan parce que la France participe via la « Main à la Pâte » à la reconstruction du système scolaire afghan.

Elisabeth Plé  : Ce qui surprend lorsque l'on arrive à Kaboul et que l'on visite des classes c'est qu'il y a un effort important pour scolariser un maximum d'élèves et en particulier des filles.

E.D.  : Quel accueil reçoit la « Main à la Pâte » ? Est-ce que c'est une façon d'enseigner relativement naturelle là-bas ?

E.P.  : Naturelle non. Mais c'est bien accueilli dans la mesure où la « Main à la Pâte » met en jeu du petit matériel, du matériel de récupération et que d'autre part il y a de nouveaux programmes en Afghanistan qui préconisent maintenant de développer certaines compétences, en particulier de développer l'esprit critique chez les élèves, la coopération, le langage dans les différentes disciplines, et bien sûr la « Main à la Pâte » est une situation rêvée pour cela.

E.D.  : Vous avez vous-même enseigné à des élèves afghans. Est-ce que c'est très différent que d'enseigner en France ?

E.P.  : Non ce n'est pas différent du tout. J'ai eu l'occasion de faire une séquence avec des filles autour du pendule. Je leur ai demandé en attachant des écrous au bout d'une ficelle de faire varier la période d'oscillation de ce pendule et elles ont réagi exactement comme les filles en France avec le même plaisir dans la découverte et dans les essais.

E.D.  : Et du côté des enseignants ?

E.P.  : Du côté des enseignants, au départ il y a une déstabilisation une surprise et puis finalement les enseignants adhèrent très rapidement à cette approche. J'ai même une enseignante qui m'a dit en fin de séjour, finalement les élèves ne sont pas une charrette tirée par des chevaux, ce sont des ingénieurs mais pas très bien éduqués.