La « MAP » au Cambodge

Emmanuel Davidenkoff  : Projet exceptionnel. Jean-Louis Alayrac est un de ceux qui à la « Main à la pâte » est allé exporter cette façon d'enseigner les sciences au Cambodge. Alors tout d'abord pourquoi le Cambodge ?

Jean-Louis Alayrac  : Le Cambodge c'est un pays où il y a 40 % de jeunes donc un pays où les soucis de l'éducation sont très prioritaires. Le Cambodge parce que il y a eu des demandes de personnes de la Coopération, de l'agence universitaire de la francophonie qui se sont intéressées à ces projets là.
La « Main à la pâte » est perçue comme un système qui permet d'une manière efficace et non élitiste de faire progresser les enfants.

E.D.  : Avec un enjeu très important au plan régional de développement des capacités en sciences et technologie.

J.-L.A.  : Autour, que ce soit le grand voisin thaïlandais, le vietnamien, la Malaisie, tous ces pays sont très connus pour leur activité dans le domaine des sciences et technologie. Donc pour le Cambodge il est important d'arriver à se faire une petite place dans ce vaste marché très très concurrentiel.

E.D.  : La Main à la pâte c'est une approche très interactive des sciences, les élèves participent énormément. Est-ce que vous avez testé sur place aussi bien avec les enseignants qu'avec les élèves ?

J.-L.A.  : Ca a été la très bonne surprise. Les classes il faut voir que c'est trente ou quarante élèves donc ça nous paraissait relativement impossible. Mais ce sont des élèves qui sont tellement habitués à être respectueux dans les prises de parole, au niveau du bruit, etc., que les phases d'expérimentation et les phases de dialogue se passent remarquablement bien et puis les compétences qu'elles développent chez les élèves s'appliquent aussi en premier lieu à celui qui les transfère et donc on a vu aussi des changements chez les enseignants et les formateurs.