La MAP en Belgique

Emmanuel Davidenkoff  : Vous avez été confrontée à une réticence des enseignants à enseigner la science par des pédagogies actives. Pourquoi ?

Patricia Corieri  : Pour eux c'est vraiment quelque chose de très difficile. La raison est que dans leur formation ils ont très très peu d'heures de sciences et donc ils ont la sensation que si l'enfant pose une question ils n'arriveront pas à y répondre. Nous leur montrons que la démarche scientifique c'est aussi aller rechercher avec l'enfant la réponse à la question et ensuite mettre une expérience en place.

E.D.  : Quand on parle de pédagogie active ça ne veut pas simplement dire que l'enfant fait quelque chose, ça veut dire qu'il construit son savoir

P.C.  : Dans la pédagogie active on conseille souvent aux enseignants quand ils débutent une série d'expérimentations de ne pas simplement reprendre une petite expérience pour simplement illustrer un phénomène qui traiterait alors plus de l'ordre du magique, mais de bien construire le savoir autour de l'expérimentation.

E.D.  : Pour autant il n'est pas simple de diffuser cette innovation dans un système comme le système belge.

P.C.  : Le système belge est d'abord coupé en deux puisqu'il y a le côté francophone et le côté néerlandophone. Et le côté francophone lui-même est coupé en quatre sous-réseaux . Ces sous-réseaux ont ce que l'on appelle les socles de compétence c'est-à-dire les niveaux auquels les enfants doivent arriver à un âge donné mais il existe quatre programmes propres à chacun des réseaux. Donc il n'y a jamais de méthode imposée par en haut, les méthodes viennent d'en bas et donc il faut vraiment introduire une méthode comme la « Main à la pâte », faire du porte à porte pour introduire petit à petit l'idée.

Néanmoins il a été formé 500 enseignants en trois ans.