Quelques caractéristiques des insectes

Auteurs : Didier Pol(plus d'infos)
Résumé :
A l'état adulte, le corps des insectes est formé de trois parties : une tête portant les antennes, les yeux, la bouche et les pièces buccales ; un thorax, portant les pattes et les ailes ; un abdomen, portant les organes reproducteurs.
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L'observation des animaux dans un élevage ou rapportés lors d'une sortie naturaliste permet de repérer les caractéristiques  communes des insectes et d'identifier certains d'entre eux.
 


Sauterelle
Noter la paire d'antennes et les trois paires de pattes caractéristiques communes des insectes

A l'état adulte, le corps des insectes est formé de trois parties : une tête portant les antennes, les yeux, la bouche et les pièces buccales ; un thorax, portant les pattes et les ailes ; un abdomen, portant les organes reproducteurs.
En dehors des vertébrés, comme les oiseaux et les chauves souris, les insectes sont les seuls animaux à être dotés d'ailes, même si certains d'entre eux les ont perdues au cours de l'évolution.
Tous les insectes ont en commun trois paires de pattes et une paire d'antennes à l'état adulte.
 


Organisation générale du corps des insectes

 

Les ailes

Si typiquement les insectes sont dotés de trois paires de pattes et de deux paires d'ailes, il existe différents types d'ailes. En outre, certains insectes ont une seule paire d'ailes (mouches, moustiques) et d'autres les ont perdues secondairement, comme les termites, les puces ou les ouvrières chez les fourmis. Les ailes diffèrent non seulement par leur nombre, mais aussi par leur structure :

  • deux paires d'ailes membraneuses à nervures plus ou moins nombreuses (sauterelles, criquets, libellules, abeilles, bourdons...)
  • deux paires d'ailes membraneuses recouvertes d'écailles (papillons) ;
  • deux paires, mais les ailes antérieures rigides, les élytres, servent à protéger les deux autres ailes : coléoptères (carabes, lucanes, hannetons, scarabées, coccinelles ... ) ;
  • une seule paire d'ailes, la paire postérieure étant transformée en balanciers (haltères) : diptères (mouches, moustiques) ;
  • absence d'ailes : insectes aptères (collemboles, puces).

 

Bourdon : deux paires d'ailes membraneuses et nervurées.
Les ailes antérieures et postérieures sont accrochées (hyménoptères)
Papillon : deux paires d'ailes recouvertes d'écailles (lépidoptères)
Scarabée : une paire d'élytres rigides recouvre une paire d'ailes membraneuses (coléoptères) Mouche (drosophile) : une seule paire d'ailes (diptères)


Le développement

Après le développement embryonnaire, le développement des insectes comporte une succession de stades larvaires. On distingue deux types principaux de développement larvaire. Lorsque les larves ont la même morphologie que l'adulte (appelé imago chez les insectes), on parle d'insectes à métamorphoses incomplètes. Les larves se distinguent alors des imagos essentiellement par l'absence d'ailes qui se développent progressivement lors des stades larvaires successifs. Elles peuvent avoir un mode de vie identique à celui de l'imago, comme les sauterelles ou les criquets, ou un mode de vie différent, comme les libellules dont les larves sont aquatiques et les adultes aériens.
 


Larve de sauterelle
Les larves de sauterelle ont la même morphologie que l'adulte, à l'exception des ailes
 

Chez les espèces comportant des larves différentes des adultes, tant par leur morphologie que par leur mode de vie, et  un stade nymphal marqué par l'apparition d'une pupe ou d'une chrysalide, on parle d'insectes à métamorphoses complètes (papillons, mouches, hannetons, abeilles, guêpes).

Souvent, les insectes adultes ne vivent que pendant quelques mois, voire quelques jours, comme les éphémères dont les adultes ne se nourrissent même pas et meurent dès qu'ils se sont reproduits. Chez certaines espèces, en revanche, les femelles fécondées passent l'hiver à l'abri et pondent au printemps suivant en donnant naissance à une nouvelle colonie, comme chez les guêpes. Chez d'autres espèces, les larves peuvent passer plusieurs années dans le sol. Ainsi, chez le hanneton, le cycle dure 3 ans. Le développement larvaire dure deux ans (ver blanc) et donne naissance à une nymphe dont éclot l'imago la troisième année.

Un des stades larvaires (asticot) Stade nymphal (pupe)

 

Développement de la mouche drosophile

Eclosion.
Noter les ailes pas encore déployées.

Drosophile adulte (imago)


Les pièces buccales

Un autre trait caractéristique concerne les pièces buccales dont l'anatomie est liée au type de régime alimentaire.
 

Le type broyeur

Type le plus primitif, il se caractérise par des mandibules puissantes garnies de pointes qui coupent et déchiquètent les aliments. Ce sont :

  • soit des insectes phytophages (mangeurs de plantes) se nourrissant de feuilles ou de bourgeons (doryphore, sauterelle, criquet), de racines (courtilière, larves de hanneton), de graines (charançon), de bois (larves et adultes de différents coléoptères).
  • soit des insectes carnivores (larves et adultes de coccinelle et de libellule, carabe, mante religieuse).
     


Type broyeur
Les mandibules et les mâchoires servent à broyer et à déchiqueter les aliments (ici, chez une lucane)
 

Le type broyeur - lécheur

La fonction masticatrice des mandibules est conservée. Elles servent, par exemple, à malaxer la cire chez les abeilles. Il s'y ajoute la capacité à aspirer des liquides avec des pièces buccales (lèvre inférieure ou labium) modifiées qui forment un tube creux (guêpe, abeille, fourmi).
 


Type broyeur-lécheur
Le labium est transformé en trompe permettant de butiner le nectar des fleurs (ici chez un bourdon)
Noter la goutte de nectar à l'extrêmité de la trompe


Le type suceur

On distingue :

  • les suceurs maxillaires, équipés d'une trompe capable de s'enrouler sur elle-même, avec une régression des mandibules et du labium. Ces insectes se nourrissent par aspiration du nectar des fleurs (papillons).


Type suceur-maxillaire
Les mâchoires sont transformées en trompe tandis que les mandibules et le labium sont atrophiés
(ici chez le papillon macroglosse en vol stationnaire)

  • les suceurs labiaux dont la lèvre inférieure est transformée en une trompe renflée, molle, formée de deux lobes lamellés et percés de nombreux orifices. La nourriture de type liquide, est aspirée par capillarité (mouche).


Type suceur-labial
Le labium forme une trompe terminée par des expansions spongieuses permettant d'absorber les liquides par capillarité
(ici, chez la mouche drosophile)
 

Le type piqueur - suceur

Les pièces buccales sont constituées d'un appareil piqueur qui permet la perforation des téguments animaux et végétaux et de dispositifs tubulaires rendant possible l'aspiration de divers liquides nutritifs comme le sang ou la sève (taon, moustique, puce, punaise, cigale, puceron).


Type piqueur-suceur
Les pièces buccales forment un rostre perforant comportant des canaux permettant l'aspiration des liquides
(ici, chez la grande cigale)
(source : banque nationale de photos en SVT)
 

L'extrémité de l'abdomen

Certains insectes portent des organes de défense : aiguillons des abeilles, des guêpes et des frelons. D'autres sont munis d'organes utilisés lors de la reproduction : pinces chez le mâle, servant à saisir la femelle pendant l'accouplement, ovipositeur ou tarière servant à la ponte des oeufs chez la femelle.
 


Extrémité de l'abdomen chez le mâle et la femelle d'une sauterelle
Noter l'aspect différent des pièces reproductrices, notamment la tarière de ponte (ou ovipositeur) de la femelle (à droite)