Le transit de Vénus devant le Soleil

2 - L'observation du transit
Auteurs : Equipe La main à la pâte(plus d'infos)
Résumé :
Lors de sa « traversée » du disque solaire, Vénus se présente aux observateurs terrestres comme un point sombre minuscule
Publication : 1 février 2004

Lors de sa « traversée » du disque solaire, Vénus se présente aux observateurs terrestres comme un point sombre minuscule : en effet, éclairée de dos par le Soleil, elle est vue à contre-jour et son diamètre apparent ne fait que 3,1% de celui du Soleil ! Néanmoins, en se protégeant convenablement les yeux (nous en reparlerons) avec des « lunettes-éclipse », il est possible de distinguer la planète sans appareil grossissant. Mais l'idéal est de se procurer, pour un faible coût, un Solarscope , lequel permet, en toute sécurité, de projeter une image du Soleil d'environ 12 à 13cm de diamètre : le disque de Vénus atteind alors presque 4mm. Et pour ceux qui ont eu la possibilité de profiter d'une petite lunette ou d'un télescope, la vision du transit leur a réservé une jolie surprise…

« L'arc de lumière » suivi de « La goutte noire »

A l'aide de leurs instruments munis de filtres spéciaux, les possesseurs de lunettes et de télescopes ont assisté sans doute au double phénomène visuel décrit par Camille Flammarion (fondateur de la Société Astronomique de France , dans sa narration du transit de Vénus du 6 décembre 1882, le premier de ces deux phénomènes étant dû à la présence de l'atmosphère entourant Vénus. En voici le résumé :
Quelques minutes après le premier contact de Vénus - son bord côté Est s'étant engagé sur le disque solaire -, un arc très lumineux apparut contre son bord Sud et s'étendit progressivement par l'Ouest et le Nord : le Soleil illuminait donc la couche atmosphérique de la partie encore externe du disque de Vénus (a).

Figure 4 (le double phénomène visuel) en deux croquis :
a : l'arc lumineux ; b : « la goutte noire »

Le phénomène dura une quinzaine de minutes, le temps pour la planète de s'engager complètement sur le disque solaire. A ce moment-là, l'arc disparut, faisant place à un second phénomène visuel, dit « de la goutte noire » (b) : le petit disque sombre sembla alors être raccordé au bord du Soleil par un court ligament, sombre lui aussi, donnant l'impression d'une goutte qui va se détacher. Effectivement, Vénus ayant légèrement progressé, il disparut à son tour.
Le phénomène de « la goutte noire » est bien connu des astronomes car on le retrouve lors des transits d'une autre planète, Mercure, laquelle par contre ne produit pas l'effet de l'arc lumineux puisqu'elle ne possède pas d'atmosphère.