L'histoire de la météorologie

3- La naissance de la météorologie moderne
Auteurs : Anissa Touati(plus d'infos)
Résumé :
L'idée d'effectuer des observations régulières comme base de travail en météorologie est relativement récente. Un médecin Bergerac est le premier à avoir pensé à publier un journal météorologique mais il n'a pas concrétisé son idée. Vers 1760, Lavoisier établit les premières lois pour prévoir le temps:
Publication : 31 Août 2000

La fin de l'empirisme et des dictons

L'idée d'effectuer des observations régulières comme base de travail en météorologie est relativement récente. Un médecin Bergerac est le premier à avoir pensé à publier un journal météorologique mais il n'a pas concrétisé son idée. Vers 1760, Lavoisier établit les premières lois pour prévoir le temps:
"La prédiction des changements qui doivent arriver au temps est un art qui a ses principes et ses règles, qui exige une grande expérience et l'attention d'un physicien très exercé. Les données nécessaires pour cet art sont:l'observation habituelle et journalière des variations de la hauteur du mercure dans le baromètre, la force et la direction du vent à différentes élévations, l'état hygrométrique de l'air. Avec toutes ces données, il est presque toujours possible de prévoir un jour ou deux à l'avance, avec une très grande probabilité, le temps qu'il va faire; on pense même qu'il ne serait pas impossible de publier tous les matins un journal de prédictions qui serait d'une très grande utilité pour la société."

La météorologie moderne est née d'un naufrage lors de la guerre de Crimée (1853-1856). Le 14 novembre 1854, une violente tempête fut à l'origine de la perte de 38 navires de commerces; 400 marins périrent dans cette catastrophe. Ceci amena le Ministre de la guerre à charger l'astronome Urbain Le Verrier (1811-1877) de trouver les causes de ce désastre. Le Verrier est considéré comme le père de la météorologie moderne. En effet, il découvre que les événements météorologiques en un lieu donné sont le résultat d'un déplacement, à l'échelle planétaire, de phénomènes physiques. Le Verrier s'aperçoit que la tempête existait déjà le 12 novembre mais à un autre endroit:le Nord Ouest de l'Europe. Elle s'est donc déplacée en trois jours vers Sud Est. Le Verrier décide alors de mettre en place un réseau qui permettrait de localiser les événements dangereux pour mieux s'y préparer . En 1865, le réseau européen compte déjà 59 stations. Les différentes mesures effectuées démontrent que les variations des caractéristiques du temps qu'il fait (température, vent, précipitations etc.) sont liées aux variations des mesures du baromètre. On établit alors des cartes où l'on trace des lignes isobares. On constate que le vent se déplace parallèlement à ces lignes. Or le vent est le moteur des nuages. On en déduit que leur déplacement est entièrement déterminé par la connaissance des lignes isobares. C'est le début de la prévision météorologique. Simplement les résultats ne sont pas concluants. Ceci s'explique par le fait que les observations de l'époque ne sont pas complètes:-elles sont effectuées au sol. Or ce sont les vents d'altitude qui déplacent les nuages, ces vents ne soufflant pas dans la même direction que ceux aux sol.
-on ne tient pas compte du relief , qui a une influence sur la caractéristiques du vent.
Des améliorations furent donc nécessaires pour l'application de cette méthode appelée "chemin de fer", qui fut utilisée jusqu'en 1970:
- on a pris en compte le relief.
- des stations météorologiques sont placées dans les navires pour mieux connaître le temps au-dessus des océans.
- les pilotes de ligne fournissent des renseignements sur leurs conditions de vol. Le rôle de l'altitude est alors mis en évidence.
- des ballons sonde sont lâchés à partir de 1900 afin d'avoir des informations sur l'humidité, le vent et la température en altitude.

La naissance de la prévision numérique

Au début du XXe siècle, un météorologiste norvégien, Bjerkness, eut l'idée d'étudier l'atmosphère à partir des lois de la thermodynamique et de la mécanique des fluides. Durant la première guerre mondiale, Richardson, un scientifique anglais mit en pratique cette idée. Il passa de longues années à effectuer d'énormes calculs dont le résultat fut un échec total dû à la méconnaissance, à l'époque, de techniques de calcul adéquates. L'idée fut alors abandonnée.
En 1939, Rossby, un météorologiste suédois simplifia les équations, ce qui facilita les calculs, en plus de l'utilisation du calcul électronique. L'idée de Richardson fut développée à la fin de la seconde guerre mondiale. En 1949, Von Newman, un scientifique américain, donna les premiers résultats satisfaisants du calcul numérique appliqué aux lois atmosphériques.
Dans les années 60, les progrès de l'informatique permirent le développement de la prévision numérique, seule méthode utilisée de nos jours.