L'histoire de la météorologie

1- La météorologie dans l'antiquité
Auteurs : Anissa Touati(plus d'infos)
Résumé :
Très tôt, les Hommes ont essayé d\'interpréter les phénomènes météorologiques qui conditionnaient et rythmaient une partie de leur existence. Ils devaient uniquement se fier à leurs sens et affronter les colères de la nature que l\'on craint moins aujourd\'hui grâce à la technologie (chauffage, climatisation, etc.).
Publication : 31 Août 2000

Le royaume des Dieux

Très tôt, les Hommes ont essayé d'interpréter les phénomènes météorologiques qui conditionnaient et rythmaient une partie de leur existence.
Ils devaient uniquement se fier à leurs sens et affronter les colères de la nature que l'on craint moins aujourd'hui grâce à la technologie (chauffage, climatisation, etc.). Des dessins, datant de 4 à 8 mille ans, retrouvés en Écosse semblent représenter le Soleil et la Lune entourés de halos. Mais les traces de cette époque sont limitées. Les Babyloniens ont laissé des tablettes de terre cuite sur lesquelles ils gravaient des lois relatives à la météorologie, qu'ils avaient déduites de leurs observations. Par exemple ils avançaient les principes suivants : "quand le Soleil est entouré d'un halo, la pluie va tomber. Quand un nuage obscurcit le ciel, le vent va souffler".

Les Chinois furent probablement les premiers à avoir une démarche rigoureuse face aux phénomènes météorologiques : ils effectuaient des observations de manière régulière. Sous la dynastie Yin (1300 avant J.C), elles concernaient les hauteurs de neige, l'aspect du ciel, ou encore le vent.

Les Grecs, un peu plus tard se sont également intéressés à la météorologie, mais selon eux, les phénomènes étaient régis par les Dieux. Ainsi, les évènements néfastes à l'Homme (tempêtes, orages, sécheresse, etc.) étaient considérés comme la manifestation de forces surnaturelles, conséquences de la colère des Dieux ou alors de leur bienveillance. Par exemple Zeus gouvernait l'orage, l'ouragan et la foudre. Chez les Hindous, Indra tenait le même rôle.

Dans l'Égypte ancienne, les crues représentaient l'union d'Isis et d'Osiris, qui donna naissance à Horus.
En Mésopotamie, dès le IIIe millénaire avant notre ère régnait la déesse de la pluie : elle écartait les bras pour laisser s'écouler le flot d'eau irriguant le sol.

Pendant très longtemps, l'humanité a fait confiance aux sorciers qui devaient prédire le temps. Ainsi, durant les périodes de sécheresse, les danses et les sacrifices se faisaient nombreux afin de faire tomber la pluie.

Pendant une longue période, les phénomènes météorologiques étaient donc interprétés comme volonté des Dieux, et les Hommes se sont tout au plus contentés de les observer sans chercher à les comprendre.

L'éveil de la raison

Comme dans beaucoup de domaines de la connaissance, les Grecs furent les premiers à adopter une approche d'analyse et d'explication rationnelle des phénomènes météorologiques. Notons qu'à cette époque, la météorologie regroupait un large éventail de domaines comme l'astronomie, la géographie ou encore la sismologie.

Le premier philosophe ionien Thalès de Milet voyait le monde comme une bulle d'air piégée dans un univers liquide infini. Il reliait les mouvements de l'atmosphère à ceux des sphères lointaines.
Anaximandre (610-546 avant J.C) avait déjà une idée précise de la nature du vent. Il pensait que le vent était un flux d'air.
Au Ve siècle avant J.C, un autre Ionien, Anaxagoras, a donné un schéma de la formation des précipitations. Selon lui, l'air entraîné en altitude se condensait en grêlons lorsque la température était suffisamment basse.

Empédocle établit la théorie des quatre éléments (terre, eau, air, feu) dont les combinaisons devaient être à l'origine du froid, de la chaleur, de l'humidité et de la sécheresse.
L'œuvre d'Aristote (384-322 avant J.C), rédigée au IVe siècle avant J.C, garda un poids considérable pendant une longue période. Dans Les Météorologiques , il a étudié la plupart des phénomènes atmosphériques et a tenté de donner une explication à certains phénomènes tels que le cycle de l'eau et le vent. Notons qu'il y a également abordé tous les phénomènes se déroulant dans la région sublunaire (la voie lactée, les arcs-en ciel, les tremblement de Terre) et quelques aspects de la chimie comme les changements d'état ou encore la combustion. Pour Aristote, l'exhalaison que la chaleur du Soleil extrait de la Terre régit les phénomènes atmosphériques. Aristote comprend que la formation des nuages nécessite une baisse de la température. Il pense, très justement, que la rosée, les brouillards, la grêle, la neige et la pluie sont les différents aspects d'un même phénomène: la condensation. Simplement, il se trompe quand il considère que l'air voit sa température augmenter avec l'altitude et explique ce phénomène par la présence d'une couche d'éther plus chaude au sommet de l'atmosphère. Ainsi, il pense que la grêle se forme au voisinage de sol, après la traversée de régions de plus en plus froides lors de la descente des gouttelettes d'eau.

Après la chute de l'empire romain, la météorologie fut délaissée, et ce , jusqu'à la Renaissance.